Inspirée du récit à succès écrit et vécu par Ingrid Falaise, la bouleversante série Le monstre est en ligne dès maintenant sur ICI TOU.TV EXTRA. Voici des entrevues réalisées avec le producteur exécutif, Charles Lafortune, ainsi qu’Ingrid Falaise lors du visionnement de presse qui avait lieu le 19 février.

Charles Lafortune

Qu’est-ce qu’on verra dans Le monstre?

Dans les deux premiers épisodes, on voit comment ils tombent amoureux. En même temps, je pense que les gens vont aimer la forme de la série. On voit plusieurs « flashbacks », c’est comme un casse-tête qui se construit devant nous. Je pense que les gens connaissent Ingrid et qu’ils ont suivi son parcours.

Dans les deux premiers épisodes, vous allez voir comment le monstre tisse sa toile autour d’elle. Dans le troisième épisode, on va se rendre au mariage. Ensuite, on va voir comment tout ça va vraiment tomber dans une spirale de la violence jusqu’à ce qu’elle puisse plus n’en parler à personne. Elle a tellement honte qu’elle ose même plus en parler; elle est rendue recroquevillée sur elle-même.

Ingrid Falaise, c’est une belle grande fille blonde qu’on ne croirait pas qu’elle ait vécu tout ça lorsqu’on la rencontre. Ç’a brisé des stéréotypes comme quoi ça n’a pas de visage ni de religion. Ça peut arriver à n’importe qui : un riche ou un pauvre et dans toutes les classes de la société. Au-delà du sujet, je pense que vous allez vouloir passer d’un épisode à un autre et savoir comment elle a fait pour s’en sortir.

Comme l’histoire est déjà bien connue au sein du public, vous avez pu rentrer directement dans le vif du sujet en présentant directement le monstre dans son état pur…

Exactement, on voulait « embarquer » le téléspectateur sans vouloir le choquer nécessairement; on voulait montrer le monstre en partant et on voulait que ce soit saisissant. Je pense qu’on a bien réussi et c’est un coup de poing en partant. On ne voulait pas aller trop loin parce qu’on ne voulait pas que les gens décrochent, mais je pense qu’on veut savoir ce qui s’est passé.

Aujourd’hui, on voit tellement de choses, que pour choquer et aller chercher notre intérêt, je pense qu’il faut aller loin. Ce qui est très intéressant, c’est que dans le sixième épisode, on va revenir sur la première scène et on va voir ce qui s’est passé juste avant. À partir de ce moment, on va comprendre jusqu’où elle s’est rendue pour se ramasser là.

Comment s’est passé le processus pour trouver l’actrice principale?

On a fait beaucoup d’auditions pour trouver; il fallait quelqu’un qui est capable de jouer l’aspect sûr d’elle-même, au début, pour qu’on puisse y croire. En même temps, elle est capable de jouer complètement la fragilité. Il fallait que ce soit quelqu’un qui est très beau et qu’on voit cette beauté fanée parce qu’elle est complètement écrasée. Ça prenait aussi quelqu’un de talentueux; j’ose espérer que ce rôle sera marquant pour Rose-Marie Perreault.

Elle joue beaucoup en nuances dans ses regards. Je ne sais pas si elle t’a fait le même effet, mais on a le goût de la sauver tout le long. On sait ce qui va arriver et on a le goût de lui dire de s’en aller. Même s’il y a des signes, on voit comment elle est amoureuse et qu’elle n’est plus capable de lui dire non. À moment donné, il a son emprise sur elle et elle est complètement dominée.

Est-ce que les gens pourraient percevoir négativement le rôle du monstre incarné par Mehdi Meskar?

Comme il n’habite pas au Québec, il ne se fera pas lancer des roches dans la rue. Quand il est arrivé, il a écouté plein d’entrevues d’Ingrid. C’était important pour lui de dénoncer cette violence faite aux femmes en jouant le monstre. Bref, c’est sa manière pour lui de dénoncer ça. Je pense que pour lui, ça sera un beau personnage et que ça sera marquant.

Ingrid Falaise

Comment te sens-tu de voir ton histoire, ton livre à l’écran?

En ce moment, je suis vraiment fébrile parce qu’écrire un livre, c’est une chose, mais voir les images c’est autre chose. Je regarde la série et j’ai envie de prendre la petite Ingrid dans mes bras, de lui dire que ses ailes vont repousser et que ça sera correct. Je suis désolée d’avoir vécu ça pour moi et pour toutes les femmes qui le vivent.

Je suis contente qu’on puisse faire œuvre utile avec la série : rentrer dans le salon des gens afin de, peut-être, recueillir une petite Ingrid et de lui sauver la vie; peut-être qu’elle va s’en sortir à cause de la série. Quand je me remémore ça, ça rend le processus un peu moins difficile.

Comment t’es-tu sentie de voir ton rôle interprété par Rose-Marie?

Rose-Marie est, selon moi, une des plus grandes actrices de sa génération. Elle est parfaite du début à la fin. Elle est d’une justesse incroyable. Il n’y a personne de mieux qu’elle pour jouer ce personnage-là. Elle l’a rendu avec authenticité, vulnérabilité et vérité. Elle est extraordinaire; c’est une femme très humble. Je la remercie profondément d’avoir sauté à pieds joints dans le rôle de ma vie; en fait, avec tellement de respect.

Est-ce que tu t’es sentie à l’aise sur le plan de la scénarisation/réalisation de la télésérie?

Sais-tu quoi? Chantale Cadieux, c’est ma grande amie. C’est elle qui l’a scénarisée et j’étais collaboratrice au contenu. Ça fait en sorte que j’avais confiance sur ce plan, car c’est la défenderesse de mes frontières. Elle m’a défendu corps et âme jusqu’à la fin. On le sent dans son écriture; elle a un respect pour ma famille aussi. C’est la meilleure pour écrire!

Est-ce que tu souhaites que la série soit diffusée sur les ondes de Radio-Canada à l’automne?

J’espère que oui, afin de rejoindre encore plus de gens.  

Pour en connaître davantage sur la série, ou pour plus d’informations sur les ressources disponibles pour les victimes et leurs proches, rendez-vous sur la page radio-canada.ca/lemonstre.