Qu’est-ce qu’ont en commun l’ancienne vedette des Jets de Winnipeg Dale Hawerchuk et Les Dales Hawerchuk à l’exception du nom ? Énergie, intensité et puissance ! Voilà exactement, la recette du nouvel album du groupe rock intitulé Désavantage numérique lancé le 25 novembre dernier.

« C’est un osti de beau nom de band, c’est notre fierté. Ça nous a aidés à passer au Centre Bell et on est allé jouer deux ou trois fois à Winnipeg. Alors, on peut dire que ça nous a ouverts des portes au lieu d’en fermer », m’explique le chanteur Sylvain Séguin qui a eu la chance, avec son groupe, de rencontrer l’ancienne superstar qui a accepté gentiment de prêter son nom avec certaines conditions telles qu’ils n’allaient pas dévaliser une banque… Bienvenue dans l’univers de notre cher Dale Hawerchuk !

En présentant un nouvel album avec des sonorités plus puissantes, Les Dales Hawerchuk sont conscients que les portes des radios se ferment devant eux. En même temps, est-ce que son public s’y retrouve nécessairement ? « Les vrais fans de rock et de musique n’ont pas besoin d’écouter la radio afin de te découvrir et de venir te voir en show. Et c’est vraiment cette clientèle qu’on vise ».





« Ce qu’on écoute chez nous, c’est ce qu’on veut jouer et ce qu’on veut représenter. Oui, on ne remplit pas une salle de 2 000 personnes comme le fait Brigitte Boisjoli. Mais les 300 personnes qui viennent nous voir, c’est du monde comme nous autres. C’est à eux qu’on parle à travers nos chansons et qu’on veut en show. On s’en fout des matantes ! Oui, ça enlève des ventes au final mais la crédibilité et les ventes d’albums ne nous affectent pas. Même si on ferait tout pour passer à la radio, on ne vendrait pas plus d’albums. Il n’y a aucune concession qui vaut la peine d’être faite. Par le passé, on l’a compris. On veut être content de ce qu’on joue et fier de ce qu’on produit. That’s it ! », m’expliquent les musiciens originaires d’une région lointaine soit le Lac-Saint-Jean.

Comme vous le savez fort bien, le marché francophone rock est saturé depuis des lustres. Afin de percer dans une sphère musicale différente, est-ce que les Dales ont déjà pensé à composer dans la langue de Shakespeare ? « On vient de Roberval. Les gars du Lac en anglais, ce n’est pas terrible. Imagine, on ne se fait même pas comprendre en parlant le joual (rires). ».

« On se fait souvent demander cette question parce que notre style musical est plus relié à la musique anglophone. C’est justement pour cette raison qu’on persévère dans ce qu’on fait parce qu’on a un son différent de tout le monde. Ça serait facile de chanter en anglais et d’aller se perdre parmi deux cent millions de bands pareil à nous autres. Les Dales, c’est vraiment du québécois dans la manière qu’on chante et de ce qu’on est. Si on voulait faire quelque chose de facile, on ne ferait pas du rock en français », admet celui qui a mis le feu aux poudres avec son band lors de son lancement au Divan Orange le 23 novembre.





Désavantage numérique, du défoulement

Désavantage numérique, c’est du défoulement ! En fait, c’est un retour aux sources à la base soit lors de la parution de son premier album éponyme en 2005 : « C’est sûr que ce n’est pas le même produit. Toutefois sur le plan de l’énergie et de la rapidité des tounes, on est vraiment dans la même voie »

Mêmes les amateurs de motos et de mécaniques seront servis à souhait avec cette nouvelle palette ! Et ce n’est pas tout, les Jeannois se sont aussi penchés sur un sujet d’actualité actuel avec Pandore : « Cette pièce relate le fait que la musique perd de sa valeur de plus en plus. On présente aussi un hommage au chanteur de Motörhead (Lemmy) ainsi que Kim Jong-un (Désastre). On a réalisé que celle-ci pourrait même très bien s’appliquer à Donald Trump aussi », m’avouent les musiciens fortement influencés par Queen of the Stone Age et Nirvana. Alors, quoi de mieux que de clore avec cette jolie citation : « On est tous Nirvanesque de nos côtés ».

Crédit photo : Alex Leclerc