Eric Besnard – Le goût des merveilles

Virginie Efira est Louise dans le dernier film d’Eric Besnard à l’affiche au Québec depuis le 8 juillet. Gagnant en 2015 du grand prix du public Mel Hoppeinheim au Festival Cinemania,  Le goût des merveilles retrace une histoire d’amour atypique et inspirée de faits réels entre une trentenaire perdue et un libraire atteint du syndrome d’Asperger.

Arboricultrice au cœur de la Drôme provençale, Louise tente tant bien que mal d’élever ses deux enfants et de préserver l’exploitation familiale suite à la mort de son mari. Au volant et aspirée par ses problèmes financiers, elle renverse un homme qui s’en sort indemne mais qu’elle accueille chez elle pour la nuit. Soudainement propulsé dans la vie de Louise, Pierre n’est alors pas prêt d’en sortir.

Après une vingtaine de films en grande partie consacrés au polar et au thriller (Le sourire du Clown, Le Convoyeur, Le Nouveau Protocole, Cash), Eric Besnard se penche à présent sur un thème encore peu traité par le cinéma français, le syndrome d’Asperger. Cette forme d’autisme se distingue notamment par une certaine difficulté à communiquer et à sociabiliser.

Parmi ceux qui se sont essayé à parler du sujet d’un point de vue cinématographique, l’approche documentaire d’Alon Kol dans Transfixed reste l’une des plus justes même si elle est se place aussi parmi les moins risquées. Interprété par Benjamin Lavernhe de la comédie française, le personnage de Pierre est touchant, drôle et divertissant. Le jeu d’acteur, qui a pourtant fait appel aux connaissances de plusieurs chercheurs sur l’autisme, peine à dépasser cette légèreté propre à la comédie qui prend le dessus sur une thématique trop peu exploitée.

A l’image du traitement cinématographique qu’il fait de l’autisme, le long-métrage oscille entre comédie romantique et poésie sans véritablement choisir son camp. A défaut d’invoquer l’imagination par son titre et la lenteur de son rythme, le film reste longuet et très proche du schéma narratif arboré par la comédie romantique traditionnelle. Les démonstrations d’un comportement gauche et sincère se succèdent à travers des répliques prévisibles et sous les yeux attendris de Louise, charmée par cette fascination des chiffres et des détails.

Des champs de lavande à perte de vue et de la trame sonore composée par Christophe Julien se dégagent une candeur palpable qui n’est malheureusement pas acheminée vers la relation semi-amoureuse entre les deux protagonistes. Louise et Pierre se rencontrent, se perdent lorsque celui-ci est interné par souci de sécurité, et se retrouvent dans un silence lyrique qui aurait pu être poétique s’il avait servi à décortiquer un langage singulier qu’est celui de l’hypersensibilité.

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