Pas de possibilité de spectacles ou de voyages ? Ce n’est pas une raison pour s’ennuyer pour le chanteur-compositeur David Jalbert qui a connu une année 2020 chargée et pour qui 2021 s’annonce tout aussi occupée, notamment avec une collaboration avec Marc-André Rioux (Lendemain de veille) sur un nouvel EP intitulé Partis pour la gloire qui sort ce vendredi, 29 janvier. ARP.Média s’est entretenu avec lui sur le sujet, qui promet d’ailleurs d’être une réussite si on en croit à son succès médiatique.

ARP : D’où vous est venue l’idée de collaborer, Marc-André et toi, dans un projet à saveur punk rock?

David : Je te confie en partant que c’est certain qu’on s’en va vers un 2e EP, on a tellement eu du fun à faire ce projet-là, ça a été tellement un beau trip et la réponse est super accueillante dans les radios qu’on ne peut pas s’arrêter là. L’origine du projet, c’est que Marc-André faisait partie d’un concours que j’organise depuis quelques années, Le Chansonnier du sud, où le gagnant part avec nous en voyage.

Cette année, Marc-André est parmi les finalistes qui devaient partir avec nous en janvier, mais évidemment ça a été annulé à cause de la pandémie. Il est donc parmi les finalistes pour l’année prochaine, tout ça pour dire qu’au mois d’octobre dernier, il faisait sa demi-finale et après le show, il m’a dit qu’il aimait beaucoup le folk, la musique country, d’être chansonnier, mais qu’il s’ennuyait de jouer de la batterie, car il était drummer pour un groupe punk quand il était jeune.

Il savait que moi aussi, j’ai joué dans un groupe punk et il m’a proposé qu’on fasse un projet punk ensemble. Je suis parti à rire et je lui ai demandé s’il voyait ça avec des chansons originales ou des covers parce que je me vois très mal faire du NOFX ou quoique ce soit. Je suis meilleur pour écrire que pour reprendre les chansons des autres. Il m’a demandé si j’avais des chansons en banque qu’on pourrait adapter, j’ai dit oui, mais surtout, que je pouvais en écrire. Trois semaines plus tard, on avait des tounes.

ARP : On voit plusieurs influences dans les chansons que vous jouez, de Blink-182, à No Use for a Name en passant par MXPX. Peux-tu m’en parler?

David : J’adore Mike Herrera (chanteur du groupe MXPX) et on veut l’approcher prochainement pour faire un duo sur le 2e EP. C’est mon chanteur préféré. On voulait l’avoir pour le premier EP pour chanter la chanson 3 balles, deux prises, mais ça s’est fait trop vite. Cela dit, c’est sur notre bucketlist et on va pousser pour avoir une performance de Mike Herrera sur le prochain. Par ailleurs, dans certaines de nos pièces, on va entendre des influences de ces bands, on va entendre du Tony Sly, entre autres. Dans la toune Arthur, qui est déjà sortie, on peut percevoir le lien avec l’album Dude Ranch de Blink-182 et le refrain va un peu plus vers Rancid.

ARP : Parle-moi de la chanson Arthur!

David : Arthur, c’est un gars que j’ai connu quand la pandémie a éclaté, à Cuba. Lui, c’est un électron libre de la vie. C’est quelqu’un qui fait du bien parce que tout le monde joue sur l’image en 2021, tout le monde fait attention à ce qu’il dit, on n’a jamais été aussi synthétique. Je trouve qu’aujourd’hui, on ne laisse plus de place à l’erreur et à l’être humain et on condamne vite. Arthur, lui, il s’en sacre et ça m’a fait un bien fou parce que c’est un peu là que j’étais rendu dans ma vie. J’ai trouvé ça le fun de voir quelqu’un qui fait juste aimer, même si probablement la plupart du monde ne l’aime même pas. Arthur a juste de l’amour à donner et il est lui-même. Quand j’ai découvert cette bibitte-là, je me suis dit que ça serait lui mon héros de Trois balles, deux prises et que j’allais lui faire une chanson. C’est lui qui joue dans le clip aussi, un clip qu’on a eu énormément de plaisir à faire.

ARP : Si tu avais à reprendre une chanson d’un de tes groupes punks préférés, ça serait laquelle?

David : Je vais y aller nostalgique fois mille. C’est la première toune qui me vient en tête. C’est sûr que si j’y allais pour le succès, je te dirais Basket Case ou American Idiot, mais la première chose qui m’est venue en tête en entendant ta question, c’est Carousel de Blink-182. Quand c’est parti au Cégep Édouard-Montpetit, je peux te dire que ça avait beau être loin du Centre Bell, l’estrade se vidait pour aller dans le pitt. Carousel, ils la gardaient pour le rappel, ça me rappelle de bons souvenirs.

ARP : Pourquoi avoir lancé votre projet avec la chanson 23 décembre de Beau Dommage?

David : On voulait donner un bonbon aux gens avant les Fêtes pour leur dire qu’on leur préparait quelque chose pour après. On s’est dit pourquoi pas une reprise de Noël à saveur punk rock pour dire que c’est vers là qu’on s’en va. On n’a pas pensé plus loin que ça.

ARP : Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que 3 Balles, 2 Prises devienne plus qu’un projet web, un album ou un spectacle peut-être ?

David : Ça sort vendredi l’EP sur le numérique et pour un album complet, c’est très possible vu qu’on va en faire un deuxième. Le premier a quatre chansons, plus une chanson cachée. Si on ajoute à ça 23 décembre, on en a six. Pour le prochain EP, on vise cinq. En ce moment, je suis en train d’écrire une chanson super drôle. Elle me fait vraiment rire parce que je ris de nous autres. Je raconte qu’un a eu un paquet de ratés, qu’on s’est acharné, qu’on visait toujours le grand chelem, mais qu’on finissait toujours bon deuxième jusqu’à ce qu’on fasse… du punk de matante ! Et là, je raconte qu’on a du succès depuis qu’on fait du punk de matante.

ARP : Si vous décidez d’y aller un jour avec un show, ça aurait l’air de quoi?

David : On ne sait pas si on veut monter sur scène avec ce projet, mais si ça arrive, c’est certain que je serais plus rock que sur ma tournée. Ça se peut que j’aie une bouteille de Jack Daniel’s. Ça se peut que je sois plus cocky. J’ai l’intention d’être un rebelle comme quand j’avais mon groupe punk de mes 17-18 ans quand on jouait avec Overbase, Grimskunk et plein d’autres bands de ce temps-là.

ARP : Qu’est-ce que tu penses de la fermeture du bar Les 2 Pierrots, où tu as déjà joué?

David : Les 2 Pierrots, c’est une institution, donc c’est toujours souffrant de voir ça partir. C’est la fin d’une époque. Quand les touristes arrivaient à Montréal et qu’ils cherchaient les endroits à visiter, ils voyaient Les 2 Pierrots dans le top ten. Des gens du monde entier y allaient, pas juste nous autres. Tout le monde a eu son premier party là. C’est hallucinant que ça n’ait pas résisté à 2020.

ARP : Il s’en vient quoi pour 2021 de ton côté ? Outre le 2e EP !

David : J’ai fini mon album Le doigt d’honneur 2 qui va sortir bientôt. Il manque deux pièces à enregistrer, mais tout est fini. Ça, c’est une belle fierté ! J’ai hâte de vous le faire entendre. Il y a une chanson qui s’appelle Sur mon wall, entre autres, où je me suis transformé en espèce de baveux qui se moque de tous ceux qui viennent chez nous, sur mon wall, et qui sentent chez eux, assez pour m’obstiner. J’en ai fait une joke. (En chantant) Sur mon wall, tout le monde se pense chez eux, parfois bien malgré moi je deviens la cible des p’tits baveux (fin de l’interlude musical). Donc je raconte ça et je me trouve très drôle.

ARP : As-tu le temps de te reposer dans tout ça?

David : Bientôt, je rentre en studio en Bronko, qui a connu un immense succès avec la chanson Je regrette rien, en février. Je suis très content, car les gars ont vraiment un beau projet entre les mains qui devrait sortir à l’automne. Mais oui, je commence à être fatigué. Pour l’instant, je suis rendu très sage et c’est repos, repos, repos avec une petite discipline de vie pour revenir en force plus tard, ce que je ne manquerai pas de faire.