Après avoir fait tourner bien des têtes avec son premier album Filles des îles, Laurence St-Martin est de retour avec un nouveau disque intitulé Prendre le temps. Avec ses chansons accrocheuses, l’auteure-compositrice-interprète vous fera oublier cette foutue pandémie et elle vous fera rêver en toute simplicité.

« Avant que tout ça ne s’arrête en mars dernier, j’avais le vent des voiles. Les gens étaient là pour moi, autant le public que les médias. Je sentais, en tant qu’artiste, que quelque chose allait se passer, mais le confinement est arrivé », s’exclama d’entrée de jeu Laurence St-Martin.

Lorsqu’elle se remet dans la peau de la jeune chanteuse qui lançait son premier extrait et son premier album, est-ce qu’elle croyait que ceux-ci récolteraient autant de succès ? « On veut toujours ça, mais est-ce que je pensais que ça allait se réaliser ? Non. Est-ce que je pouvais m’imaginer que ça allait avoir autant d’impact ? Pour vrai, je ne m’en doutais pas et surtout pas en début de carrière », dit-elle. La belle s’approche tranquillement du plateau de 1,2 million de vues sur YouTube avec Filles des îles.

Prendre le temps

Avant d’être confinée, Laurence avait composé deux chansons qui se retrouvent sur sa nouvelle palette. Si jamais, est la première pièce qu’elle a présentée à son équipe. « Avant de l’écrire, je me sentais perdue dans le processus. J’avais l’impression d’avoir dit tout ce que j’avais à raconter. Mon premier extrait a donné la ligne directrice à l’album. Après ça, ça a tellement bien été. Je me suis inspiré des sentiments que j’avais à l’intérieur de moi et des petits moments que je vivais. »

« C’était stressant. Tu ne veux pas déplaire. Tu souhaites être à la hauteur. Tu désires faire évoluer ton son. En même temps, tu espères rester humble dans ton son. Les sonorités musicales de Prendre le temps sont plus assumées et plus colorées. Ça ira chercher un plus grand public », affirme-t-elle en mentionnant que ses textes sont plus matures.

Au cours de la dernière année, Laurence a pris le temps de revenir à l’essentiel et à ce qui la rend heureuse. « J’ai lancé un disque et tout a l’air bien beau sur mes réseaux sociaux, mais ma vie professionnelle a été mise sur pause comme tout le monde. Le titre résume bien ce que j’ai vécu en 2020. »

Sortez vos guimauves!

Sur ce nouveau disque, elle a délaissé, quelque peu, la touche country qu’on retrouvait sur son premier album. « Je fais de la musique quand je le feele et comme je le sens. Je dis souvent que j’ai de bonnes tounes de feu de camp. Elles sont faciles à jouer à la guitare et à apprendre au niveau des paroles. »

Parlant de musique de feu de camp et de chansons rassembleuses, elle aime bien se définir en une version féminine des 2Frères. Est-ce qu’elle désirerait que sa carrière prenne son envol comme eux ? « Longtemps, j’ai rêvé d’avoir la carrière d’une big rockstar américaine. Est-ce que c’est encore ça que je souhaite profondément ? Non. Mon prochain objectif serait d’avoir un vrai hit à la radio. Mes pièces passent régulièrement sur les ondes radio, mais j’aimerais avoir un succès à la Roxane Bruneau, 2Frères. Je désirerais aussi faire plus de télévision québécoise. Tout ça pour dire que le genre de carrière de 2Frères me comblerait pleinement. »

Souligner le courage

Si Laurence considère chaque pièce qui figure sur sa nouvelle palette comme importante à ses yeux, J’vais m’faire accroire possède un cachet supplémentaire. C’est une chanson piano-voix qu’elle a écrite pour une amie qui a perdu sa mère d’un cancer en octobre dernier. « J’ai trouvé difficile de l’accompagner là-dedans parce que je me mettais à sa place et tu ne souhaites ça à personne. »

« Jusqu’à la fin, sa mère ne voulait pas mourir. C’était particulier comme situation parce que c’était une famille qui n’acceptait pas vraiment ce qui se passait. C’était beau. En même temps, c’était triste. La famille avait beaucoup d’espoir. En fin de compte, il n’avait rien à faire », affirme-t-elle.

Parallèlement à ça, un des fidèles fans de la fille des îles, Tristan, lui a demandé si elle souhaitait chanter au mariage de sa maman au moment que celle-ci combattait un cancer. « J’avais accepté sa proposition. Finalement, elle est décédée avant le grand événement », s’est-elle exclamée.

Ces deux histoires l’ont beaucoup inspiré. Si vous avez perdu un de vos proches récemment, vous devriez vous sentir touché par ce texte.

Loin de son amoureux

Son chum Samuel Asselin joue présentement avec les Bruins de Providence, le club-école des Bruins de Boston, dans la Ligue américaine de hockey. Comme il s’aligne avec une formation américaine, il ne peut malheureusement pas visiter sa douce en raison de la COVID-19. « Ce n’est pas la meilleure saison de sa vie, mais ça lui permet beaucoup de se concentrer sur sa carrière. »

« C’est sûr qu’on a passé dix mois intenses à la maison et après nous sommes séparés quatre mois [du 15 janvier à la mi-mai]. C’est très difficile comme situation pour un couple, mais on s’en sort. Je voulais aller le voir en voiture, mais je peux seulement y aller en avion et je dois respecter la quarantaine à l’hôtel en revenant au pays. Alors, j’attends son retour en me disant que le pire se trouve derrière moi. »

En décembre dernier, il a failli partir à Noël juste pour pouvoir jouer au hockey en Allemagne. « C’est un athlète. Rester à la maison, c’est non ! Cela a bien adonné que je sorte mon album ce printemps puisque j’ai pu me concentrer sur mes choses. »

Sans contrat de la Ligue nationale de hockey pour l’instant, Samuel pourrait décider de poursuivre sa carrière, un jour, en Europe si sa destinée ne se retrouve pas en Amérique du Nord. Est-ce que sa dulcinée l’accompagnerait sur le Vieux Continent ? « Je ne pourrai pas partir avec lui demain matin parce que j’ai une carrière ici, mais j’ai quand même du monde là-bas qui commence à m’aimer et à me suivre. J’ai vendu une centaine d’albums. La possibilité que je déménage avec lui est plus élevée s’il joue en Europe qu’aux États-Unis. »

Citations sur le vif 

« On a choisi Depuis que t’es là comme deuxième extrait parce que c’est une chanson très légère et très hooké avec une summer vibe. Avec l’été qui s’en vient, elle permettra aux gens de se laisser aller. Je l’écoute dans mon char au soleil et je trouve ça bon. »

« J’ai écrit, une pièce qui s’appelle Je vends du rêve. J’essaie de dénoncer le côté fake des réseaux sociaux. Je souhaite projeter une image naturelle de moi. Même si tout le monde tente de l’être, personne ne se filme en lendemain de brosse dégueulasse. Bref, on recommencera quand même la vidéo pour être satisfaite. »

« Je désire influencer les jeunes de la façon que je peux. Mes études en travail social me permettent d’acquérir de nouvelles connaissances et de comprendre davantage les enjeux qui se passent en ce moment. Ça me permet aussi de savoir quels thèmes ne pas aborder en tant qu’artiste en prenant connaissance des sujets plus sensibles. »

« La moitié de mon baccalauréat en travail social est complétée, mais je ne projette pas de travailler dans ce milieu pour l’instant. Si c’est pour une autre vie, ce sera pour une autre vie. Si jamais il y a une catastrophe naturelle comme la COVID-19 qui dure 10 ans par exemple, peut-être que je vais être travailleuse sociale. Je vais aller aider mon Québec d’une autre façon que de faire de la musique. Je poursuis mes études tranquillement parce que je suis fière de le faire. De plus, ça me donne un bagage de plus ainsi qu’une sécurité financière si ça me tente plus de faire de la scène. »