Patricia Rozema – Into the Forest

Avec Into the Forest (Au cœur de la forêt), adaptation du roman dystopique de Jean Hegland écrit en 1996, Patricia Rozema raconte l’histoire de deux sœurs confinées dans leur maison au cœur d’une forêt après une panne de courant généralisée qui fait sombrer la région dans une ambiance apocalyptique.

Après l’accident de leur père, Eva et Nell se retrouvent livrées à elles-mêmes dans un monde où les boîtes de conserve se font rares et le gaz est la nouvelle monnaie déjà menacée de pénurie.

Après I’ve heard the Mermaids singing (1987), White Room (1990) et Mansfield Park (1999), Rozema met à nouveau l’accent sur des interprétations et personnages féminins. Dans un futur proche réaliste et glaçant, les performances puissantes et lumineuses d’Ellen Page et Evan Rachel Wood se distinguent par leur capacité à renouveler un scénario qui se limite à l’instinct de survie. Malgré des circonstances sinistres où se mêlent violences, amour fraternel, pulsions révélatrices et acharnement, Into the Forest est un conte solaire et délicat sur l’apprivoisement d’un panorama dépeuplé.

Choisi parmi les dix meilleurs films canadiens de l’année et présenté en première mondiale lors du Festival international du film de Toronto de 2015, le long-métrage de Rozema reste limité dans son exploration dantesque du chaos mais n’en demeure pas moins l’illustration d’un éclat d’espoir comme peuvent l’être les scènes de répétitions de danse d’Eva sur le titre cristallin de Cat Power, Wild is the wind. Même s’il est plus que légitime de questionner le choix de celle-ci à propos de sa grossesse, le garçon que la jeune femme met plus tard au monde est symbole d’une renaissance après tant d’épreuves et d’atrocités.

Il est rafraîchissant de déceler en ce long-métrage l’aspect émotionnel comme élément moteur du film, ce qu’il est rare de retrouver dans le sous-genre post-apocalyptique dont sont issus Contagion (2011) ou encore 28 jours plus tard (2002). L’approche rationaliste de la cinéaste est d’autant plus intéressante, presque troublante, qu’elle permet une identification immédiate à cet univers dans lequel l’unique menace est l’absence de technologie et de restrictions.

A l’affiche dès le 3 juin prochain, Into the Forest est définitivement un incontournable pour les amateurs de fins du monde cinématographiques dont les conventions sont tout autres que celles de la science-fiction.





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