Vous attendiez avec impatience le grand retour de Matt Holubowski qui a fait sensation lors de son passage à La Voix à l’hiver 2015? Le chanteur, qui s’était fait bien connaître du public québécois grâce à son interprétation de la pièce Burn de Ray Lamontagne, proposera cette semaine son deuxième album intitulé Solitudes. Voici notre entrevue avec le principal intéressé à l’aube de son lancement qui aura lieu le mercredi 21 septembre au Théâtre Corona.

Vous avez aimé son premier album Ogen, Old Man  paru en juillet 2014? Vous serez ravi d’apprendre que Matt Holubowski a renouvelé son expérience avec son fidèle acolyte et réalisateur Connor Seidel à notre grand plaisir : « Son influence a été majeure dans la quête du son, des tones ainsi que dans la recherche d’un recording à la fois complexe, plus arrangé, diversifié et intéressant, tout en gardant cet esprit organique, acoustique et terre-à-terre qu’on retrouve sur le premier album ».

Le chanteur explique que l’approche a été complètement différente cette fois-ci : « Ogen, Old Man était un album acoustique. J’étais peut-être moins confortable de jouer avec un band et je n’en avais pas nécessairement les moyens. À mesure que le projet avançait, je jouais de plus en plus avec un groupe. Actuellement, je travaille avec des musiciens extraordinaires qui performent sur la scène montréalaise depuis 10-15 ans. J’ai beaucoup appris sur la complexité des arrangements, la complexité des tones et en songwriting. D’après-moi, le résultat est plus intéressant ».

Le vendredi 23 septembre, le jadis-protégé de Pierre Lapointe verra dans les bacs son très attendu deuxième album Solitudes. Son inspiration provient d’un roman d’un auteur montréalais : « Le conte est basé sur une relation amoureuse entre une anglophone et un francophone montréalais qui essaient de vivre un amour interdit. C’était dans le temps que les relations anglo-franco étaient beaucoup plus féroces. Ayant grandi dans un foyer bilingue, je me retrouve dans une certaine troisième solitude.  Après, ma réflexion à évoluer : la solitude comme état d’être. Chercher la solitude de l’âme, ses bienfaits, la solitude de l’incarcération. Bref, ses aspects positifs et négatifs en général ».

Matt Holubowski, le bilingue

Sur son nouveau disque, l’auteur-compositeur-interprète propose deux compositions francophones. Initialement, il aurait espéré en mettre davantage puisque le noyau de sa thématique est la dichotomie entre le français et l’anglais : « Je n’ai jamais vraiment beaucoup composé en français parce que c’était moins naturel pour moi et que je me trouvais à être dans une sphère plus anglophone. Avec mon parcours à La Voix, je me suis comme intégré d’une façon assez rapide dans le monde francophone et ça m’a beaucoup inspiré à l’idée de composer en français. En fait, c’est vraiment un gros défi d’écrire et de chanter en français. C’est beaucoup plus difficile de faire quelque chose d’original ».

En s’entourant de Marc-André Landry (Chloé Lacasse, Philippe Brach, David Morin), Stéphane Bergeron (Karkwa) et Simon Angell (Patrick Watson), il a été cherché des musiciens qu’il aimait pour des sons et des techniques spécifiques que ceux-ci employaient dans leurs projets passés : « Le plus important pour moi, c’était de les laisser mettre leur personnalité sur le disque. Je pense que c’est ça qui fait la force du projet ».

Récemment, Matt Holubowski sortait son premier extrait de son disque qui mélange à merveille le folk et le son alternatif : « J’ai commencé à écrire The King durant le processus d’auditions à l’aveugle de La Voix. À cette époque, j’étais barman et j’essayais de me faire de l’argent afin de voyager. Malgré beaucoup d’expérience en service et l’obtention d’un BAC, j’étais incapable de dénicher un emploi. Cette situation m’a fait réfléchir sur la génération de nos parents qui disait que si tu travailles et que tu étudies fort, tu vas trouver un bel emploi et tu vas avoir une belle vie. Ça m’a fait penser à un roi qui s’est fait promettre une certaine terre promise. Quand il la reçoit, il se rend compte que le monde était moins glamour qu’il ne l’aurait espéré. Tel un homme qui sort de son royaume et qu’il voit la mort et la pauvreté, il réalise qu’il y a quelque chose à l’extérieur ».

Crédit photo : LePetitRusse