Le groupe I Prevail, originaire du Michigan et bien connu pour la reprise de la chanson Blank Space de Taylor Swift, ne chôme pas pendant la pause forcée en raison de la pandémie de la COVID-19. Au contraire, la formation en profite pour lancer aujourd’hui un tout nouvel album live, Post Traumatic, pour le grand plaisir de leurs fans. Le chanteur «unclean» Eric Vanlerberghe répond à nos questions sur le sujet!

Vous avez un nouvel album qui sort cette semaine, comment te sens-tu à ce sujet?

Eric : Énervé ! Je suis énervé, très énervé ! C’est quelque chose que j’attendais avec impatience après cette quarantaine ! Cette situation est assez difficile, d’ailleurs, car notre industrie sera assurément une des dernières à se remettre en marche. C’est dommage, mais on va attendre.

Pourquoi avez-vous décidé de sortir un disque au moment où vous ne pouvez pas faire de concerts?

Eric : On avait très hâte de faire un album live. On en parlait depuis la tournée qui a suivi l’album Trauma. Notre gars du son a enregistré chaque chanson, à chaque spectacle, pour que quand on serait prêt, on puisse les écouter à notre gré et voir ce qui sonnerait bien et ce qu’on devrait changer. On a donc eu l’idée de travailler sur cet album en prenant nos prestations de partout dans le monde et en choisissant nos favorites. Le fait qu’on soit confiné à la maison plus longtemps que ce qu’on croyait au départ nous a incités à aller de l’avant. Mais ce qui me manque le plus, c’est de me perdre dans la musique et oublier tout le reste. Le fait de lancer un album live, c’est un peu comme si on était à un concert et qu’on pouvait se laisser aller et avoir enfin du plaisir.

Vous avez joué plusieurs fois à Montréal, vous avez l’air d’apprécier y jouer. Qu’est-ce que vous aimez le plus de cette ville et de ses fans?

Eric : On aime un peu tout ! Le public là-bas semble adorer la musique, plus que dans le reste du Canada, en fait. C’est donc stimulant de s’y rendre. Il y a bien sûr la barrière linguistique, mais c’est captivant de voir comment la musique transcende cette barrière. C’est fou, à quel point, on dirait que la foule à Montréal est plus bruyante qu’ailleurs. Donc, c’est vraiment amusant pour nous d’y jouer. C’est aussi une occasion pour moi, qui parle un tout petit peu français, de sortir et pratiquer ce que je sais.

Pourquoi avez-vous choisi de mettre une pièce enregistrée à Montréal sur votre album? Et ensuite, pourquoi avoir sélectionné Rise Above It?

Eric : C’était une décision difficile. On a enregistré nos chansons partout où on a joué. On les a ensuite toutes écoutées et on a choisi celles qui sonnaient le mieux et où on a passé un moment spécial. C’est certain qu’on en voulait une enregistrée au Canada et après avoir fait le tour de ce qu’on avait, Rise Above It s’est vraiment démarquée et Montréal était dans nos premiers choix. On a réécouté les chansons et on s’est tous rappelé à quel point il y avait quelque chose de spécial à Montréal. On pouvait entendre la foule, c’était mémorable et ça nous a ramenés sur scène à un point tel que cette version devait absolument se retrouver sur l’album.

À quoi ressemble la vie de rockstar dans cette nouvelle ère de COVID-19? Votre vie doit être très différente!

Eric : Vraiment ! On a l’habitude d’être en tournée tout l’été et pour la première fois depuis cinq ans, ce n’était pas le cas. On a profité de l’occasion pour passer plus de temps en famille et avec nos amis qu’on ne voit pas très souvent. La situation était vraiment bien au début, mais on a très hâte de retourner faire ce qu’on aime. Je me considère chanceux d’être un musicien et de faire ce dont j’ai toujours rêvé. C’est un peu moins intéressant maintenant, mais ça nous donne l’opportunité de travailler sur les tournées futures. Quand ça sera possible, on aura du nouveau matériel et on sera prêt. La situation actuelle nous donne le temps de planifier les choses.

Vous travaillez donc sur du nouveau matériel en ce moment

Eric : Peut-être ! (Lire ici oui !) On a quelques idées sur lesquelles on travaille, des démos. Des choses ont été lancées. On ne veut pas en dire trop pour garder la surprise, mais on est très énervé. On ne veut pas que les gens aient des attentes, on veut vraiment qu’ils aient la surprise. On va s’amuser, mais je ne veux pas ruiner la surprise en en dévoilant davantage.

Vous avez récolté votre premier grand succès avec votre reprise de Blank Space pendant que votre album Heart Vs. Mind vendait de plus en plus de copies sans même y retrouver la réinterprétation de Taylor Swift. Comment expliquez-vous le succès phénoménal de cet album?

Eric : Au départ, on était juste un petit groupe dans notre sous-sol et on s’est dit que si on mettait Blank Space sur notre album, peut-être, en effet, que les gens achèteraient plus d’albums. Cependant, si on la mettait de côté, on serait mieux en mesure de voir le véritable intérêt des gens envers notre album. Les choses étant ce qu’elles sont, l’album s’est très bien vendu. Alors, j’imagine que les gens ont apprécié nos pièces originales.

Blank Space a été la pièce qui vous a fait découvrir, mais vous ne l’avez pas jouée lors de vos récentes tournées. Pourquoi avez-vous décidé de ne plus la jouer et comment vos fans ont-ils réagi?

Eric : On a joué cette chanson énormément dans le passé et on a voulu prendre une pause. Peut-être qu’un jour, on va la ramener, qui sait ? Elle est amusante à jouer, mais on a tellement plus de plaisir à jouer nos chansons originales. Je crois que la majorité des gens ont compris pourquoi on l’a mis de côté et qu’ils sont satisfaits de ce qu’on fait maintenant.

Après avoir connu beaucoup de succès avec Lifelines, qu’est-il arrivé avec Trauma?

Eric : Une fois que Lifelines fut sorti, on a eu de gros casse-tête. Il y avait comme trop de chefs dans la cuisine. Beaucoup de personnes se sont mises à nous dire quoi faire, si bien qu’on s’est dit que pour le prochain album, on ferait exactement ce qu’on veut, sans écouter les conseils des autres. Et ensuite, ça a été tellement plus facile ! L’écriture était plus le fun et le succès qu’a reçu avec cet album était la preuve qu’on savait ce qu’on faisait. Je crois sincèrement que plus on reste honnête dans l’écriture de notre musique, plus le succès sera grand.

Pourquoi avez-vous choisi de lancer les pièces Breaking Down et Bow Down en simultané le 26 février 2019 au lieu de lancer un seul extrait à la fois?

Eric : Les attentes ! Les gens entendent souvent une chanson et s’attendent que l’album en entier y ressemble. On voulait donc sortir deux chansons complètement différentes l’une de l’autre pour que personne ne puisse dire que l’album sonnerait de telle ou telle façon. Plusieurs styles se mélangent sur cet album et on ne voulait pas être catégorisé.

Les groupes de musique rock ayant deux chanteurs sont connus pour avoir souvent des conflits à l’interne. Est-ce un défi pour I Prevail?

Eric : Il y a eu bien sûr, des ajustements à faire quand le groupe a commencé, mais si on regarde la façon dont on s’est développé, c’est maintenant très naturel. Quand on écrit des bouts de chanson, on parle toujours de qui devrait chanter quelle partie, mais la réponse nous vient toujours très naturellement. On a appris beaucoup à nos débuts, mais depuis cela n’a jamais été un défi pour nous.

En 2017, vous avez joué à Montréal avec We Came as Romans. Quand vous avez appris la nouvelle de la mort de leur chanteur Kyle Pavone quelques mois plus tard, comment avez-vous réagi?

Eric : Ça a été très difficile. We Came as Romans était un groupe originaire de chez nous (du Michigan) et que tous les enfants ont écouté. On a grandi avec leur musique. On les a vus dans des bars et on est devenu amis en tournée. On est devenu une famille. Kyle était une bonne personne et je suis heureux d’avoir passé ces moments avec lui. J’ai commencé par être un fan, je suis devenu ensuite un ami et ça a été très dur de le perdre.

Le printemps dernier, vous avez sorti une collaboration avec Illenium & Excision (Feel Something). Comment s’est passée l’expérience et comment vos fans ont-ils accueilli cette collaboration?

Eric : C’est une drôle d’histoire. On avait commencé à travailler sur cette chanson pour Trauma, mais ça n’allait pas du tout. Plus on travaillait dessus, plus on se rendait compte que ça clochait. Alors, on l’a mise de côté. Notre producteur, qui travaille avec Illenium & Excision, leur a fait entendre notre démo. Ceux-ci ont pris ce qu’ils aimaient de la chanson et ils se sont mis à la travailler à leur façon. C’est ressorti beaucoup mieux que ce avec quoi on aurait fait avec. Un autre artiste a vu le potentiel et il y a mis son gain de sel et c’est devenu un succès. Il y aura évidemment toujours des gens mécontents, mais la plupart d’entre eux acceptent le fait qu’on essaie différents styles en plus d’avoir du plaisir à le faire et ils continuent de nous supporter.

Quels sont vos plans pour les prochains mois et la prochaine année?

Eric : On continuera à travailler sur notre musique et à se préparer en vue de nos prochains spectacles et nos éventuelles tournées. On se prépare pour l’action, on sera prêt ! On attend juste le OK !