Après avoir conquis plus de 140 millions de spectateurs dans le monde entier, Le Fantôme de l’Opéra aura une toute nouvelle vie. En janvier 2020, le spectacle musical s’installera au Théâtre St-Denis et au Grand Théâtre de Québec.

Lors du dévoilement de la distribution du 28 novembre au Théâtre St-Denis, on a réalisé des entrevues avec Hugo Laporte (Le Fantôme), Anne-Marine Suire (Christine), Michael Girard (Raoul) et Lucie St-Martin (Meg Giry).

Hugo Laporte | Le Fantôme

J’avais vraiment hâte puisque c’est un personnage que j’ai toujours aimé. Honnêtement, je ne pensais pas le jouer. Avant de bien connaître la partition, je pensais que ça ne serait pas accessible parce que c’est un rôle qui se tient vers la tradition de Broadway sur le plan du registre. C’est un peu plus haut de ce qu’on est habitué de voir. Je me disais : « C’est un rôle de ténor, ce n’est pas pour un baryton. » Non seulement que je peux bien le faire, mais je me sens très bien dans ce rôle. En plus d’être intéressant musicalement, on parle d’un personnage mythique avec une histoire mythique. Tout le monde connaît le masque du fantôme et la rose.

Est-ce que tu amèneras des parcelles de toi dans ton personnage ?

Comme c’est un personnage très complexe, l’interprète le colorera. D’une personne à l’autre, le récit et la musique ne donnent pas le même effet. Il y a de la méchanceté entourant mon personnage (meurtre, incendie), mais je mets de l’avant son côté romantique. Étant un chanteur d’opéra à la base, je suis habitué de développer ce romantisme dans le répertoire que je chante. Que tous ses gestes soient menés par l’amour, ça rajoute un côté très touchant et humain au Fantôme. Quand il veut avoir sa bien-aimée et qu’il ne réussit pas ou du moins pas de la façon dont il voudrait, il se fâche et on voit son côté humain. Est-ce qu’il a des pouvoirs magiques ? On ne sait pas trop ! Comme il a le contrôle total sur son théâtre, il peut faire tomber des affaires où il veut. Si ce n’est pas trop grave quand un humain se fâche, mais avec lui c’est « Tassez-vous de là ».

Anne-Marine Suire | Christine

CRÉDIT PHOTO : ISABELLE HAMEL-BLOUIN

Quand j’avais 14 ans, mes parents ont vu le spectacle et ils sont revenus avec le programme. J’étais comme : « Oh my god, c’est quoi ce show ? Comment est-ce que ça se fait que je n’ai pas assisté à la représentation avec eux ? ». Quand j’ai commencé à suivre des cours de chant, je m’amusais à faire les focalises de Christine. Ça prit du temps parce que c’est quand même un rôle exigeant à chanter. J’ai obtenu le rôle une première fois au Théâtre Mogador (Paris, 2016) dans la même adaptation française qu’on fera au Théâtre St-Denis. Malheureusement, la production a été annulée à la suite d’un incendie. C’est le fantôme n’est-ce pas ? La malédiction du fantôme était là.

Il ne faudrait pas que le Théâtre St-Denis brûle aussi …

Je ne sens que des bonnes vibes, le théâtre est bien correct et tout va bien. Je pense qu’on était trop près de l’Opéra Garnier. Si ça se passe à l’opéra populaire dans le roman de Gaston Leroux, c’est comme sous-entendu que c’est l’Opéra Garnier (de Paris). On était trop proche, le fantôme était trop proche de nous. Ici, il y a un océan qui nous sépare de la légende.

Michael Girard | Raoul

CRÉDIT PHOTO : ISABELLE HAMEL-BLOUIN

J’ai l’honneur de jouer le personnage de Raoul. Il est l’amoureux de Christine, mais il se retrouve à être le rival principal du Fantôme. Il est dans cette espèce de triangle amoureux où il essaie de convaincre Christine que le Fantôme l’a sous son emprise et qu’il la manipule. Raoul connaît Christine depuis son enfance, ils se sont perdus de vue pendant quelques années. Il la voit sur scène à l’opéra, c’est le coup de foudre à nouveau. C’est le grand amour, mais il y a un personnage assez important qui brouille les cartes.

D’après les extraits qu’on a entendus lors du dévoilement de la distribution, tu n’utilises pas le même registre musical que les autres. Comment est-ce que tu te sens d’avoir une représentation plus populaire dans cette distribution ?

Cela a toujours fait partie de mon parcours de mélanger le côté lyrique et le côté pop. Avec Le Fantôme de l’Opéra même si on est plus dans une partition plus classique et lyrique, il reste quand même qu’il a toujours une possibilité d’aller vers des sonorités plus pop. On a juste à penser aux différents interprètes qui ont joué le rôle du Fantôme à travers les époques, ce n’est pas juste des chanteurs qui viennent du monde lyrique. Au contraire, cela a été des chanteurs de metal, de rock et même René Simard l’a interprété à Toronto. Ça prend une voix, mais on peut jouer avec.

Est-ce qu’un jour tu aimerais camper le rôle du Fantôme ?  

Je suis toujours ouvert. Les défis, j’adore. Ça fait partie de mon parcours de toujours me challenger, de m’assurer que je ne stagne jamais. J’aime ça qu’on me sorte de ma zone de confort même si ça me fait peur. J’aimerais bien qu’un jour on m’offre cette opportunité, mais déjà je suis flatté qu’on m’ait proposé Raoul.

Lucie St-Martin | Meg Giry & Doublure Christine

CRÉDIT PHOTO : ISABELLE HAMEL-BLOUIN

C’est incroyable de travailler avec du monde comme Hugo et Anne-Marine, c’est très inspirant. En plus d’interpréter Meg, je chanterais en duo avec Anne-Marine et je travaille aussi sur le rôle de Christine. […] En cas d’urgence, je suis là pour incarner Christine. Comme c’est beaucoup de spectacles et que c’est un rôle difficile à chanter, je suis prête à la remplacer si elle est malade ou fatigué vocalement. C’est vraiment une texture énorme, on ne voit jamais ça. De mon expérience, je n’ai jamais vu un registre aussi grand. En plus, c’est beaucoup de spectacles sur une courte période. Je participe aux musicales, à la mise en scène pour faire Meg et Christine. De faire deux rôles en même temps, c’est spécial … en plus de faire des duos avec moi-même (rires).

Comment te sentirais-tu si tu dois remplacer Anne-Marine pour une représentation?

Tellement heureuse et énervée. Le truc avec les doublures, c’est que ça peut arriver n’importe quand – même une heure avant. Il faut toujours que tu sois sur le qui-vive et prête à embarquer sur la scène. Je serai plus qu’heureuse de chanter ce rôle-là, c’est un rôle de rêve en fait. Je prends ça à cœur ; il ne faut pas que ce soit comme si c’est la doublure de Christine, je travaille le rôle comme si c’était moi qui faisait toutes les représentations.

** Quelques minutes après l’entrevue, elle m’a confirmé qu’elle remplacera Anne-Marine lors d’une des deux représentations du 19 janvier. Elle aura son heure de gloire sur la scène du Grand Théâtre de Québec.

Dates de la tournée

8 au 12 janvier 2020 : Théâtre St-Denis (Montréal)

17 au 19 janvier 2020 : Grand Théâtre de Québec (Québec)

23 au 26 janvier 2020 : Théâtre St-Denis (Montréal)

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