Dimanche dernier à La Voix, Catherine Picard a eu, enfin, sa chance. Après avoir auditionné à six reprises lors des préauditions, elle a finalement eu son ticket pour passer devant les juges. Le résultat était inespéré pour la demoiselle de 20 ans puisque les quatre coachs voulaient l’avoir dans leur équipe respective.

Quand Charles Lafortune t’a annoncé que tu ferais partie de la prochaine vague d’auditions à l’aveugle, est-ce que tu sentais l’invitation venir?

Quand j’ai reçu le courriel qui m’invitait à venir voir le tournage, je me suis peut-être douté de quelque chose. L’organisation a bien fait ça, car je ne doutais plus de rien après avoir parlé à une des recherchistes rendus sur place lors du tournage. Je me suis dit : « Je ne suis pas ici pour chanter, je suis vraiment ici pour voir comment ça marche.» Sur place, je ne pensais plus du tout à ça. Quand Charles Lafortune a commencé à faire son annonce, il y a eu un spotlight immédiatement sur moi avant même que la caméra soit braquée sur moi. Même avant qu’il me nomme, j’étais bouche bée et je n’en revenais pas. Je me sentais vraiment excitée, j’étais bouche bée plus que d’autres choses. Deux jours après, j’avais ma pratique sur scène. Et le lendemain, c’était mon audition à l’aveugle.

Dans les jours suivants, est-ce que tu as senti une certaine pression supplémentaire, puisque tu n’avais que trois jours pour te préparer pour ton audition?

Pas tant que ça. Quand je parlais aux autres candidats, je pense que cela a été moins stressant, pour moi. Je n’ai pas eu des mois à stresser et à me dire : « Il faut que je me pratique. C’est mon audition à l’aveugle, ça s’en vient. Est-ce que ça va bien se passer ou pas?» J’étais stressée. En même temps, je n’ai pas eu le temps de le réaliser comme ça s’est passé super vite. Le lundi soir, j’étais à Montréal. Le mardi, j’étais à l’école (à Québec). Le mercredi, on est retourné à Montréal. Le jeudi, c’était mon audition à l’aveugle. Je n’ai pas eu le temps de stresser. C’est plus rendu sur place que j’étais stressée.

Est-ce que tu avais à choisir ta chanson le soir même de l’annonce?

On le voit à la télévision que Charles m’amène à l’arrière. Dès que j’y suis allé, on est allé dans un petit bureau et c’était là qu’il fallait que je choisisse ma chanson. J’avais passé les préauditions, ce n’est pas comme si je n’étais pas préparée à 100 %. Tous les participants ont des pièces favorites qu’ils sont habitués de chanter. C’était celle que j’avais faite en préauditions. Au moins, j’avais eu de la pratique en août. Donc, je la connaissais déjà.

Est-ce que c’était une de tes premières expériences sur scène devant un public?

Cela a été ma plus grosse expérience et ma plus plaisante. J’ai juste fait des cours de chant, des petits spectacles, des talents shows au secondaire, une comédie musicale au secondaire et une comédie musicale avec une école de comédie musicale. Sinon, j’ai fait un ensemble vocal au Cégep et j’ai participé à de petits concours. J’ai fait un La Voix au Cégep, c’était le fun et c’était une petite préparation.

Comme ton audition à l’aveugle faisait partie de tes premières expériences, est-ce qu’elle t’a donné la piqure?

Vraiment, j’ai tellement trippé. Je voudrais faire ça pour le reste de ma vie. Avant d’entrer sur scène, j’étais hyper stressée. J’ai du mal, parfois, à gérer mon stress avant d’aller chanter. Quand je chante, ça peut m’arriver de shaker. J’avais peur que ça me fasse, mais j’espérais être en contrôle de moi — surtout dans une expérience comme celle-là. Je ne voulais pas que ça m’arrive. Quand je suis arrivé devant les portes rouges, j’ai réalisé que j’étais à La Voix. Ça fait plein de fois que je m’essaie. Enfin, je suis là. Je vais le vivre et j’ai juste trippé. On me voit ouvrir les portes avec le sourire, je n’étais plus stressée et j’étais juste contente d’être là.

Comme tu as été éblouie autant par les chaises qui se retournent que les commentaires des coachs. On a l’impression que tu as plus vécu ton audition que d’autres candidats. Est-ce que c’est ta personnalité au naturel ou tu étais tout simplement à fleur de peau à l’idée de voir ton rêve se concrétiser?

Je pense que c’est mon naturel. Dans la vie, je suis vraiment comme ça. Comme j’ai eu quatre chaises, c’est sûr que j’étais excitée. Je ne sentais pas que ça allait arriver, donc je trippais, mais je suis très expressive dans la vie aussi. [..] Je fais les préauditions depuis que j’ai 14 ans. Comme ma fête est en septembre, je pouvais participer parce que j’allais avoir 15 ans quand l’émission allait commencer en janvier. C’est sûr que j’ai gagné de l’expérience et de l’assurance. En même temps, ma voix a maturé. Ça fait tellement de fois que je fais les préauditions, puisque je n’avais rien à perdre. Cette année, je n’étais pas stressée. Je suis rentrée dans la salle et j’étais tellement naturelle. C’était comme si les juges étaient mes chummys — peut-être que c’est ça qui m’a aidé aussi.

Pourquoi avoir décidé de chanter Piece by Piece (de Kelly Clarkson)?

C’est une de mes chansons préférées à chanter depuis un petit bout. Quand j’ai entendu Kelly Clarkson interpréter Piece by Piece à American Idol. J’ai vraiment été touché par les paroles. Elle parle de son père qu’il l’a abandonné quand elle avait 6 ans. Quand elle a composé les paroles, elle venait d’avoir sa fille. C’est un message comme quoi elle ne l’abandonnerait pas et qu’elle va l’aimer. Elle parle de son mari qui lui a redonné espoir que les hommes peuvent rester. C’est vraiment touchant comme elle parle de moments difficiles de sa vie et que maintenant, ça va mieux et qu’elle a trouvé sa place avec sa famille.

Étonnement, tu n’as pas choisi d’aller vers Marc Dupré. Pourquoi as-tu décidé de te joindre à l’équipe de Pierre Lapointe?

Honnêtement, j’étais tellement éblouie que les quatre chaises se soient tournées que je ne me souviens plus des commentaires. On dirait que je les écoutais sur le coup, mais pas tant. Quand j’ai écouté mon audition dimanche dernier, je comprenais mieux. Au moment présent, c’était comme s’il n’avait pas eu de commentaire. Comme je suis une fille assez indécise dans la vie, j’avais déjà fait mon choix avant de rentrer sur scène. Si je me mettais à peser les commentaires et à choisir sur place, je n’aurais jamais choisi. J’ai de la misère à prendre des décisions dans la vie, surtout une décision comme celle-là. Je m’étais dit que la personne qui est la plus différente de ce que je fais, soit Pierre Lapointe, pourrait m’amener quelque chose d’autre en tant qu’artiste et il m’intriguait vraiment.

À ce stade-ci de ta carrière, qu’est-ce que tu te souhaiterais?

Je commence à composer et à enregistrer des choses avec des amis, c’est sûr que j’aimerais percer. J’aimerais écrire un album et le sortir. Dans mes rêves les plus fous, ça serait de partir en tournée.

À quoi ressemblerait ton éventuel album et spectacle?

Ça va peut-être être bizarre, c’est un mélange de quelque chose qui ressemble à du Billie Eillish et à Dua Lipa. J’aime vraiment le côté, un peu, dark de Billie Eillish et les beats dans sa musique. J’aime le côté plus dansant de Dua Lipa. Je fais beaucoup de danse depuis que j’ai trois ans, c’est quand même un atout dans ce métier-là. Je voudrais vraiment faire des chansons qui bougent un peu plus avec de grosses chorégraphies et des danseurs pour donner un bon show !