L’artiste mis en candidature au Gala de l’ADISQ, Philippe Brach, rendra un hommage aux Colocs. Les membres de la formation originale seront présents mais également quelques amis dont Mara Tremblay, Loco Locass et Antoine Gratton.

Je connaissais certains membres du groupe et je t’avoue que ça me tentait en criss d’en faire partie. Pour moi, c’est un beau trip de gang et si c’est pour une bonne cause, ben c’est sûr que j’embarque”, indique en entrée de jeu le coloré Philippe Brach.

Son amour de la défunte formation de Dédé Fortin s’est révélé plus tard dans sa vie et c’est à ce moment qu’il a apprécié davantage l’oeuvre du groupe. L’interprète de Crystel admet qu’il ne connaissait que les succès entendus abondamment à la radio.

C’était les chansons qui tournaient souvent et qui sont devenues des classiques au fil du temps. C’est drôle, car les gens font toujours référence aux Colocs quand ils veulent décrire ma musique. Ce n’est pas une mauvaise chose”, lance-t-il humblement.

Belzébuth et Tout seul des Colocs le représentent

Bien qu’il considère le matériel des Colocs entier comme important, ce sont Belzébuth et Tout seul qui l’ont touché plus profondément. “Je suis un trippeux d’animaux et Belzébuth est la toune parfaite. Il y a aussi Tout seul qui représente une partie de ma vie où je me sentais tout seul, mais pas vedge, précise Brach. C’est une chanson qui m’a vraiment parlé.

En ce qui concerne sa prestation, le sympathique chanteur n’a pas voulu dévoiler ce qu’il allait interpréter. J’avoue que je n’ai pas insisté pour garder l’effet de surprise. Mais pas question pour lui de transformer inutilement un pièce des Colocs.

L’important, c’est d’être assez proche de la version originale. “C’est sûr que je vais y mettre un peu de ma sauce, mais ça ne sera pas repris en latino, par exemple. “Quand quelque chose est bon à la base pourquoi vouloir la modifier. Ce n’est pas vraiment le but recherché!”, souligne Brach.

« Et pourtant, on entend les mots “plotte” et “vagin” en anglais sur les ondes radiophoniques… »

Une mort qui ne l’a pas touché…

Il s’en confesse. La mort de Dédé Fortin en mai 2000 ne l’a pas ébranlé du tout ! “Je t’avoue que ça passé pas mal free dans mon cas. Je n’ai pas été happé. Par contre, je me rappelle de la lettre qu’il avait écrite”, laisse entendre le chanteur. À sa défense, le musicien n’avait que 11 ans à l’époque.

C’est plus tard que j’ai compris que son oeuvre avait laissé des traces, de l’impact que la musique des Colocs a eu au Québec. Dehors novembre était un album noir aux textes sombres et dépressifs. Le genre de chanson que tu n’entendrais plus à la radio aujourd’hui”.

Non à la censure

Le voilà parti sur la censure. Pour lui, Dédé Fortin ne se mettait pas de barrière, disait ce qu’il avait à dire. Dans le temps, seul Jean Leloup pouvait aussi se permettre cette “excentricité” selon lui. “Et pourtant, on entend les mots plottes et vagin en anglais sur les ondes radiophoniques…”

Et parlant de radio, le principal intéressé a été surpris d’être un des BUZZ Énergie. “Je t’avoue que ça m’a fait de quoi. Mais honnêtement, les radios ne sont pas le seul moyen pour se faire entendre auprès des gens”, dit-il en conclusion.

Crédit photo : Le Petit Russe