Le 3 février dernier, Patrice Michaud présentait son nouveau disque intitulé Almanach. Après le succès retentissant de son premier extrait Kamikaze ainsi que sa rentrée montréalaise, le chanteur originaire de Cap-Chat sera de retour sur les planches du Club Soda samedi le 17 juin lors des FrancoFolies.

Si vous avez remarqué une certaine différence sur le plan de la sonorité sur son troisième disque, vous avez entièrement raison. D’entrée de jeu, Patrice Michaud avoue que la démarche a été bien différente sur Almanach comparativement à ses albums précédents: « À commencer par la manière dont on l’a approché. Au lieu d’y aller avec les maquettes, de travailler les chansons au plus près et d’arriver en studio par la suite avec un plan bien établi. On a décidé tout simplement de s’assurer qu’on avait des chansons solides : la mélodie, les paroles et les structures et on a gardé tout l’habillage en studio. C’est la première fois que je travaillais comme ça, c’est un peu plus épeurant, car on a l’impression d’arriver plus ou moins prêt. En même temps, ça donne beaucoup de liberté aux musiciens avec qui je travaille et ça donne libre accès à un paquet de surprises. J’ai eu beaucoup de plaisir et je pense que ça va être à refaire ».

Paru l’automne dernier, Kamikaze connaît encore beaucoup de succès à la grandeur du Québec. Cette longévité surprise a évidemment retardé la parution d’un deuxième extrait, Julie revient, Julie s’en va vient d’être lancé à peine : « C’est un beau problème parce que je n’avais pas prévu le succès radiophonique de Kamikaze, surtout qu’il a perduré dans la longévité.  Des fois, on a des belles surprises. Cependant, je vais t’avouer que je n’ai pas cette tête-là de reconnaître la force d’un single ».

Les Majestiques et son effet popcorn

Dans son nouveau spectacle, Patrice et ses musiciens enfilent leurs plus beaux blousons et ramène le public tout droit dans le passé – le temps de quelques chansons – par l’entremise des Majestiques. Mais, d’où vient cette idée originale exactement?  « C’est une idée un peu folle qui a commencé à germer – il y a un bon moment en fait. J’ai une vraie passion pour la musique qui se faisait au Québec dans les années 50 et 60. Une période qu’on est plus ou moins fier parce qu’essentiellement on reprenait ce qui se faisait ailleurs en Angleterre et aux États-Unis et on traduisait rapidement pour profiter de la vibe du succès ».

« Je trouve que c’est un phénomène culturel très particulier qui a été très populaire et qui a marqué l’imaginaire. J’avais envie de me costumer et de revisiter cette époque-là. Ça fait déjà un bout que j’y pense et je ne savais pas trop comment dealer avec cette idée. À moment donné, j’ai essayé de faire ce trip-là sur scène au cœur de mon propre spectacle. Dans le show d’Almanach, on a fait de la place pour une entité sortie tout droit de ma tête et on s’amuse beaucoup avec ça ».

« Ça marche super bien, ça marche partout. On appelle ça l’effet popcorn quand on commence ce segment-là, ça prend deux-trois filles qui se lèvent debout d’un seul coup parce qu’elles n’en peuvent plus et qu’elles ont le goût de danser. Toute la salle finie debout parce que c’est très entraînant et c’est très up la vie ».

Jamais sans son sondage maison

Si vous avez déjà été voir un de ses spectacles, vous avez certainement participé à son sondage maison. À chacune de ses prestations, il y a un gros pourcentage de gens qui le découvrent en spectacle pour la première fois : « C’est génial, j’adore ça et je vais t’avouer que c’est une statistique qui se maintient depuis le début de la tournée. À tous les endroits où que l’on met les pieds, on a presque toujours la moitié de la salle qui me voient en spectacle pour la première fois ».

« Ça concorde aussi avec le fait qu’on joue dans des salles plus grandes sur cette tournée et qu’on vend beaucoup plus de billets que la tournée précédente. Fait que ça m’amène à constater que le projet est toujours en train de s’ouvrir et d’aller à la rencontre d’un nouveau public. Il y a beaucoup de gens qui m’ont découvert avec Mécaniques générales sans nécessairement avoir fait le pas vers le disque. On le sait, les disques sont beaucoup plus difficiles à vendre. Je constate qu’avec Almanach, c’est de loin l’album que je vends le plus et les ventes sont vraiment très bonnes ».

Le chanteur de 36 ans croit qu’il existe deux grandes catégories présentement au Québec pour arriver à ce métier : « Il y a ceux qui arrivent grâce à des tremplins médiatiques forts – on n’a qu’à penser à certaines émissions de télévision – donc qu’ils atteignent une popularité très forte et qu’ils doivent dealer avec et conserver ça. D’un autre côté, il y a des gens comme moi qui ont travaillé vraiment au corps pendant plusieurs années. Ça fait en sorte qu’au bout de six – sept ans de musique professionnelle, mon public s’agrandit encore ».

Une nouvelle édition des Francos et Patrice est encore là!

Le 17 juin, Patrice Michaud se retrouvera à nouveau sous les projecteurs des FrancoFolies : « Depuis la parution de mon premier disque en (mai) 2011, j’ai participé à chaque année. Il y a comme une belle loyauté qui s’est développé avec la gang de la programmation. On retourne au Club Soda, c’est une salle que j’aime beaucoup, très vivante et très dynamique. Ça va bien avec ce spectacle-là et il va y avoir des surprises – et non les moindres – pour ce show-là ».

Après avoir présenté sa rentrée montréalaise le 1er mars dernier, est-ce qu’on peut s’attendre à un spectacle complètement différent ? « En cinq mois de tournée, je ne suis pas au stade de complètement revirer mon spectacle et d’en refaire une nouvelle mouture. On est encore dans la première partie, mais il va y avoir des surprises par rapport à la rentrée montréalaise, ça c’est sûr ».