Si je vous parle du groupe I Don’t Know How But They Found Me (communément appelé IDKHow), ce nom ne vous dira probablement rien. Vous savez quoi ? C’est totalement normal ! Aujourd’hui, nous tentons l’expérience de vous faire découvrir un groupe par le bouche-à-oreille, mais avec un petit coup de pouce de ma part.

Plus tôt en 2020, je me suis entretenue avec Dallon Weekes, chanteur du duo I Don’t Know How But They Found Me. Savais-je dans quoi j’allais m’embarquer en acceptant cette entrevue? Pas du tout! L’information trouvée nous mène dans un univers connexe, les vidéos sont mystérieuses et le concept semblait plutôt compliqué. Après avoir lu cette entrevue, tout vous deviendra plus clair et vous pourrez partir à la découverte de ce duo!

Votre modus operandi a été de garder votre groupe secret pendant un peu plus d’un an de son existence. Pourquoi?

Ryan et moi travaillions dans deux groupes qui ont beaucoup de succès (Panic ! At the disco et Falling in Reverse). Notre but n’était pas d’exploiter ces groupes et encore moins d’exploiter ses fans. Nous voulions tout simplement créer notre art afin de voir si IDKHow pouvait exister par son propre mérite.

Donc, nous avons booké des spectacles et nous avons renié le fait que ce groupe existait pendant environ un an. Pendant ce temps, nous jouions devant des étrangers, et cela nous permettait de voir si nous étions en mesure de capter leur attention et de les divertir par nous-mêmes.

J’ai tout de même l’impression que vous avez beaucoup de fans de Panic! At the disco et de Falling in Reverse dans la fanbase d’IDKHow.

Nous nous attendions qu’une fois que nous admettrions que nous avions créé un groupe, plusieurs nous suivraient et attendraient de voir ce que l’on fait. Mais nous voulions faire le tout en ordre et nous bâtir une crédibilité avant de l’annoncer. Nous désirons vraiment créer quelque chose sans avoir besoin de cette aide automatique. C’était vraiment important pour nous de travailler secrètement la première année en tant que groupe honnête. Nous ne voulions pas tirer avantage de la position dans laquelle nous étions.

Tu travailles avec Ryan Seaman, anciennement batteur du groupe Falling in Reverse, comment vous êtes-vous rencontrés?

Nous nous connaissons depuis plus d’une décennie ! Nous avions un groupe,il y a de cela très longtemps, qui s’appelait The Brobecks. Nous n’avons jamais été capables d’aller à l’étape suivante, soit d’avoir le rayonnement nécessaire pour percer. Alors nous avons été embauchés séparément pour travailler dans d’autres groupes. Nous sommes restés de bons amis, et chaque fois que j’écrivais une chanson pour une démo et dont j’avais besoin d’aide pour la batterie, il m’aidait. Quand j’ai eu à enregistrer les nouvelles chansons d’IDKHow, nous avons passé plus de temps ensemble et nous avons tout fait par nous-mêmes avec plaisir. Voilà comment le duo a été créé !

Il y a un concept derrière IDKHow concernant un groupe qui a été oublié, mais qui renaît de ses cendres par des émissions de talents. Peux-tu m’expliquer l’idée derrière ça?

Quand nous avons initialement enregistré notre première chanson, j’ai eu besoin de prendre des pauses. J’allais sur YouTube et je suis tombé sur des vidéos d’émissions populaires italiennes, le Top of the Pops, bref des choses comme ça où j’ai appris à découvrir des artistes dont je n’avais jamais entendu parler. C’est devenu des artistes que j’aime beaucoup comme Sparks qui est devenu l’un de mes groupes préférés !

Le scénario fictif que nous présentons parallèlement avec notre musique est en quelque sorte basé sur mon expérience. Je trouve que découvrir quelque chose est une expérience totalement unique et spéciale ! Tu apprends à connaître un groupe qui existait depuis de belle lurette, mais dont je n’avais aucune idée qu’il existait. Nous voulions recréer cela. Alors nous avons créé toutes ces histoires que l’on trouve sur les réseaux sociaux. Nous voulions vivre cette expérience, même si c’était seulement de la fiction.

Plus tôt en 2020, vous avez sorti votre premier album. Comment pourrait-on le décrire?

La meilleure façon dont je le décris aux gens, c’est que c’est hipster avec du non-sens. C’est moi qui écris des chansons inspirées par mes chanteurs favoris. Plusieurs choses que j’aime sont vraiment populaires. J’ai mentionné Sparks tantôt. C’est vraiment inspirant pour ceux et celles qui les connaissent. Certains disent qu’ils ont donné naissance au groupe Queen. Alors, j’essaie de composer de la musique que j’aime entendre. Même si j’aime beaucoup le pop, j’aime quitter le centre et aller dans quelque chose de plus obscur, de plus étrange pour être un peu plus inaccessible. C’est de là que vient le non-sens, je pense.

On sent l’inspiration des années 80. Pourquoi avez-vous pris cette direction?

La référence aux années 80 est plus dans l’esthétique qu’elle l’est dans le son. Nous ne souhaitons pas ramener le son des années 80. C’est certain que je suis allé puiser dans mes inspirations comme David Bowie et T-Rex en écrivant cet album. Il faut dire que c’est plus dans les années 70 que 80 en y réfléchissant ! Mais encore là, je reviens à l’idée de cette période-là où l’on découvrait les groupes par notre curiosité. Il n’y avait pas d’Internet à l’époque. Si tu découvrais un groupe, c’était par chance ! Et si ce que tu entendais te plaisait, tu devais travailler pour en entendre davantage. Tu devais aller chez le disquaire, acheter plusieurs magazines et en parler au plus de gens possible pour avoir de l’information ! Ce mystère, il est difficile à reproduire aujourd’hui. Tout ce qu’on essaie de faire est de recréer cette expérience.

Dans mes recherches, lorsque j’ai regardé plusieurs de vos vidéos, j’ai constaté l’importance du mot Tellex et j’ai aperçu un personnage blanc appelé White shadow. Je ne comprends pas leur signification.

Il y a une métaphore dans tout ce que l’on fait. Tellex est la métaphore de l’industrie de la musique. On veut démontrer que l’industrie est vraiment gouvernementale et contrôlée. C’est elle qui te dit ce que tu peux faire et ce que tu ne peux pas faire. Ryan et moi l’avons vécu avec nos précédents groupes où nous étions incorporés. Quand tu l’es, tu deviens un produit comme Coca-Cola. Tu es manufacturé et ton but c’est de vendre. Alors, tu dois créer des succès, et ce n’est pas quelque chose qui nous intéresse. Nous voulons créer quelque chose qu’on va aimer ! Malheureusement, c’est ça le business. 

Pour le White shadow, c’est aussi une métaphore, mais cette fois-ci visuelle. Je ne veux pas encore dévoiler ce qu’elle veut dire pour le moment. Je dirai seulement qu’elle nous suit partout et elle entend tout ce que l’on dit et elle voit tout ce que l’on fait. Je n’ai vu personne mettre le doigt sur ce que c’est encore. Je vais peut-être en parler un jour.

Ce qui m’amène à parler du premier single Leave Me Alone. D’abord, que signifie-t-elle pour toi?

Quand tu es en train d’argumenter, souvent la dernière phrase civilisée que tu dis est : Leave Me Alone (Laisse-moi tout seul). Le message que je veux réellement envoyer avec cette chanson se trouve dans le refrain où je dis : The devil that you know is better than devil that you don’t (Le diable que tu connais est meilleur que celui que tu ne connais pas). La chanson parle du fait que l’on veut souvent rester dans une situation ou un environnement toxique ou malsain parce qu’elle nous est familière et que nous avons peur de ce qu’on ne comprend pas. C’est pour cela que les gens restent dans de mauvaises situations. Malheureusement pour moi, j’ai appris que lorsqu’on se tient loin de ce genre de chose, c’est meilleur pour toi mentalement et spirituellement.

Comment s’est passé le tournage du vidéoclip?

Nous avons tourné le vidéoclip en mars juste après le confinement. On devait s’envoyer les mix par courriel pour terminer l’album. Ce n’était vraiment pas l’idéal ! Donc, ça nous a mis en position de tourner un vidéoclip en plein milieu de la pandémie. L’idée du concept vient justement de la situation dans laquelle nous nous trouvions. La question qu’on s’est posée est : Comment peux-tu promouvoir ton art de façon sécuritaire ? La priorité numéro en tournant Leave Me Alone et Razzmattazz était la sécurité. Nous ne voulions pas mettre la santé de quelqu’un en péril. Donc, c’est le résultat. On chante dans des bulles de plastique en incorporant la quarantaine et la distanciation sociale, mais je trouve que finalement l’idée fonctionne vraiment bien avec les propos de la chanson.

IDKHow commence dans l’anonymat. Et maintenant, vous sortez votre premier album pendant la COVID-19. Est-ce que tu es un gars qui aime les défis (ou c’est seulement ma perception)?

(Rires) Je dirais que c’est vrai ! Tout ce que l’on fait avec ce groupe est un défi. Nous avons décidé de construire notre fanbase par nous-mêmes et de ne pas profiter de notre notoriété que nous avions dans le passé avec Panic ! At the disco et Falling in Reverse. Nous avons choisi de prendre le chemin le plus difficile. C’est plus de travail, mais à la fin c’est tellement une belle récompense. Lancer un album pendant la pandémie, où tu ne peux pas faire de tournée, et que tu réussis à sortir une chanson qui sort dans les palmarès aux États-Unis et qu’Elton John parle de ton album dans son émission de radio, c’est complément irréel ! En ce moment, on ne peut pas promouvoir notre art d’une façon traditionnelle. C’est vraiment surréel, mais tellement valorisant de percer pendant une période aussi bizarre.

Le premier album d’IDKHow, Razzmattazz, est maintenant disponible en magasin. Vous pouvez les suivre sur Facebook, Instagram et Twitter.