Après plusieurs années à travailler dans le milieu de l’humour, Mathieu Cyr s’est enfin décidé à nous présenter son premier spectacle solo.

« Je n’écris pas vite. J’attendais d’avoir du bon matériel et de faire partie d’une bonne équipe. J’ai refusé plusieurs offres avant d’accepter celle de ComédiHa ! qui cadre avec mes valeurs », explique Mathieu Cyr.

Il avoue aussi que ses nombreux projets, bien que révélateurs, l’ont ralenti dans l’écriture d’un premier one man show. « Slaque la cravate, c’était vraiment cool, mais ça prit tout mon temps. Mais c’est une sacrée expérience. Ça m’a permis de parfaire mon sens du punch », me confie-t-il au téléphone. Les gens lui en parlent encore aujourd’hui de cette émission diffusée à VRAK.

Son premier spectacle solo insufflera une énergie digne des shows rock. Ce sera une ligne, un punch. « Je suis le White Stripes de l’humour », me lance-t-il en riant.

Parlant de musique, je lui rappelle qu’il a déjà fait partie d’un band de garage plus jeune. « J’ai appris les rudiments de la guitare et j’ai pu me replonger dans cette aventure en jouant avec Pépé pour notre tournée conjointe », me glisse-t-il.

Vivre avec un TDAH

Mais le jeune homme a préféré raconter des blagues à la place. Et avouons qu’il le fait de belle manière. Ses numéros sont savoureux et il a une facilité à se démarquer des autres humoristes. « Je te dirai qu’à cause de mon TDAH mes anecdotes ont quelque chose d’unique. Je ne vis pas la même chose que les autres humoristes. J’ai fait également de nombreuses conférences sur ce sujet ».

L’humoriste admet qu’il ne pourrait pas faire un show de stand up pendant plus d’une heure, car il décrocherait lui-même. « En raison de mon TDAH, j’ai vraiment de la difficulté à garder le “focus” », me précise-t-il.

C’est aussi la raison pour laquelle Mathieu Cyr a eu de la difficulté à terminer ses études secondaires. Il avouait, dans une entrevue au Quotidien en 2012, avoir fréquenté sept écoles secondaires différentes et avoir été victime d’intimidation.

Mais sa persévérance a été payante et lui a permis de rentrer à l’École nationale de l’humour. « J’avais une tête de cochon. Je dois t’avouer qu’en voyant le prix de l’inscription, j’avais une autre bonne raison de continuer », dit-il en riant.

Un monde compétitif

Le milieu de l’humour est très compétitif. C’est pourquoi il croit que sa place en humour n’est pas assurée. « C’est fou le nombre d’humoristes au Québec. Il faut vraiment se démarquer des autres. Si les gens achètent mes billets de spectacle, je suppose qu’ils m’aiment, alors ça me fait chaud au cœur ».

Il veut que son premier spectacle solo soit le meilleur. « C’est clair que je désire que le public soit content. Je veux m’investir à 100 % et tout donner ce que j’ai dans le ventre. Avec les shows de rodage que j’ai commencés, je peux voir la réaction des gens et elle est excellente jusqu’à présent. J’ai vraiment hâte de présenter la version finale au public ».

Pour connaître les dates de ses spectacles, c’est au http://www.mathieucyr.com/

Crédit photo : Agence ComediHa!