Après avoir présenté son premier EP intitulé Funeral en 2015, We Are Monroe sortait le 18 avril dernier son premier album White Lights. Voici une entrevue réalisée avec le chanteur Pat Gomes et le bassiste Pete Juteau à l’aube du lancement qui aura lieu le 6 mai au Théâtre Fairmount. 

« Je te dirais que le thème principal de White Lights est l’exploration de soi. Ce n’est pas toutes les pièces qui en traitent, mais c’est plutôt un aspect global. Par exemple, Break the Silence parle de la façon qu’on gère l’anxiété. Tandis que No Vacation Land explique que de suivre les tendances ne te définit pas en tant que personne, ni que tu vas être heureux parce que tu es populaire et connu », m’explique la formation montréalaise We Are Monroe.

Être musicien, c’est aussi de devoir rouler plusieurs kilomètres la nuit afin de rentrer chez soi après un spectacle. Inévitablement, le « midnight driving » est rentré en jeu lors du processus de réalisation de l’album : « C’est un peu l’esprit qu’on avait : composer une playlist, c’est-à-dire un album que tu peux écouter d’un bout à l’autre ».

Qu’est-ce que les pièces Midnight Cruiser, Mind Games et White Lights ont en commun? « En plus d’être les trois premières chansons qu’on a complétées pour l’album, c’est vraiment celles-ci qui donnent le ton à l’orientation de notre disque. Tandis que Mind Games est très happy et très forte dans ta face, White Lights est très lay back et plus relax. C’est ce qu’on voulait soit explorer ses deux extrémités.  C’est sûr que sur le prochain, on va l’explorer encore plus ».

Midnight Cruiser, un premier extrait

Inspiré du « midnight driving », le groupe a proposé, en janvier dernier, son premier extrait intitulé Midnight Cruiser : « C’est drôle car, pour moi, c’est la première toune que j’ai écrite en pensant à l’album. C’est vraiment l’esprit de ce qu’on voulait exprimer dans nos thèmes, soit de conduire le soir. Je voulais aussi une toune qui avait un double sens : upbeat et dansant, mais aussi atmosphérique et lay back. En fait, le refrain est très excitant, très big et très loud, mais les verses sont très down chords ».

« De plus, les paroles traitent de cette dualité à l’intérieur de nous. Malheureusement dans la vie, il faut être un peu dur et un peu fort. La vie n’est pas toujours facile, c’est un peu le conflit entre être une bonne personne et une image de qui tu es. En même temps, il faut sortir, des fois, cette image et être un peu plus dur », avoue le chanteur d’origine portugaise Pat Gomes.

Quelle est la place pour les groupes rock au Québec?

« Je pense que ça serait plus facile si on chantait en français. On connaît des groupes, comme Caravane, qui sont excellents et on ne leur enlèvent rien, loin de là, car ils méritent franchement tout le succès qu’ils ont. Mais quand j’écoute les radios francophones après 9 heures le soir dans l’auto, il y a de la grosse marde qui passe aussi. J’ai l’impression que c’est parce que c’est en français, les radios se doivent de respecter leur quota francophones. Ça donne avantage à ses groupes que s’ils chanteraient en anglais, on n’entendrait jamais parler. Et ça, c’est mon impression et je n’ai pas la prétention de dire qu’on est meilleur, mais plutôt qu’il se fait du très bon rock francophone tels que Galaxie et Caravane », admet le bassiste Pete Juteau.

Une ouverture nationale, voire internationale

En plus d’avoir plusieurs propositions sur la table pour des concerts à venir un peu partout au Québec, We Are Monroe envisage aussi de se promener à l’extérieur dans les prochains mois: « Je pense que, cette année, on va jouer à des nouvelles places. On veut essayer de jouer devant de nouvelles personnes et avoir de nouveaux fans. C’est sûr qu’on va mettre l’accent sur l’Ontario. Toronto, c’est une plaque tournante au Canada et ce n’est pas normal qu’on aille jouer une fois par année à Toronto. On pense aussi aller jouer dans les Maritimes et peut-être même faire l’Europe l’année prochaine ».

À la demande spéciale du groupe, Pat Gomes et Pete Juteau tiennent à remercier le travail du « cinquième membre du groupe » ,soit le producteur Dave Traina (alias L’étalon italien de Montréal) : « C’est notre thérapeute, c’est notre mère. Il y a des soirs qu’on était en studio et que ça nous tentait moins. Mais lui, il jouait presque les tracks pour nous. Étant donné qu’on était toujours en studio, c’était difficile de toujours avoir la drive. Mais, Dave était là pour nous et il nous a forcé afin d’aller plus loin, à redéfinir notre son et d’amener le meilleur de chacun de nous. C’est sûr qu’il nous a beaucoup aidé pour faire en sorte que l’album sonne de la façon qu’il sonne ».