De passage à Montréal pour quelques jours, le policier Jean-François « JF » Lelièvre (Claude Legault) est réaffecté afin de lutter contre la mafia italienne. Un bémol : son meilleur ami Mario Viotti (Denis Bernard) est lieutenant dans ce gang mené par le parrain Cesare Ciccarelli (Pierre Curzi).

Cette histoire d’amitié difficile est maintenant disponible sur la plateforme Club Illico. Voici des entrevues avec les deux têtes d’affiche de la série : Claude Legault et Denis Bernard.

Claude Legault/JF (policier de la SQ) et coauteur

Parle-moi de cette nouvelle série…  

C’est une amitié impossible ou difficile entre deux personnes qui ont grandi ensemble, comme deux frères. L’un est policier antigang et l’autre est dans la mafia italienne. Rapatrier de force à Montréal — ça fait 25 ans qu’il n’y a pas travailler —, on lui demande d’attraper la gang de son meilleur ami.

Qu’est-ce qui définit ton personnage ?

Quand il est tout petit, il rencontre Sofia (sœur de Mario) à l’hôpital. On voit que le petit JF est malade du cœur et qu’elle aussi était malade. Elle est morte jeune, il est attaché à elle et il a de la difficulté à l’oublier. JF, c’est un miraculé parce qu’il ne devrait pas être aussi fort et aussi puissant que ça. Il devrait être mort depuis fort longtemps. On va découvrir dans la série pourquoi il n’est pas mort.

Quand tu te dis qu’elle est morte et que toi tu n’es pas mort, tu ne comprends pas pourquoi tu es encore vivant. Tu te dis qu’il faut mériter de vivre. Et lui, sa façon de le mériter, c’est de chasser le crime organisé, soit ceux qui font du mal aux gens et ceux qui détruisent les économies des gouvernements. Il ne fait pas une job facile pour sa condition.

Comme ce n’est pas ta première série policière, est-ce qu’il y a un élément nouveau que tu as amené à ton personnage ?

Je me suis dit qu’il ne fallait vraiment pas qu’il ressemble à Ben Chartier (19-2). Premièrement, je suis plus vieux et ça parait déjà. Je suis un peu plus gros, plus gras et je joue avec ça. Ben était dans la fin trentaine et le début de la quarantaine, tandis que JF est dans la cinquantaine et c’est un policier de métier.

Normalement, JF aurait pu avoir des promotions : travailler dans un bureau et devenir capitaine depuis fort longtemps. Toutefois, ça ne l’intéresse fuck all. Lui, il veut être dans la rue et sur le terrain. C’est là qu’il est le meilleur ! C’est vraiment un chien de chasse que tu lâches ; il va te la ramener la bibitte, peu importe le moyen. S’il faut qu’il prenne un couteau, il va prendre un couteau…

C’est le fun de jouer un personnage comme ça, car on ne connaît pas du tout ses parents ni sa sœur. Il est déraciné de sa famille en Thaïlande ; il est déraciné d’une femme qu’il aime il y a fort longtemps. Il est accueilli dans une famille italienne avec une maman qui l’a presque élevé. C’est comme sa famille et elle le considère comme un fils. C’est son seul port d’attache solide !

Cette relation d’amitié amène JF à vouloir quelque peu protéger Mario, du moins pour les deux premiers épisodes. Qu’est-ce que tu en penses ?

JF ne fait rien qui pourrait nuire aux policiers. Mais là où il devient aussi croche que Mario, c’est de la façon pour obtenir des résultats. Pour JF, la fin justifie les moyens… S’il faut qu’il t’arrache la tête, il va le faire. Si tu te mets dans son chemin, ça se peut qu’il te passe par-dessus avec son char. Il triche constamment et ça fait 25 ans qu’il travaille là-dedans.

Probablement que ses boss ferment les yeux, car il y a des résultats. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont allés le chercher. En même temps, la capitaine Sam Burke (Isabelle Vincent) est ambivalente : elle veut des résultats rapidement et elle sait que c’est un brasseur de marde, mais elle n’est pas capable d’assumer.

Denis Bernard/ Mario Vietti (Mafia)

Qu’est-ce qui définit ton personnage ?

Mario Vietti, c’est le meilleur ami du policier ; c’est un gars qui travaille dans la mafia, et c’est un lieutenant pour la mafia. Son meilleur ami, c’est JF et lui est lieutenant de la police. Il en a un qui doit attraper l’autre. C’est une série sur l’amitié tout d’abord et avant tout. Ce n’est pas une série sur la police ni sur la mafia. C’est une série sur la famille. Mon personnage est attachant, mais il peut être dangereux à ses heures.

Est-ce que c’est la première fois que tu interprètes un personnage dans la mafia ?

À la télévision, c’est la première fois. Des bandits et des gars croches, j’en ai souvent fait au théâtre, moins à la télévision.

Comment cela a été de vivre dans ce personnage ?

Pour moi, c’est juste du plaisir. Cette série-là, je l’ai tournée avec plaisir, du jour 1 au dernier jour. Quand je regarde ça, je suis encore dans le plaisir. C’est du plaisir pur !

Est-ce que tu as appris des trucs en étant dans la peau d’un mafioso ?

J’ai appris sur moi-même en tant qu’acteur aussi. Avec ce personnage, j’ai été obligé à un certain lâcher prise sur l’image et tout ça. Pour mon plus grand bonheur, ça arrive à un bon moment.