Cinq années ont passé depuis le dernier passage de Daniel Boucher à Montréal. Il sera de retour sur la scène montréalaise le 30 novembre prochain, au Café Campus. Nous avons eu la chance de s’entretenir avec lui au téléphone. 

Pour commencer cette conversation, nous avons jasé de son dernier album, Toutte est temporaire, sorti en 2014. Daniel Boucher a commencé à composer l’ensemble de son dernier album avec son ami et batteur, Sylvain. Il avait quelques compositions de commencer, mais elles n’étaient pas terminées.

« Je lui ai dit : “On provoques-tu quelque chose ? J’ai plein de débuts de tounes qui ne sont pas finies. On loue un local, on prend ton équipement de studio et on enregistre des chansons.”  Alors, c’est comme ça qu’on a fait le disque », souligne le chanteur.

Lorsque Daniel est entré en studio, il ne savait pas ce qui allait figurer sur son disque. « J’avais juste des chansons pas finies », a-t-il déclaré.

Pas contre les sites de musique en continue

Les sites de musique en continue, comme les plateforme Spotify et Deezer, ont permis aux consommateur de musique d’avoir accès à un large éventails de chansons. L’interprète de La Désise n’est pas contre le streaming, mais il s’interroge plutôt sur les revenus faméliques que reçoivent les artistes.

Bien qu’il y ait d’autres conséquences négatives rattachées à l’écoute de la musique en ligne, celle qui revient le plus souvent ce sont les montants accordés aux musiciens. « Puisque c’est une source de revenu moindre, il faut produire des albums qui coûtent moins chers; donc, nous allons moins dans les studios professionnels. On y va moins longtemps aussi. On travaille plus de chez nous, avec les moyens du bord. Ça donne de belles affaires, mais il faut absolument ajuster les revenus. Le problème est là », insiste-il.

Selon lui, les sites de streaming sont une excellente idée,  mais ils devraient rapporter davantage aux artistes. « Je trouve que c’est une bonne idée, mais il faudrait que ça soit plus payant pour ceux qui font de la musique ». Par exemple, pour qu’un artiste gagne 100 $, il faut que sa chanson soit écoutée 1 million de fois, ce qui n’a aucun sens.

La chanson d’ici prête à disparaître?

En ce qui concerne la chanson québécoise, les gens pensent qu’elle est en train de disparaître. L’auteur de la populaire pièce La Désise pense que la musique d’ici aura toujours sa place au Québec. « La chanson québécoise aura toujours sa place au Québec. Y va toujours avoir des gens qui vont en écouter », déclare-t-il.

Ce dernier explique aussi que c’était le cas au début des années 80 et qu’il y a eu et qu’il aura d’autres périodes comme celles-là. « Il y a de plus en plus de jeunes qui écoutent de la musique en anglais et il y a de plus en plus de jeunes qui écrivent en anglais pour se faire connaitre. »

Pour les artistes qui ont obtenu plusieurs grands succès, leur plus grand défi est de ne pas se mettre de la pression, souvent cela exige de sortir le meilleur du meilleur. Daniel Boucher explique que les gens ont bien souvent de grandes attentes lors de la sortie d’un nouveau disque.

« Mon défi, c’est de rester moi-même et de sortir des choses que j’ai envie de sortir. Quand on commence à avoir des albums en arrière de nous et des années de carrière, souvent, les gens te mettent dans des cases. Ils s’attendent à quelque chose; ils pensent que tu vas sortir un disque de telle ou telle façon. » 

Son plus grand défi est, entres autres, de ne pas stresser avec tout cela. Il raconte aussi que c’est une bonne façon de créer et de se renouveler. « Je ne peux pas écrire les mêmes choses que j’écrivais quand j’avais 20 ans », explique-t-il. 

Relativement pour son spectacle du 30 novembre au Café Campus, Daniel Boucher semblait très excité. C’est avec humour qu’il nous a raconté qu’il espère que son spectacle se passe bien. « Je souhaite qu’il n’y aille pas d’émeute, aucun blessé et aucun décès. » 

C’est aussi avec enthousiasme qu’il a déclaré avoir extrêmement hâte à ce jour. « Je suis vraiment content d’aller jouer-la. J’espère que les gens sont aussi contents que moi et qu’ils ont hâte de venir autant que moi j’ai hâte de jouer. J’ai vraiment hâte d’y aller. »

Crédit photo : Benoit Rousseau/CCF2014