Le vendredi 15 novembre, Gabriella a présenté la première Montréalaise de son nouvel album Étrangère à la Cinquième Salle de la Place des Arts. On a eu le privilège de la suivre dans cette journée aussi importante pour la suite de sa carrière.

L’arrivée à la Cinquième Salle …

Si je me suis pointé à la loge des artistes de la Cinquième Salle pour midi, Gabriella était déjà sur la scène à mon arrivée. Une cannette de Guru dans les mains, elle était en train de sortir ses instruments de leurs étuis respectifs : « Ce que je veux au début, c’est vraiment de m’assurer que tout est sorti pour être sûr que je n’ai rien oublié parce que j’ai tellement de fils et de branchements. Si j’en oublie un, il n’y a rien qui fonctionne. Si admettons, je me rends compte qu’il manque quelque chose. Au moins, j’ai le temps d’aller le chercher et ça me stresse moins. »

Évidemment, elle n’était pas la seule arrivée. Une équipe de techniciens combinait leur travail afin de préparer la scène pour le grand événement. Comme son homme de confiance aux éclairages ne pouvait pas être présent pour le spectacle, celui-ci guidait son remplaçant (son frère) tout en vérifiant tous les réglages avant le grand soir.

Un petit repos bien mérité …

Durant qu’elle mangeait ses sushis, j’ai eu une petite discussion avec la principale intéressée sur ses profits dans le cadre d’un spectacle comme celui-là et même de sa tournée française. Sans vouloir dévoiler de chiffres, disons qu’elle aurait le droit d’avoir une tribune comme Pierre Lapointe lors du récent Gala de l’ADISQ.

Durant que les techniciens faisaient leurs derniers préparatifs avant le soundcheck, l’auteure-compositrice-interprète a fait une petite sieste à mes côtés. En face de moi, son réalisateur (Christian Sbrocca) en a profité pour fermer les yeux quelques minutes.

Le soundcheck …

Quand elle arrive dans une nouvelle salle, la chanteuse aime s’y promener afin de s’assurer que toutes les fréquences sont correctes et pour avoir un aperçu de ce que ça donne. En cette journée spéciale, un défi de taille s’est pointé à l’horizon puisque la Cinquième Salle est très difficile … ce qui l’oblige à devoir porter des écouteurs, pour la première fois, parce que normalement on entend. En plus de cette adaptation supplémentaire de sa part, un problème de distorsion musicale est venu cogner à la porte. Après de nombreuses minutes passées à chercher le coupable, les techniciens ont été capables de mettre le doigt sur le bobo.

« Quand les gens pensent que c’est vraiment glorieux de faire des spectacles et que c’est facile, tu as la preuve. J’ai l’impression d’avoir fait une journée de huit heures, mais le spectacle n’est pas commencé encore. C’est des émotions assez bipolaires dans la journée parce que je me réveille tout excitée et je suis tout excitée en arrivant. On installe le stage et là, je m’en vais dormir. On commence le soundcheck, je suis vraiment contente. On a fini le soundcheck, ça draine à nouveau. Le spectacle me donne beaucoup d’adrénaline avant de retomber à nouveau. Le lendemain, j’ai l’impression que je pourrais dormir pendant 24 heures tellement que c’est difficile», s’est-elle exclamée tout juste après le soundcheck.

À ce moment, Sbrocca était plus qu’optimiste pour sa protégée pour la suite des choses: « Le spectacle de ce soir sera un des plus magiques que je vais avoir vu de toute ma vie. Je le sais ». Comme le dit le proverbe : « Bad soundcheck, good spectacle ».

À l’aube du spectacle …

« Comment vous sentiriez-vous s’il avait au moins 150 personnes dans la salle que vous connaissiez personnellement ? », nous a-t-elle demandé moins d’une heure avant que les réflecteurs soient allumés sur elle. Comme la première chanson (Run Away) avait été exigeante lors du soundcheck, elle faisait évidemment partie de ses facteurs stress à l’aube de sa performance : « Elle est quand même difficile. Ce que je redoute, c’est de tomber trop dans ma tête et de ne pas être à 100% dans le spectacle. Il n’y a rien de mieux que de vivre à 100% les émotions. Peu importe ce qui arrive, quand tu le vis à 100%, tu es plus détendu et spontané. »

Trente minutes avant son spectacle, il ne faut surtout pas la déranger puisqu’elle s’improvise une petite séance de yoga dans sa loge : « Ce que j’aime faire, c’est de faire des respirations. Je pense que je vais connaître littéralement 80% des gens parce que les fans reviennent me voir. Les gens de La Tribu me voient pour une première fois, je veux leur montrer que c’est bon et que ça vaut la peine qu’ils continuent à investir dans ma carrière et à croire en moi. »

Quelques minutes avant de se lancer à pied joint dans l’aventure, elle a invité son éclairagiste et son assistante ainsi que son réalisateur à faire une petite méditation de groupe aux allures d’un cri de ralliement. Une petite routine qu’elle effectue avec ses complices avant chaque spectacle, il ne faut surtout pas l’oublier !

Et c’est parti pour Gabriella …

Comme elle a composé une chanson en l’honneur de sa mère (Tu sais déjà), elle a eu la brillante idée de l’inviter à venir s’asseoir avec elle aux abords de la scène. En plus de créer un moment cute pour tous les spectateurs, cet instant marquera à jamais l’auteure-compositrice-interprète : « C’était magnifique! Je chante tellement la chanson souvent sans elle. C’était exactement comme je voulais que ça se passe dans ma tête ». Après le spectacle, elle était si fière de parler de sa maman à ses invités avec des étincelles dans les yeux. Précédemment, sa mère était venue dans la loge afin de se faire arranger sans nécessairement savoir ce qu’elle fera sur la scène.

Parmi ces interactions avec ses admirateurs, Gabriella a parlé de sa discussion qu’elle a eue cette semaine avec le directeur principal de la division spectacles et management de Québécor (Sébastien G. Côté) qui se résume par ceci : « Les gens achètent en moyenne 1,4 concert par année. Quand ils achètent un concert par année, ils font garder leurs enfants, ils vont au restaurant, ils achètent les billets et ils passent leur journée précieuse pour le concert. Ils pourraient choisir n’importe quel concert et ils décident de venir te voir. Donc, le concert est mieux d’être bon ». Crinquée par ce propos, elle désirait offrir leur meilleur spectacle de l’année.

Durant l’entracte, un ami est venu la rejoindre dans la loge afin de préparer une petite chorégraphie de Coton ouaté qui a été présenté au début de la deuxième partie. On peut affirmer que l’artiste a réussi à exploiter le phénomène autour de Bleu Jeans Bleu, car elle vend des cotons ouatés aux couleurs d’Étrangère.

Les émotions tombent …

« Je suis restée sur la même lancée. Je suis très contente. J’ai apprécié chaque moment et c’est vraiment important. On fait de la musique pour vivre des émotions. Si l’on n’en vit pas, ça ne sert à rien. La famille, les émotions et les connexions. Ce n’est pas fini … la soirée vient juste de commencer », s’est-elle exclamée après s’être éclatée sur la scène le temps de 19 chansons et d’avoir été salué ses fidèles fans.

… et le party est pogné  

Croisé dans la loge après sa prestation musicale, Olivier Dion m’a expliqué ce qu’il aimait d’elle : « Je la trouve tellement talentueuse. Il y a cinq ou six ans, je l’ai rencontré avec Christian avec qui je commençais à écrire à l’époque. Je suis tombé sous le charme de son écriture, de ses chansons et de sa voix, c’est vraiment ça qui m’a charmé. Après cela a été sa personnalité, c’est devenu une très bonne amie. On a partagé une chanson sur son premier album (Sorrow) qui est une chanson que j’adore encore autant. Je trouve que c’est tellement une belle ballade, c’était tellement dans mes cordes. J’ai toujours été un fan de Damien Rice en grandissant. Quand elle jouait des pièces avec sa guitare et son violon, on retrouvait un peu la touche de Rice. Ce qui est pour moi un énorme compliment ».

C’est après le spectacle que la belle a réalisé qu’elle n’avait pas pensé à l’inviter à la rejoindre sur la scène pour former un duo et elle le regrettait profondément. Toutefois, Olivier a été emballé de voir ses deux amis former un duo complice sur la scène : « Je suis un peu jaloux, c’est sûr de ne pas chanter avec elle (rires). Ça me faisait tellement plaisir de voir les deux sur scène. De voir à quel point elle a progressé et de la voir seule sur scène a maitriser tout ce qu’elle faisait, elle était tellement tight avec tout ce qu’elle a touché. De les voir dans un moment comme celui-là rendait l’instant juste parfait ».

Durant que Gabriella continuait de chiller avec ses amis dans la loge, je me suis dirigé chez moi en compagnie de ses chansons qui tournaient en boucle dans ma tête.