Avec un nouvel album sur le point de voir le jour, ARP.Média s’est entretenu avec l’artiste sherbrookois Frank Custeau afin de parler de son statut de non rock star. On a aussi profité de l’occasion pour en apprendre davantage sur ce nouveau projet et ses objectifs futurs

Présente-moi ta dernière chanson Le Rock and Roll.

Je suis dans ce trip-là avec le deuxième album de faire de la chanson autobiographique. Le Rock and roll, c’est une chanson très simple, c’est une peine d’amour dans laquelle je m’excuse de ne pas avoir assez fait attention à la personne en question parce que j’étais trop occupé à faire le party. Aussi simple que ça !

Dans cette chanson, on entend une phrase tirée d’Hélène, de Roch Voisine. Pourquoi l’as-tu insérée dans ce morceau ?

C’est à cause de la mélodie et où elle s’en allait, ça me poppait dans la tête. Je me suis dit que j’allais le mettre et faire une blague avec ça. J’ai transformé « mon rêve était trop beau » en « je suis devenu un hobo » et je me trouvais très drôle.

Comment a été accueillie cette chanson à sa sortie ?

On m’a dit que pas mal de radios l’ont fait rentrer. Je pense donc que l’accueil à ce niveau-là a été très bien. Sinon, pour le reste, c’est très abstrait, car je ne suis pas dans la tête des gens qui l’écoutent, mais la réception semble bonne.

Peux-tu me parler du titre de ton nouvel album Xénial Blues ?

L’album est littéralement une crise de la mi-trentaine. Il est très thématique, car ce sont les mêmes sujets qui reviennent dans plusieurs chansons. Puis, je suis tombé sur un article qui parlait de la génération des Xénials. De mon côté, je ne me reconnaissais pas tellement ni chez les X, ni chez les Y et cet article parlait de la génération hybride qui rassemble les jeunes X et les vieux Y. Je trouvais que le mot était beau et représentait bien ma génération de mi-trentenaire et en plus, ça collait avec ce que j’étais en train d’écrire.

En quoi ton second album sera-t-il différent du premier ?

Ce sera un album plus épicé et qui groove plus. Il est fait avec un drummer, alors les batteries sont omniprésentes et puissantes. On est allé puiser aussi dans les années 1960 et 1970. Ça reste folk, mais ça va être plus groovy.

Quel a été le plus grand défi dans la production de cet album ?

En soi, ça a été l’écriture, tu sais quand tu repars à zéro. Il y a eu beaucoup d’anxiété. En fait, la moitié de l’album a été écrit en anxiété totale. Puis quand j’ai vu que j’avais un morceau, un os sur lequel gruger, l’autre moitié a été fait dans le plaisir. Donc le plus difficile a vraiment été de redémarrer la machine pour écrire avec des nuits blanches et de l’anxiété. Une fois que les chansons ont été faites, le reste s’est fait vraiment dans le plaisir au studio. Ça a été la partie le fun.

Le fait de te confier comme ça, avec un album très personnel, est-ce que ça a été un défi pour toi de t’ouvrir autant ?

Non, c’est thérapeutique pratiquement. Ça fait du bien et je pense que j’en avais besoin.

Quels sont tes objectifs et ta plus grande fierté ?

Mes objectifs, c’est de faire des shows, faire de la musique et me promener pour jouer. Et ma plus grande fierté, ce sont mes albums. Je viens d’enregistrer un deuxième album solo, ce n’est pas rien. J’ai une équipe qui me supporte et je suis très content du résultat.

Et le fait qu’il soit impossible de faire des spectacles en ce moment, comment le vis-tu ?

On a été très chanceux, on a réussi à faire quatre spectacles à Sherbrooke pendant l’été. Ça a fait vraiment bien, mais j’ai hâte de retourner sur la route pas à peu près ! J’ai un local où je me réfugie pour faire de la musique. On est en train, si tout va bien, de planifier deux shows en Abitibi au mois février, donc je me concentre là-dessus. Sinon, j’ai hâte que la Covid passe !

Tu ne te donnes pas le titre de rock star, cependant, tu as lancé un t-shirt pour Le Rock and Roll…

C’est une opération qui a été faite conjointement avec l’équipe, mais visuellement ça a été fait par ma copine qui a fait le visuel de l’album au complet. C’est donc en lien avec la pochette de l’album qui va sortir à la fin du mois de janvier.

T’ennuies-tu de ton ancien groupe Les Conards à l’orange ?

Je m’ennuie de mes amis, mais pas tant que ça du projet considérant le fait que je m’accomplis ailleurs. Je fais des shows et de la musique et c’est ça qui est important pour moi. Mais c’est certain que je m’ennuie de mes chums.

Si tu pouvais changer quelque chose dans le monde, qu’est-ce que ça serait ?

Ça fait très longtemps que j’ai arrêté de me poser cette question. Ce que je vais dire est très cliché, mais ça serait que l’amour et la compréhension prennent le dessus sur le pouvoir, l’argent et la guerre.

En terminant, est-ce que Frank Custeau va changer le monde avec son Rock and roll ?

C’est sûr que non, je ne suis même pas capable de changer de bobettes (rire). Mais la chose à laquelle je me raccroche, c’est qu’il y a beaucoup de chansons dans ma vie qui m’a fait du bien et qui a changé mon monde. Si de lancer des chansons, comme ça dans l’univers, ça peut faire du bien à quelqu’un d’autre, c’est déjà ça. J’ai déjà eu des témoignages qui m’ont prouvé que je ne faisais pas ça pour rien, de gens à qui mes chansons ont fait du bien réellement. Juste ça, c’est changer le monde un petit peu.

Crédit photo : Zoé Touchette