Monotone, fade et prévisible

Même si ça fait un bail, il s’en est passé des choses pour le groupe Evanescence et ses multiples projets d’envergure : comme une tournée, un coffret de ses trois albums studio et faces B, et l’album de musique électronique qui rencontre le symphonique, Synthesis Live à l’automne 2018.

Entre tout ça, Amy Lee a sorti deux albums solo: Aftermath, un album instrumental, et un disque pour enfants appelés Dream To Much ( oui, oui vous avez bien lu!). Puis grosse nouvelle arrive : Evanescence is back et entre dans une année de création en mai 2019, en vue de son prochain album, 10 ans après le dernier de matériel original. Ça sera son quatrième en carrière. La sortie était initialement prévue au printemps 2020 en raison de la pandémie. On repousse plusieurs fois.

Voici The Bitter Truth, 12 pièces dans un rock gothique, alternatif ténébreux avec arrangement dark électro aussi tranchants qu’un rasoir. L’album a été produit de nouveau par Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Rush, Deftone, Ghost, Korn, Mastodon). La frontwoman Amy Lee et sa bande nous convient dans son univers de chanson éruptive qui a pour thème central les réalités amères du 21e siècle :  le monde social et politique et leurs mensonges pour préserver l’équilibre de la gloire et l’argent, les réseaux sociaux et l’image parfaite à la moindre symétrie du corps et de l’esprit, l’avenir de tous, l’indépendance coup de poing.

La plume affûtée de la chanteuse n’a pas perdu de sa combativité à travers ses arrangements qui ne démordent pas de son habituel fait d’un mélange rock gothique, alternatif, piano ballades et musique faite d’échantillonnages électro-émo. Ce qui en fait un album qui me rend mi-figue mi-raisin lors de l’écoute.  Comprenez-moi, je n’ai rien contre le retour aux racines pour le groupe américain, mais après multiples versions d’Evanescence depuis Fallen, avec ces membres interchangeables, j’ai l’impression qu’on a fait le tour du sujet.

Je m’explique, Amy Lee et ses comparses nous donnent cette forte impression de faire du surplace depuis The Open Door (2006). La même recette qui rallie les amateurs de ce style et les radios. Je vais aller au fond des choses : Evanescence se parodie d’album en album; ce genre de groupe est dépassé , il le sait et on le sait. Un peu comme Nickelback, Eve 6, Collective Soul, Bon Jovi, Smashing Pumpkins, Hedley et Maroon 5. Quand ta musique est sur le respiratoire artificiel depuis 2011, il n’y a plus rien de bon à faire.

J’ai beau tenter d’apprécier la nouvelle monture, tout ce qui en ressort dans mes écoutes ce n’est rien d’excitant, malgré le degré de profondeur des textes. La triste vérité, c’est que Evanescence s’acharne à rester dans la course et dégringole maladroitement à chaque fois. The Bitter Truth, c’est un rock monotone fade et prévisible qui ne mérite qu’on perde une seconde de cette précieuse vie. Probablement le dernier essai de réanimer le groupe.

Chansons favorites :

  • The Games Is Over
  • Take Over
  • Use My Voice

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