Le 11 décembre prochain, les Enfants de la télé souligneront leurs 10 ans avec une émission spéciale du temps des Fêtes. Parmi les invités, on pourra retrouver Véronique Cloutier, Louis Morissette et Guillaume Lemay-Thivierge. Voici ce qu’ils avaient à dire sur leur meilleur souvenir en lien avec l’émission, mais tout juste avant une entrevue avec la coanimatrice Édith Cochrane.

Édith Cochrane

Quel a été le moment le plus significatif pour toi depuis que tu as embarqué dans l’aventure ?

Je suis arrivée dans cette aventure avec une certaine naïveté. C’est-à-dire que j’étais consciente que je remplaçais de grosses pointures (Véronique Cloutier et Antoine Bertrand), mais je n’avais pas trop envie d’y penser. Je pense que durant la deuxième année, à un moment donné, on (avec André Robitaille) a eu des fous rires et on s’est donné le droit de les avoir ; une espèce de déclic qui nous a permis d’être plus à l’aise.

Sur une échelle de 1 à 10, à quelle hauteur avais-tu mis la barre en sachant que tu remplaçais quand même Véronique ?

Je n’ai pas voulu aller là parce que j’aurais mis la barre trop haute. Ce n’est pas comme ça que je l’ai abordée. C’était un nouveau défi dans ma carrière et ils sont irremplaçables. Je ne suis pas allé en me disant que je les remplaçais. On a pris le relai avec tout le respect qu’ils méritent, mais on a fait quelque chose qui nous ressemble.

Quelles sont tes plus grandes fiertés au fil des six années à la barre de l’émission ?

C’est d’arriver à surfer entre la déconnade (la folie de plateau) ainsi que la grande émotion. Je trouve qu’on est vraiment capable de jouer entre les deux zones, soit de vraiment aller dans la folie et dans l’émotion tout en ayant le plein contrôle du plateau. Une autre fierté, c’est que les invités sur le plateau nous disent : « Vous prenez bien soin de nous ».

J’ai aussi une fierté quand je me promène dans la rue comme je me fais beaucoup féliciter. Les gens écoutent l’émission, ils l’aiment, ils trouvent qu’on fait un bon duo et ils trouvent nos interventions pertinentes. Je suis fière d’arriver à faire rire les gens que je connais moins, il y a des gens que je ne connais pas beaucoup. En deux minutes, il y a une relation qui se crée et une chimie qui fait que je sais que j’ai la confiance de cette personne et je peux la faire rire. C’est formidable !

Quel est le plus beau commentaire que vous avez reçu d’un invité ?

Ça peut être stressant de voir certains extraits, souvent les gens disent : « Je suis tellement en confiance avec vous ». Je pense qu’on a établi une confiance, les gens s’abandonnent. Ils savent que quand on rit ; on ne rit pas d’eux, mais avec eux. Les gens sentent un respect et ils nous le disent. Ils disent aussi qu’ils sont bien reçus, comme si l’on était reçu chez vous. Quand tu reçois des amis chez vous, tu ne veux jamais les blesser ou leur faire honte. Tu veux rire, mais tu ne veux jamais les blesser.

Est-ce que tu as déjà douté à un certain moment pour une quelconque raison ?

Bien sûr ! C’est difficile de porter le comique parce que les gens s’attendent à ce que je sois drôle à chaque intervention que je fais. Il y a des propos qui se tiennent autour de la table qui ne se prête pas à l’humour nécessairement. Naturellement, je n’irais pas vers quelque chose de drôle dans certaines situations, mais il faut que je me force. En général, c’est une job de rêve. J’adore ça, je me pince pour être bien sûr que c’est vrai. C’est un privilège incroyable d’être sur cette chaise avec André sur un plateau incroyable avec des gens très inspirants qu’on rencontre semaine après semaine. J’apprends beaucoup et j’apprends beaucoup sur moi parce que de devoir me donner ce petit coup de pied fait en sorte que je passe par-dessus une gêne. Je fonce et souvent, ça marche !

Quand vous avez une thématique plus forte comme l’émission anniversaire des 10 ans, est-ce que vous ressentez des émotions plus fortes que les autres enregistrements ?

Ça vient avec plus de stress et de pression, mais dimanche c’était particulièrement émouvant parce qu’on soulignait les 10 ans d’une émission qui fonctionne — dont 6 ans pour nous. C’est une émission de souvenirs et de nostalgie, mais en général ça ne nous concerne pas. On va dans les archives des invités et on n’est pas vraiment impliqué, mais là on était impliqué parce qu’on a assisté à ces moments. C’était émouvant, surtout dans un contexte où l’émission fonctionne encore bien. C’est galvanisant pour la suite, ça nous donne des ailes pour continuer les autres années.

Par exemple ; pour l’émission spéciale d’Unité 9 (mars 2019), est-ce que vous avez vécu des émotions plus fortes qu’à l’habitude ?

Étonnamment, le visionnement des extraits a été très douloureux puisqu’ils avaient beaucoup de scènes d’émotions dans les archives qu’on a visionnées. Pendant la semaine qui a précédé, j’ai trouvé ça difficile parce qu’on a visionné des extraits que je trouvais très touchants. Alors, j’anticipais que ça allait être lourd et triste. Au contraire, cela a été une émission qu’on a beaucoup ri et l’on oublie justement que ce sont des actrices. Entre les prises, elles sont heureuses et enjouées. Sur le plateau, cela a été particulièrement léger et drôle.

Véronique Cloutier

De quoi est-ce que tu t’ennuies de plus de l’émission ?

D’être ici ce soir, ça me rappelle comment c’était un beau plateau que j’aimais. C’est la folie. Parfois, on part d’une petite affaire et finalement, il y a un délire et ça dérape complètement. Le Nutella est un bon exemple, les tartes à crème et les culottes déchirées d’Antoine. Il en a eu plusieurs moments comme ceux-là. C’est l’espèce de folie où tout le monde embarque et tout le monde joue le jeu. On raconte des anecdotes, on se relance la balle. C’est ce qui me manque le plus.

Louis Morissette

Quel est ton moment le plus anecdotique vécu à la télévision ? 

L’extrait de la tarte à la crème que j’imagine qu’on va revoir parce que c’est sûr que ça l’implique Gilles Latulippe — étant donné que j’étais un humoriste qui écoutait Les démons du midi. Je n’en revenais pas que je faisais ce sketch-là avec M. Latulippe, c’est sûr que ça une place particulière dans ma tête.

Guillaume Lemay-Thivierge

Quel est le plus beau souvenir que tu as eu sur le plateau ?

Le moment que je me suis retrouvé avec Vincent Bolduc et Jessica Barker, on s’est rendu compte sur le plateau qu’on avait envie de travailler ensemble. Alors, on a créé un projet qui est devenu un balado (Bain libre). Ç’a commencé ici, je trouve que c’est une genèse de quelque chose qui est revenu dans le temps.

En deuxième lieu, il y a un moment où je m’étais retrouvé à côté de Francis Reddy que j’adore. Je crois qu’on avait un extrait qui se passait avec René Lévesque, j’avais dit : « J’admire cet homme-là parce qu’il a réussi à rassembler un peuple. Si un jour, je pouvais réussir à le faire en partie, ça ferait partie de mes réussites que je pourrais accomplir. »