À l’exception de Mariana Mazza qui a reçu le prix du public, les femmes qui étaient en nomination aux Olivier 2017 sont retournées bredouilles chez elles. Qu’est-ce que les différents vainqueurs pensent de la place des femmes dans l’industrie de l’humour en ce moment ? Voici leurs entrevues réalisées en salle de presse le dimanche 10 décembre. 

Martin Matte — Comédie télé

« Il y en a plein de super bonnes (Katherine Levac, Korine Côté, Rosalie Vaillancourt et Virginie Fortin). Il y a du talent énorme chez les filles, c’est super trippant et il en aura de plus en plus. [..] D’abord et avant tout, il en a plus et ça c’est vraiment trippant. Ça peut sortir bête, mais je me fous du style, c’est qui et il en a combien. J’aime que l’humour soit bon et ces filles-là me font rire. Tantôt, il y avait Kath qui a présenté mon prix avec Rosalie, les deux filles sont drôles. Tant qu’elles sont drôles et bonnes, c’est le fun ».

Simon Leblanc — Auteur (avec Olivier Thivierge)

« J’espère que les femmes auront plus de places que jamais, surtout avec tout ce qui se passe et j’espère que si ça peut changer quelque chose. C’est niaiseux à dire, mais même moi je n’étais pas conscient de toutes les difficultés que les femmes pouvaient vivre dans le milieu de l’humour avant que tout cela sorte. Il y a bien du monde qui le savait à quel point il y avait des gens corrompus et nocifs dans cette industrie-là, ce n’était pas un secret.

Le fait que les femmes souffrent, que ça sort, j’espère que ça va ralentir ça. J’ai l’impression que si ça ralentit, ça va faciliter le travail des femmes. C’est un défi de te sentir menacé quand tu fais ton métier, ça ne devrait pas exister. J’espère qui aura plus de femmes en humour, plus que jamais. Quand il y a de la place pour les femmes, ça veut dire que les affaires vont bien pour le… bien ».

Julien Lacroix — Numéro, découverte et capsule ou sketch web

« Je parlais avec des femmes humoristes. Justement, je ne considère pas les hommes et les femmes humoristes. Je considère plus qu’on est des humoristes, il y en a des excellents. C’est Mariana Mazza qui a eu le plus de nominations, gagnées pas gagnées, ce n’est pas moi qui choisit. On dirait que tout le monde travaille fort. Ça parait, elles ont une belle visibilité ce soir et en général. Tant mieux, c’est d’excellents humoristes ».

Billy Tellier — Capsule ou sketch radio

« Je pense qu’on n’a pas à avoir une position dans l’humour des femmes. Je pense que les femmes sont capables de faire leur place elles-mêmes et elles le font très bien d’ailleurs. Ce n’est pas un trophée qui fait fois de tout, c’est le fun qu’elles soient en nomination. Il y a de belles choses qui se font, les filles sont là et les filles ont toujours été là en humour. Il y en a de plus en plus comme humoriste. C’est comme un faux débat : une fille est drôle… un gars est drôle. Le but est de faire rire, c’est ça le métier. Le genre n’importe pas selon moi », explique-t-il au même moment où Mariana Mazza remporte l’Olivier de l’année.

Pierre Hébert — Spectacle & Metteur en scène (Charles Dauphinais)

« On parle de Rosalie Vaillancourt, on parle de Mariana Mazza, on parle de Kath Levac : il n’y a aucun danger en ce moment pour les femmes en humour. Elles sont fortes ; elles sont bonnes et elles vendent des billets. Je ne suis même pas inquiet pour elles. En humour, elles ne sont pas là parce que ce sont des femmes. Elles sont là parce qu’elles sont bonnes. »

Photo en couverture : Benoit Z. Leroux