Le jeudi 24 mai, le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) a donné le coup d’envoi aux festivités entourant la 184e édition de la Fête nationale du Québec qui auront lieu le 23 et 24 juin prochain à la grandeur du Québec.

Durant cette conférence de presse, Ginette Reno s’est vu remettre le Prix « Artisan de la Fête nationale » 2018. Nous avons parlé avec cette grande dame de la chanson afin qu’elle nous raconte son meilleur moment vécu lors de la Fête nationale (ou anciennement Saint-Jean-Baptiste). En prélude, nous avons écouté un extrait de sa performance d’Un peu plus haut, un peu plus loin (de Jean-Pierre Ferland) qu’elle a interprétée sur le Mont-Royal en 1975 devant une foule de 250 000 personnes.

« Je te dirais que c’est celui-là. Les plaines, j’ai adoré chanter avec Céline Dion parce que c’était mon rêve. C’était beau et c’était grand. En plus en 1975, on fêtait l’anniversaire de Jean-Pierre Ferland ».

« Je venais de finir un amour impossible avec quelqu’un d’autre. Je suis revenue dans la voiture, j’étais toute seule et je demeurais à Los Angeles à ce moment-là. J’ai dit à Dieu : “Est-ce que je méritais tout ça ?” Je lui ai dit qu’à chaque chose magnifique qui m’arrive, je suis toujours toute seule et que tu ne mets personne à côté de moi ».

« Je suis entrée chez moi après m’être trompée dans les paroles. Ça faisait deux jours que je n’avais pas dormi et que je répétais les paroles avec lesquelles je m’étais trompée. Tout à coup, c’est comme s’il y avait quelqu’un qui était en train de me parler et qui me disait : En ce moment, tu pourrais être avec des gens en train de boire et de fêter. Ses gens ne t’aiment pas, ils fêteraient avec toi parce que tu as eu un énorme succès ».

« Regarde où ce que tu es, tu es revenue chez toi et tu es en train de pratiquer les deux-trois paroles que tu as manqué. Veux-tu sil-te-plaît aller te coucher, car ça fait deux jours que tu n’as pas dormi. Le lendemain matin, le plus cadeau que j’ai est en regardant la frontpage de La Presse. D’un bord, c’est la montagne et Lise Payette — c’est elle qui avait monté le show — et de l’autre bord c’est Ginette Reno. C’était le plus beau cadeau, j’ai pleuré de joie parce que je viens de recevoir une gratification énorme ».

Avant de remettre le prix à Ginette Reno, Véronique Claveau et Brigitte Boisjoli ont présenté un hommage à la grande héroïne. Voici ce que cette dernière nous a dit quelques minutes après avoir réinterprété Je ne suis qu’une chanson :

… sur son hommage à Ginette

« On dirait que c’est comme un rêve. La vraie vérité, c’est que c’était très stressant. Ce matin, je me suis même posé des questions comme pourquoi j’avais accepté, comment j’étais nerveuse. Ginette, c’est quand même un monument et je savais qu’elle allait être assise en avant. Alors, je capotais et j’ai adoré ça. En même temps, c’est un honneur quand on m’a proposé de faire ça il y a quatre mois. J’ai dit : “C’est certain”… sans jamais calculer que je serai nerveuse de même. Mais, c’est spectaculaire et j’adore cette femme-là. Quel talent, c’est la plus grande chanteuse au Québec selon moi. C’est un honneur et un bonheur ».

… sur son meilleur souvenir d’un show de la Fête nationale

« J’en ai tellement. Je ne te cacherai pas que je fais des shows de la Saint-Jean depuis que j’ai 10 ans. Les Saint-Jean pour moi, c’est vraiment des spectacles et du travail. Je te dirais que c’est des medleys de Marjo et des chansons. Ce sont les chansons — tels que Paul Piché (L’escalier), qui marquent ma Saint-Jean et que je me dois de chanter. Il n’y a pas une Saint-Jean que je ne fais pas du Marjo. Ce n’est pas moi la Saint-Jean, c’est Marjo ».

… son héros ?

« Il y en a un qui nous a quittés cette année, c’est Patrick Bourgeois. Il demeure une figure de chanteur masculin incroyable. Il s’est battu jusqu’à la fin, car j’ai fait des spectacles avec lui et Ludovick ».

King Melrose — 24 juin à Sainte-Marthe sur le lac

« L’année dernière lors de la Fête nationale de Repentigny en première partie d’Alex Nevsky. C’était complètement fou, il avait à peu près 25 000 personnes quand j’ai terminé mon spectacle. Il y a des moments qui peuvent survenir en show, et que tu ne t’attends pas, la console a lâché et on a continué à jouer. Quand la console a rallumé, c’était complètement fou et c’était la folie dans la foule. On a comme jamais arrêté de jouer, ç’a comme fait un beau moment ».

… son héros ?

« Daniel Bélanger. Quand je côtoie Martin Deschamps, ça me fascine à quel point il a persévéré et il a poussé. C’est vraiment un bon chum et je trouve ça beau de le voir aller et de le côtoyer comme ça ».

… son héroïne ?

« Je pense que c’est Ginette Reno parce qu’elle torche des culs (rires) ».

Crédit photo : Facebook de La Fête nationale du Québec