Kaïn célèbre cette année son 20e anniversaire et bien que 2020 soit moins festive que prévu, le groupe québécois n’oublie pas son public. Le chanteur Steve Veilleux s’est d’ailleurs entretenu avec ARP.Média pour en témoigner.

Parle-moi du nouvel extrait radio On attend quoi qui vient d’être lancé.

Steve : On a besoin, dans le contexte actuel des choses, dans ce qu’on traverse, d’un trois minutes de répit, d’une fuite en avant et d’urgence de vivre. On doit se mettre un peu la tête à off et laisser le cœur prendre le relais. C’est, un peu, ce que raconte cette chanson. C’est une bouffée d’air frais que nous avons pris plaisir à écrire. J’espère que tout le monde aura autant de plaisir que nous à l’écouter, car la musique semble le baume absolu contre tous les maux.

La pochette du nouvel extrait nous réfère à une image bien connue du groupe The Beatles. Pourquoi avez-vous repris cette image?

Steve : Ça, c’est très drôle. Je m’en suis fait parler beaucoup pourtant, on doit être le millionième artiste qui refait ce cliché de la pochette d’Abbey Road. C’était une blague entre nous parce qu’on était dans une aire de repos et on trouvait ça drôle de reproduire cette image. On l’a fait entre deux photos dans un shooting pour finalement la garder. C’est donc une joke à l’interne qui a fini par voir le jour.

Pochette du nouvel extrait “On attend quoi”

Kaïn était en nomination, cette année, au Gala de l’ADISQ dans deux catégories, Album de l’année — Adulte contemporain et Groupe ou Duo de l’année. Comment avez-vous réagi à ces nominations?

Steve : On doit être rendu à 24 ou 25 nominations et on a gagné un seul Félix. Alors, je te dirais qu’on prend ça avec un grain de sel. On n’a jamais été de grands courailleux de galas ou de soirées. Quand on a fondé le groupe, il y a 20 ans déjà, c’était pour faire des tournées, pour s’amuser et pour jouer du rock and roll. Ça demeure les motivations premières de Kaïn. Les nominations sont une belle reconnaissance. Ça nous témoigne qu’on fait toujours partie du portrait musical et on en est toujours flatté. Cela dit, c’est plus un prétexte pour faire un bon bilan, se retrousser les manches le lendemain et continuer d’écrire les meilleures chansons possibles. On n’entretient pas non plus d’amertume ou quoique ce soit dans le fait de ne pas gagner. Il y a une belle émergence culturelle québécoise chez nous et on est content d’en faire partie.

À quoi peut-on s’attendre du spectacle prévu le 7 novembre prochain sur la plateforme Yoop avec Matt Lang et La Chicane ?

Steve : Premièrement, ça va être un spectacle en direct. Il va y avoir de l’interaction avec le public et du visuel pour les gens qui écoutent le show sur l’espace Yoop. On va faire un beau grand tour de nos sept albums, en plus d’introduire nos invités. On se promet une grande messe musicale avec des chansons qui sont devenues, avec le temps, les chansons du monde qui nous suit depuis des années et avec de nouvelles pièces aussi. Ce sera donc un beau grand tour !

Steve Veilleux | Crédit photo : Blacky Patsy

Pourquoi avez-vous décidé de réinterpréter la chanson Mexico avec La Chicane?

Steve : Sur l’album, il y a dix nouvelles chansons et dix succès qu’on a réarrangés et qui sont chantés par nos artistes invités. Les gars de La Chicane sont venus à quelques reprises, dans le passé, chanter avec nous Mexico sur scène, donc c’était un fit naturel. La chanson leur allait bien et les voix de Dany Bédar et de Boom Desjardins se mélangent à la perfection dessus. On a pu réarranger la chanson un peu plus country pour la mettre dans leur univers et ça a donné un super résultat.

Il semble y avoir une influence du groupe La Chicane dans Kaïn, est-ce bien le cas?

Steve : Comme Éric Maheu est dans les deux groupes, c’est certain qu’il y a un mur mitoyen entre les deux. C’est pour ça que ça facilite la complicité, d’autant plus que nous sommes devenus amis avec le temps et il y a un beau respect entre les deux groupes.

Éric Maheu | Crédit photo : Jaime Antonio Luna

Sur votre dernier album, la chanson Embarque ma belle est chantée par plusieurs personnes, dont Matt Lang, peux-tu m’en parler ?

Steve : Sur la version de Je viens d’ici d’Embarque ma belle, tous les artistes invités chantent, donc Laurence Jalbert, Renée Martel, Yves Lambert, Stephen Faulkner, les frères Painchaud. Bref tout le monde, Matt aussi. C’est un collectif et c’est la dernière chanson de l’album. Pour ce qui est de Matt, c’est un gars de cœur, un gars au talent indéniable et un être authentique. Je pense que cela ne s’achète pas. Quand tu trouves un artiste authentique, garde-le, suis-le, consomme sa musique, ça ne peut que faire du bien. Matt est un de ceux-là. J’ai eu la chance d’écrire une chanson sur son premier album qui n’était pas un album country, mais un album francophone et on s’est lié d’amitié. Je suis très content de tout ce qui lui arrive, c’est un jeune homme de grand talent.

Matt Lang et les membres de Kaïn | Crédit photo : Courtoisie

La situation actuelle a un impact majeur sur le monde de la musique et du spectacle. En lien avec cela, sentez-vous le besoin de vous renouveler, que ce soit avec les concerts virtuels que vous offrez ou les spectacles TD Musiparc que vous avez faits l’été dernier?

Steve : Je ne sais pas si on peut appeler ça se réinventer. Au bout du compte, ça demeure pour nous des spectacles, qu’ils soient dans un ciné-parc devant des voitures, virtuels ou devant des gens avec les mesures de distanciation. C’est ce qu’on fait de mieux, c’est tout ce qu’on sait faire, en fait. J’ai passé ma vie à faire de la musique, j’ai fait tous les sacrifices nécessaires pour réussir à vivre de ma passion. On est dans une période de crise actuellement, mais il faut continuer. Il faut aller dans des endroits qui sont peut-être hors de notre zone de confort pour réussir à aller toucher les gens. Au bout de ligne, ça demeure faire de la musique et ce n’est jamais un casse-tête pour nous.

Comment se sont déroulées les festivités entourant le 20e anniversaire de Kaïn?

Steve : On a eu le temps de faire cinq ou six dates seulement dans la tournée Je viens d’ici. On avait une année 2020 bookée mur à mur, tant pour les salles de spectacles que pour les festivals. On n’est pas satisfait, c’est certain et on reprendra la tournée dès que ça sera possible. Même si l’album est sorti il y a un an déjà, pour nous, il est encore tout chaud. Le spectacle est encore tout chaud et on veut absolument reprendre ça. Pour ce qui est du projet album, ça a été un trip de malade de faire venir des artistes avec qui on a partagé la route, la scène et de collaborer avec eux sur notre projet des 20 ans. Pour la tournée, on attendra la suite des choses, mais c’est certain qu’on ne passera pas par-dessus à cause de cette crise.

Kaïn | Crédit photo : Blacky Patsy

Pensez-vous déjà à une suite pour Je viens d’ici ?

Steve : Oui, c’est sûr ! Ça prend des projets en avant. Ça fait environ un mois que j’ai recommencé à écrire intensément. Je suis content, je suis excité des nouvelles chansons et j’ai plusieurs nouveaux morceaux en chantier. J’aime le dessin que ça donne pour la suite de Kaïn. Reste à savoir si ça sera en 2021, je n’ai aucune idée, mais l’inspiration est bien nourrie !

Que penses-tu du nouveau projet du guitariste John Anthony Gagnon-Robinette Wild Ouest ?

Steve : Je trouve ça très cool. J’ai écouté, la semaine passée, pour la première fois l’album et je l’ai écouté plusieurs fois depuis. Je suis très fier. John, c’est comme une carte cachée dans notre jeu. Il amène une belle actualité musicale, de nouvelles références et un regard neuf. Il a fait beaucoup de bien musicalement et humainement à notre groupe et son projet sonne à fond. C’est bien arrangé, bien fait. Et on se tient là-dessus. On l’a publié sur nos pages Facebook et Instagram à la minute où l’album est sorti dans le but de l’appuyer. On fait tous la même chose, on veut tous la même chose, on fait tous le même métier et je pense que c’est important de se soutenir.

John Anthony Gagnon-Robinette et Steve Veilleux | Crédit photo : Benoit Rousseau

En terminant, quels sont les projets de Kaïn pour les prochains mois?

Steve : C’est certain que je voudrais que ces nouvelles chansons-là vivent et probablement oui, à travers Kaïn. Je ne sais pas encore. Je ne sais pas où ces chansons vont atterrir, mais c’est certain qu’il y aura une suite au groupe. On est encore super proche et plus uni que jamais dans tout ça. Il ne reste qu’à voir le déroulement. Cela dit, me connaissant, travailleur acharné comme je suis, je sais qu’on va avoir assez de matériel quelque part en début 2021. On verra à ce moment si on veut aller s’encabaner dans un studio, mais je mettrais un petit 2 $ là-dessus.