Jamais trop tôt chapeauté par le Festival international de la chanson de Granby revient encore cette année pour la dixième année. C’est le moment de soumettre votre candidature pour l’un de vos textes ou pour participer au camp de cinq jours. ARP.Média s’est entretenu avec l’auteure-compositrice-interprète, Andréanne A. Malette, qui joue encore cette année, le rôle de directrice artistique et de metteuse en scène.

Tout d’abord, peux-tu nous parler en gros de Jamais trop tôt?

C’est super le fun comme concept ! C’est partout à travers Canada, dans les écoles secondaires, il y a des textes qui sont écrits dans les classes de français. Ensuite, tous ces textes sont envoyés au Festival international de la chanson de Granby. On parle de plusieurs milliers de textes chaque année, et le festival choisit les 24 meilleurs textes, qui sont ensuite envoyés à des auteurs-compositeurs-interprètes qui sont passés par le festival. On pense entre autres à Antoine Lachance, King Melrose, Mehdi Cayenne, Émile Bilodeau, etc.

Donc on commence avec 24 chansons qui devront être interprétées par 24 interprètes, de partout à travers le Canada, âgés de 14 à 17 ans. On a donc du monde de partout à travers la francophonie canadienne qui vienne à Granby chaque année pour monter un spectacle en cinq jours.

Ça fait quand même plusieurs années que tu es ambassadrice pour Jamais trop tôt, pourquoi t’es-tu affiliée à ce projet, qu’est-ce qui t’allume là-dedans?

Je pense que ça fait huit ans au total. On m’a demandé pour les deux premières années d’être animatrice. Ça m’a fait bien plaisir. J’ai découvert le concept de cette façon-là. À la fin de ma deuxième année, on m’a demandé d’être metteuse en scène. Je n’avais jamais fait cela de ma vie, mais j’avais un grand intérêt pour cela. Je les ai remerciés grandement pour leur confiance. J’ai découvert un métier qui me passionne énormément. J’ai une formation avec plusieurs types d’art : j’ai fait de la danse, j’ai fait de la musique, j’ai fait du théâtre et j’ai travaillé dans une salle de spectacle alors je connais ce qu’il y a à savoir en ce qui concerne la scène. Toutes ces notions-là ensemble me font tripper ben raide. Ça me permet de monter un grand spectacle de variétés avec des harmonies vocales, des chorégraphies, des interventions…

On a trois jours pour monter le spectacle. La quatrième journée, c’est la pratique et la cinquième journée c’est le spectacle. Pour moi, chaque année, c’est un gros thrill de faire ce spectacle-là aussi rapidement avec 24 jeunes.

Est-ce que tes expériences de directrice artistique et metteuse en scène t’ont servi pour ta propre carrière au fils des années?

Oui. Autant que ma carrière a aidé Jamais trop tôt que Jamais trop tôt a aidé ma carrière. C’est un doux mélange des deux. Ça permet de repousser mes limites et ma créativité. Il faut qu’on fasse cela rapidement avec un budget quelconque qui est respectable, il faut quand même être créatif pour faire un décor qui ne remplit pas trop la scène pour qu’il y ait 24 jeunes qui puissent entrer, mais que ce soit aussi intéressant visuellement parlant. Il y a vraiment une grosse logistique derrière ces spectacles-là et c’est ce que j’aime.

Selon toi, qu’est-ce ce que l’expérience Jamais trop tôt apporte aux jeunes?

Avec un œil extérieur, je vois que c’est une école qui les fait grandir. Ce sont les commentaires que je reçois le plus souvent des parents à la cinquième journée : « Qu’est-ce que tu as fait à mon enfant? » Ils arrivent enfant, ils en ressortent jeune adulte. Ils n’ont pas le temps d’être sur leur téléphone ou de prendre cela relax. C’est vraiment comme un marathon. Ça les oblige à être super focus, super travaillant et à repousser leurs limites. Ils sont dans un environnement où ils peuvent avoir confiance et où ils peuvent être à l’aise de se tromper ou d’être vulnérables. Je pense que cette ouverture-là leur permet de grandir parce qu’ils prennent conscience que ce n’est pas grave de faire des erreurs.

Chaque année, c’est un groupe qui se tient vraiment serré. C’est mon mandat principal. Je ne veux pas qu’il y ait de sous-groupes que se crée. Je ne veux surtout pas qu’il y ait quelqu’un qui se sente mal à l’aise. Je pense que ça crée une harmonie qui est remarquable. À tous les ans, on le voit. Il y a des groupes Facebook qui se créent et ce sont des amitiés qui durent à travers le temps.

Quels seraient les conseils que tu donnerais aux jeunes qui voudraient y participer?

Osez de vous présenter en auditions autant si vous voulez participer pour les textes que la formation de cinq jours. Je leur conseillerais de se présenter en audition en nous présentant l’entièreté de leurs talents. Dans ce spectacle-là, je vais surtout aller chercher des personnes qui sont versatiles, polyvalentes ou qui ont un talent particulier qui peut être intéressant pendant le spectacle. Ce que je regarde principalement c’est l’aptitude. On veut créer une synergie qui a du fun et qui ne se lâche pas s’il y a un maillon qui est plus faible, on l’aide à s’améliorer. Je regarde beaucoup la personnalité pour qu’on ait du fun.

Crédit photo : Catherine Deslauriers

Est-ce que ça te rappelle des souvenirs de concours de talents auxquels tu as déjà participé?

Ça me rappelle beaucoup Star Académie. On avait un gala à faire le dimanche et on avait quatre jours pour monter un spectacle : on avait à apprendre des chansons qu’on ne connaissait pas avec des numéros de danse. Ça ressemble plus à ce concours que ceux que j’ai fait qui n’étaient pas télévisés. Jamais trop tôt, ce n’est pas un concours, c’est un projet. C’est un trip de gang où personne ne gagne à la fin.

As-tu des coups de cœur musicaux dans le projet ?

J’ai eu des coups de cœur musicaux par rapport aux artistes qui ont créé les chansons. J’ai un parti pris pour Antoine Lachance parce que c’est mon musicien de tournée. Chaque année, lorsqu’on reçoit une chanson d’Antoine, on sait qu’on a trouvé soit le numéro d’ouverture ou de fermeture. Il est bon pour faire une chanson qui est rassembleuse. Il y a aussi Charlène Blanchette sur qui je peux compter pour faire des chorégraphies de danse.

Sinon pour ce qui est des artistes qui sont passés à Jamais trop tôt, il y a Marianne Vallières et Julien Charbonneau qui sont passés il y a quelques années et on les a tellement aimés que depuis leur passage, ils sont devenus des accompagnateurs. Ils sont toujours là avec moi pour m’aider. Ils sont devenus des alliés. Il y a aussi Arnaud Quintal-Émard, un Granbyen, qui l’a fait, je pense, quatre fois. C’est vraiment le doyen ! D’année en année, on l’a vu évoluer. Il a été là quatre fois parce qu’il est travaillant. Il n’y a pas de parti pris par rapport à lui. Chaque année, on voyait l’énergie qu’il avait mise pour devenir meilleur. Ça m’interpelle beaucoup. Je trouve ça beau à voir. Le talent c’est une affaire, mais être travaillant c’est ce qui est le plus important dans ce métier-là.

Crédit photo : Catherine Deslauriers

Je pense que c’est la preuve que c’est un beau projet s’ils décident de revenir chaque année.

Je pense qu’ils ont du fun. Il y a Isabelle Côté, qui est la coach vocale et les deux, nous avons la même attitude. Nous ne sommes pas là pour les flatter dans le sens du poil ou de les préserver. Nous leur disons dès le début de nous faire confiance. Ça se peut que parfois ça sonne un peu plus brutal, mais c’est parce que nous voulons vous pousser plus loin et parce que nous vous aimons. Nous allons parfois cibler des affaires qui sont plus difficiles. Nous allons essayer de les sortir de leur coquille. Parfois, ça fait mal parce que c’est déstabilisant, mais après ça tu vois toute l’ouverture que ç’a créée. C’est toujours de beaux moments. Je pense qu’ils viennent chercher la vérité et l’envie de se dépasser.

Ça fait quand même huit ans que tu fais, comment trouves-tu la jeunesse musicale?

Ils sont super talentueux et allumés. Si je me remets à cet âge-là, ils sont 100 fois plus talentueux que je l’étais. Il y a quelque chose avec cette génération… Évidemment, ils ont appris de la génération d’avant. Ils sont bons, ils ont de l’oreille, ils sont capables de faire des harmonies et ils sont singuliers. Il y a en a déjà beaucoup qui ont une identité très claire déjà à 15 ans. Je n’avais pas ça du tout. Je les trouve ouverts aussi.

L’an dernier, vous avez dû jongler avec la pandémie. Comment vous êtes-vous adaptés?

L’an passé, on s’est complètement adapté parce qu’on l’a fait à distance. Toutes les formations d’Isabelle, Charles et moi ont été faites sur Zoom. Le spectacle aussi a été fait de façon virtuelle. Ce n’était pas vraiment un spectacle, mais plutôt un très gros vidéoclip (rires). Chacun présentait sa chanson dans sa province. Cette année, on souhaite que ça puisse se passer en présentiel, mais ça implique plusieurs logistiques parce que ce sont des gens partout à travers le Canada. Et ça peut être difficile de faire ce spectacle avec un deux mètres de distance. On va s’ajuster selon les mesures gouvernementales pour cela, soit sécuritaires.

Si le projet Jamais trop tôt, qui se déroulera du 18 au 23 août 2021, vous intéresse, rendez-vous sur https://ficg.qc.ca/concours/jamais-trop-tot/ pour plus de détails.

Crédit photo principale : Catherine Deslauriers