Afin de commencer le Coup de cœur francophone en force, quoi de mieux que de présenter le lancement du nouvel album très attendu d’un habitué du festival. C’est le 3 novembre prochain que notre cher auteur-compositeur-interprète accompli Alexandre Poulin présentera son quatrième disque Les temps sauvages au Cabaret Lion d’Or.

« À la base, ce que j’aimais du titre Les temps sauvages, c’est la dualité dans le mot sauvage. Ça peut être libre comme des chevaux sauvages autant qu’une attaque sauvage. Dans le même mot, il y a la liberté et la violence. Dans ma génération, on a envie de ralentir la vie, de briser le moule, de sortir du rang et de réinventer notre quotidien. Les temps sauvages, est-ce que c’est le temps qu’on se dit que ça n’a plus de bon sens comment on court dans notre vie ou c’est le moment de briser le moule et de s’affranchir de cette course folle ? En plus comme c’est mon premier album en tant que papa, j’ai un regard différent sur la société et sur le monde qui nous entoure », explique Alexandre Poulin.

Avec les années, Alexandre a suscité de nombreuses réactions positives à son égard sans nécessairement avoir le spotlight dirigé directement vers lui. Justement, la pochette de Les temps sauvages représente à merveille l’identité de son album ainsi que de son cheminement : « C’est un paradoxe entre l’ombre et la lumière. Est-ce que je suis en train de rentrer dans la lumière ou est-ce que je me retire dans l’ombre ? À toi de choisir, c’est la même chose pour l’identité de cet album-là. Tant qu’au reste de ma carrière, je fais ma route à ma façon. J’ai eu la chance d’avoir un public très fidèle depuis le départ qui s’est agrandi avec chaque album. Mes salles sont pleines, mes fans sont là et il y a encore des gens qui me découvrent. Je suis comme un secret bien gardé alors le public s’attache encore plus que si tout le monde saurait qui j’étais ».

Le 29 août, l’auteur-compositeur-interprète présentait son premier extrait soit la magnifique pièce Nos cœurs qui battent : « C’est une chanson de reconquête amoureuse sur l’usure du temps et du couple. Je pense qu’on est beaucoup là-dedans, la rapidité de la vie et les médias sociaux. J’avais envie de parler d’un couple qui se dit que leur amour est perdu. Des fois, ça ne vaut pas la peine. Mais il y a d’autres fois où on peut se battre et reconquérir l’autre et de se dire une chance qu’on a pas baissé les bras parce qu’on ne serait pas là aujourd’hui ».

Écrire pour les autres

Au fil des années, Alexandre a partagé sa plume avec différents artistes comme 33 tours de 2Frères. Alors, quelle est la plus grande différence entre écrire pour soi ou pour un autre artiste ? « C’est sur le plan de la thématique comme ils arrivent souvent avec des commandes. En fait, c’est ce qui me stimule le plus. J’aime mieux ça que de donner une chanson qui existe déjà. Je demande à l’artiste de quoi il a envie de parler. Souvent, c’est des thèmes que je n’aborderai pas nécessairement pour mes propres chansons. Ça c’est un beau défi, ça garde ma plume vivante ainsi qu’un grand sentiment d’accomplissement pour moi quand j’écoute ses chansons et qu’ils ne sont pas chantés comme je l’aurais interprété. Ça reste ma mélodie et mes mots dans un univers qui n’est pas le mien ».

Est-ce que d’entendre ses compositions à travers d’un autre artiste peut avoir un impact sur sa propre musique ? « Oui, parce que j’écris surtout pour des artistes pop. D’avoir à essayer de proposer une facture plus pop, ne serait-ce qu’au niveau de la forme, je me suis étonné à y arriver et de trouver ça bon. À un moment donné, je me suis dit que je voudrais maîtriser ça dans mon univers à moi et arriver à compter des histoires. J’en fais des tounes de six minutes que je trouve écœurante et qui a bien du monde qui dorme après une minute. Raconter une histoire qui se tient dans un format un peu plus accessible, ça me nourrit ».

« Une chanson que je suis prêt à endosser, enregistrer en studio, chanter en show, dont je serais vraiment fier et dont la facture serait plus pop au niveau de la forme, c’est ça que j’ai appris en écrivant pour d’autres. Nos cœurs qui battent est un bel exemple de structure un peu plus romancée. C’est une histoire d’un gars qui rentre chez eux et que sa blonde n’a plus de pouls et qu’elle n’est pas morte. C’est une analogie sur le fait qu’elle ne l’aime plus. Durant toute la chanson, il essaie de faire battre son cœur parce qu’il veut qu’elle l’aime encore » conclut-il.

Pour lire notre critique de disques : http://www.alternativerockpress.ca/critique/alexandre-poulin-les-temps-sauvages/