Dès aujourd’hui, soit le 21 septembre, le premier album francophone d’Émilie Clepper sera disponible. Nous avons rencontré la chanteuse lors du lancement de son disque Émilie Clepper et la Grande Migration qui avait lieu sur le toit d’Ubisoft en début de semaine.

Est-ce que tu voudrais me parler de ton premier album francophone ?

« C’est dur à dire parce que je ne sens pas que c’est mon album. En fait, je sens que c’est un album collectif parce que ce sont les textes de Sara Garneau (une amie d’enfance). Je l’adore, c’est comme ma sœur et on a tellement vécu de choses ensemble. On se comprend et les thèmes qui parcourent notre existence sont extrêmement reliés. J’ai la chance de travailler avec elle, c’est une des plus belles choses qui est arrivée dans ma vie.

Je croyais en son talent d’auteure depuis qu’elle est toute jeune ; elle a commencé à écrire très jeune. Elle a gagné certains prix au secondaire. Nous sommes deux mères monoparentales et elle a décidé à mettre à l’avant ce rôle de parent, mais on voulait quand même réaliser une œuvre artistique. Je voulais lui donner une plateforme pour que ses mots soient connus par le Québec parce que je trouve que c’est tellement une auteure extraordinaire.

Elle a toujours cru en moi et en ma chanson. Ça fait à peu près 5 ans que la première chanson (Les grands vents) est écrite. C’est une ode à l’humanité des gens étiquetés trop souvent de la folie, c’est-à-dire des personnes extraordinaires qu’on considère comme des déchets de la société ».

Est-ce que c’est facile quand on chante un texte d’une autre auteure ?

« Rien n’est facile, il faut s’ouvrir le cœur parce que ce sont les paroles de quelqu’un d’autre. En même temps, c’est comme si c’était les miennes. Sa présence me réconforte, elle me donne le courage et la force de le faire — soit de traverser, de migrer entre l’anglais et le français. C’est grâce à elle que je le fais d’abord et avant tout. Oui, c’est difficile, mais ça vaut la peine ».

Sur Émilie Clepper et la Grande Migration, tu abandonnes la guitare pour la contrebasse. Est-ce que c’est quelque chose dont tu rêvais d’inclure dans ta musique ?

« C’est vraiment un instrument que j’aime beaucoup, mais ce que j’aime aussi ce sont les claviers. C’était aussi d’avoir le défi de faire quelque chose de complètement différent de tout ce que j’ai fait avant.

Comme je n’ai plus de guitare entre les mains, je ne peux plus comme me cacher derrière elle. Là, je suis en avant et il faut que je représente les textes. Je ne dis pas que ça ne changera pas ni que mon prochain album n’aura pas de guitare.

Pour moi, c’est un passage obligé pour vraiment me dépayser, pour changer de la langue de Shakespeare à celle de Molière, pour changer de style musical, pour changer de guitare à pas de guitare, et l’ajout de mouvements physiques. Tout est impliqué : le corps, l’âme et l’esprit. Je voulais juste complètement arriver avec quelque chose de nouveau qui représentait mon autre identité culturelle pour laquelle je tiens vraiment beaucoup ».

Est-ce que tu penses sortir ta guitare dans ton spectacle à venir qui englobe tout ton répertoire ?

« En ce moment, je veux y’aller à fond dans cette belle lignée. Éventuellement, on fera peut-être un album avec que des guitares et aucun autre instrument. C’est le fun de se mettre un défi comme ça pour un musicien, c’est-à-dire de sortir de sa zone de confort. Je suis ouverte à toujours essayer de me renouveler et de me réinventer. Sans pour autant, tuer la partie qui était là avant parce que le folk, le country et l’americana bercera toujours le monde ».

Tu as collaboré avec Benoît Pinette (alias Tire le coyote – à la coréalisation) et avec le claviériste Vincent Gagnon (Hubert Lenoir et Keith Kouna), comment te sens-tu d’être entourée d’eux ?

« Je me sens juste choyée, et non seulement parce qu’ils sont connus. C’est des personnes extraordinaires avec des cœurs en or. Vincent Gagnon, c’est un des hommes les plus magnifiques que j’ai rencontrés de ma vie. En plus de ça, il est talentueux en tabarouette. De jouer avec des gens, c’est une chose. De connecter dans le cœur avec des gens, c’est autre chose. Quand tu as les deux, ça passe à un autre niveau ».