Toujours aussi inspirée par les personnages résilients, Rachel Gratton poursuit sa résidence au Théâtre d’aujourd’hui avec 21, une pièce dont l’action se déroule en centre jeunesse.

Des affrontements sur le terrain

La deuxième création de la jeune dramaturge met en scène Zoé (Marine Johnson), une adolescente en placement volontaire et Sara (Isabelle Roy), son intervenante. Échelonnées sur 12 semaines, les interventions prennent la forme de parties de 21. Pour l’occasion, la salle Jean-Claude Germain a du reste été aménagée en terrain de basketball par Max-Otto Fauteux.

Le public, installé dans le gradin, assiste à leurs rencontres. Au départ, Sara se butte au mutisme de Zoé qui refuse d’interagir, tête baissée sous le capuchon de son hoodie. Peu à peu, le silence fait place aux monosyllabes puis aux expressions typiques d’une fille de son âge. On aime d’ailleurs cette touche de l’auteure qui en utilisant la langue parlée ajoute du réalisme au texte.

Crédit photo : ©Philippe Latour

Très rapidement dans l’histoire, on se rend compte que les deux femmes ont plus en commun qu’on pourrait le penser. En effet, elles aspirent à être aimées chacune à sa façon. Zoé se raccroche au souvenir de son frère et espère faire partie de sa famille. Sara, de son côté, multiplie les relations sans lendemain tenant jalousement à sa liberté jusqu’à ce qu’un événement vienne bousculer sa façon de voir la vie.

Sans dévoiler la fin, disons simplement qu’on a privilégié la fatalité au détriment du dénouement heureux. Cette finale ne plaira peut-être pas à tous, mais c’est selon nous la meilleure façon d’illustrer la force du lien qui unit Sara et Zoé.

 Une équipe gagnante

C’est Johanne Haberlin et Sylvain Bélanger du Théâtre d’aujourd’hui qui ont suggéré à Rachel Graton de faire appel à Alexia Bürger pour la mise en scène. Cette dernière, forte de son expérience avec Les Hardings, a abordé cette nouvelle pièce avec beaucoup de sensibilité et a su y mettre la distance nécessaire pour éviter que 21 ne verse dans le mélodrame. Elle a aussi su respecter les silences lourds de sens propres à l’auteure.

Crédit photo : ©Philippe Latour

En terminant, on se doit absolument de saluer la performance impeccable des deux comédiennes. En plus d’habiter complètement leur personnage, leur jeu évolue à mesure que les liens se tissent entre Zoé et Sara. La complicité entre les deux interprètes est palpable.

21 était d’abord à l’affiche jusqu’au 4 mai, mais 6 supplémentaires ont été ajoutées prolongeant les représentations jusqu’au 11 mai.

Crédit photo : ©Philippe Latour