Si le Québec avait dit «Oui» au Référendum de 1995, à quoi aurait ressemblé la république 25 ans plus tard? C’est là-dessus que Ricardo Trogi et Daniel Savoie se sont penchés dans la comédie La Maison-Bleue disponible sur ICI TOU.TV EXTRA. Voici un bref résumé des quatre premiers épisodes entremêlé d’extraits d’entrevues lors du visionnement de presse.

Alors que le Québec est en crise et que la cote de popularité du gouvernement est en train de chuter, le président Jacques Hamelin (Guy Nadon) est à la recherche d’un nouveau projet de société pour gagner ses prochaines élections. Toutefois, la vie lui fait traverser une péripétie après l’autre, ce qui ne l’aidera pas à remonter la pente aussi facilement. Par exemple, un voisin patriote canadien vient d’emménager à côté de La Maison Bleue dans l’intention de le faire chier.

Ce voisin incarné par Karl Farah se décrit comme étant le douchbag colon attardé : «C’est tellement drôle à jouer ces personnages-là parce que tu n’as pas de limites. Tu peux te lancer à 100 %. Étrangement, je ne suis pas à mon premier rôle de douchbag. Généralement quand on me donne ce genre de rôle, j’ai une certaine carte blanche qui me permet de rajouter une niaiserie ou deux de plus. J’ose espérer que les gens vont s’attacher à mon personnage, au-delà de la capacité de s’y voir ou de se reconnaître. »

La palme de l’absurde

Toutefois, la palme revient au conseiller stratégique (Arsenault). Lors d’un voyage pour négocier avec le président américain, ce dernier lui fait des avances dans sa chambre d’hôtel. Avec le destin de la nation entre ses mains, qu’est-ce que fera le personnage campé par Simon Beaulé-Bulman ? « C’est une scène épouvantable, c’est un cauchemar à vivre. Mon personnage est dans une grande candeur, il ne peut pas imaginer ce qui va arriver. Je me suis laissé surprendre par la scène et par les événements pendant que je le jouais. Après ça, ça se joue tout seul et le malaise est palpable et c’est facile.»

Simon Beaulé-Bulman / Crédit photo : Nicolas Bondu

Comme c’est la scène pivot de son personnage, vous pouvez certainement deviner quelle était sa scène d’audition : « Je savais déjà dans quoi je m’embarquais. Visiblement, j’avais compris le ton. Il fallait jouer sur la ligne du malaise et de l’incompréhension. Si c’est joué trop dans le drame, ça devient mélodramatique et épouvantable. Si je jouais trop la scène de la comédie, la scène faisait juste tomber ».

Quant à lui, Bruce Gregory Dinsmore (incarnant le président Lester P. Richards) a avoué que l’intonation sérieuse de la scène l’a rendue encore plus drôle : « On n’a pas poussé très loin, on ne rit pas des personnages. Quand le président sort avec ses deux coupes de vin, on sait exactement ce qui arrivera. C’est tellement absurde. En même temps, c’est la vérité. Simon est crampant comme il joue avec une espèce d’intensité, mais aussi avec une intégrité.» Ne vous inquiétez pas, son personnage n’invoque en aucun temps celui du président actuel. Le principal intéressé préfère comparer son personnage à Ronald Reagan ou à George Bush : «On ne niaise pas avec Trump parce qu’il n’est pas drôle ».

Bruce Gregory Dinsmore / Crédit photo : Nicolas Bondu

Qu’est-ce que serait devenu le Québec?

Un point fort de la série c’est que les auteurs de la série exploitent l’idée de ce que serait devenu le Québec, 25 ans plus tard, avec un changement de garde. Par exemple, le président Jacques Hamelin succède à l’ancien joueur et entraîneur des Canadiens de Montréal (Mario Tremblay) à la présidence de la république. Qu’est-ce qu’en ont pensé les acteurs lors de lecture du scénario ?

«J’ai rapidement senti qu’il y avait quelque chose qu’on n’avait jamais abordé. De la façon dont on l’abordait, c’était très assumé dans l’écriture qu’on allait vers la plaisanterie. L’arrière-plan politique de la chose, c’est vraiment le décor. Le reste, c’est une comédie de situation. Comment rester en selle, dans une vague d’impopularité, quand tout inspire à nous nuire ? » – Guy Nadon

Guy Nadon / Crédit photo : Nicolas Bondu

« Quelqu’un qui connaît l’histoire du Québec va rire. Je me souviens du Référendum. En même temps, je ne comprenais pas. La politique est l’excuse pour parler de nous dans cette comédie-là. Les phrases qu’on dit, c’est tellement ridicule. » – Geneviève Schmidt

Des éloges pour Guy Nadon

Celle qui joue la directrice des communications de la Maison Bleue, Geneviève Schmidt, ne cachait pas son bonheur d’avoir tourné avec l’acteur d’expérience : « J’ai adoré parce que j’ai été le premier témoin de Guy Nadon et de son jeu extraordinaire. Cela a été un plaisir d’être payé et de le voir jouer comme ça, en plus d’avoir été ma première rencontre avec Ricardo Trogi aussi ».

Geneviève Schmidt / Crédit photo : Nicolas Bondu