Après avoir chanté en anglais sous le nom The Hunters pendant huit ans, Caravane propose en 2014 son premier disque francophone Chien noir. Deux ans et une nomination pour “Album rock de l’année” plus tard, la formation de Québec revient avec Fuego, un album plus mature qui vaut le détour.

« Puisque notre nouvel album est introspectif, on peut le représenter comme étant notre flamme intérieure, le feu qui fait brûler. Tout est close-up sur le disque. C’est pourquoi la fille sur la pochette tient sa flamme près d’elle », m’explique Dominic Pelletier et Raphaël Potvin rencontrés avant leur lancement du 4 octobre dernier.

À l’écoute de Fuego, on peut clairement entendre cette évolution dans la signature musicale : « Sur Chien noir, on voulait vraiment créer quelque chose contraire à ce que nous avions réalisé avec The Hunters. Au départ, on ne s’était pas donné d’objectifs fixes, sauf de concevoir un album rock. Sur Fuego, on a essayé de faire davantage de recherches afin de pousser encore plus loin notre son. On a également ajouté d’autres instruments comme le piano pour composer des tounes d’une manière différente ».

Dans cette optique, qu’est-ce qui rend le plus fier les membres de Caravane ? « Ce sont les pièces Démons et Arago. Démons, c’est le plus long texte qu’on a écrit jusqu’ici. Pour Arago, on y retrouve seulement du piano et de la voix au début de la chanson. On a sorti des sentiers battus et de notre confort pour cet album et cela a donné un meilleur résultat ».

Une fille sans froque

Quel serait l’argument béton pour se procurer Fuego? La réponse des deux musiciens a été pour le moins étonnante et cocasse : « Contrairement à notre premier disque, on a une chick sur le cover. Si tu es un chum de gars, ça devrait fonctionner pour te convaincre de l’acheter. Sur la pochette, elle est nue en dessous de la froque. En arrière du disque, elle a plus de froque. À vous de voir si vous l’acheter, peut-être elle est toute nue dans le livret !».

Récemment, le quatuor proposait le premier extrait Bleu sang : « C’est LA toune d’amour de l’album. En fait, il y a eu plusieurs versions de cette chanson. Au départ, elle ne sonnait vraiment pas comme ça. On l’a vraiment peaufiné et beaucoup modifié afin qu’elle devienne ce qu’elle est aujourd’hui. Lors du tournage de notre vidéoclip, les policiers sont arrivés quand ils ont vu le faux hold-up. En pointant leur fusil sur les acteurs, ils ont crié : “Haut les mains !” Disons que notre réalisateur Didier Charette a stressé pas mal ».

La formation rock a présenté Fuego à son public montréalais le 4 octobre ainsi qu’à Québec le lendemain. Les musiciens étaient fébriles à l’idée de retourner sur la scène : « Tantôt, on a jammé plus que pas assez pour enlever le petit stress qu’on a. On a travaillé sur notre album durant deux ans, et c’est là que le monde peut l’écouter pour de vrai. On ne veut pas se planter non plus ».

La lune de miel de Caravane

En ce moment, ils admettent vivre une petite lune de miel à l’idée de composer en français : « C’est une découverte pour nous. Pour l’instant, on veut écrire les meilleures tounes possibles en français. C’est juste naturel de chanter dans cette langue. Pourquoi écrirait-on dans autre qu’on ne parle pas ? On habite à Québec et on parle toujours en français. Quand on était plus jeune, tout ce qu’on écoutait était en anglais et on voulait percer worldwide ».

Vous désirez voir Caravane en spectacle, il prendra la route très bientôt : « Notre but est de faire le plus de shows possibles comme nous avions fait pour Chien noir. Notre philosophie de base, c’est de se faire voir en spectacle. En quelque sorte, l’album est notre carte de visite. On s’en va même chanter dans des écoles secondaires anglophones en Ontario. On est bien crinqué et on aimerait sa faire les gros festivals l’été prochain ».

Crédit photo : Maxyme G.