Après avoir remporté la récente édition de Ma première Place des Arts, Mélodie Spear a flirté avec les palmarès radio l’automne dernier avec sa pièce Cœur malade. En plus de sortir un nouvel extrait (Ana) ce vendredi (17 janvier), elle sera de passage à Belle et Bum ce samedi (18 janvier à 21h | Télé-Québec) et elle sortira, dans peu de temps, son nouvel EP fort attendu.

« C’est sympathique. Tout le monde m’envoie des vidéos d’eux qui écoutent la radio avec Cœur malade qui passe. C’est un aboutissement d’une chanson que j’avais commencé à écrire en 2015 quand je faisais Secondaire en spectacle. À l’époque, j’allais à une école secondaire anglaise et tout le monde s’inscrivait pour faire Secondaire en spectacle – juste pour moi. C’est là que j’ai commencé à écrire Cœur malade. Je l’écrivais avec la plume d’une jeune fille qui était une lectrice avide de Baudelaire et qui n’écoutait pas vraiment de musique québécoise non plus. Cinq ans plus tard, c’est une plume beaucoup plus québécoise et beaucoup plus mature. Puisqu’elle parle d’une relation toxique, c’est une plume plus mature aussi et plus évoluée. Je suis contente, c’est la chanson que je vais faire à Belle et Bum », s’est exclamée Mélodie Spear sur son premier succès radio.

Préparez-vous à entendre une version 2.0 de Cœur malade dans l’émission pilotée par Normand Brathwaite et Mélissa Lavergne : « Tu as des cuivres là-dedans, des trompettes et des saxophones. De lui apposer des couleurs brass, ça donne vie à ma chanson. C’est vraiment amusant de voir ça ».

CRÉDIT PHOTO : NICOLAS BONDU / ARP.MÉDIA

Ana, un nouvel extrait disponible dès vendredi

Ce vendredi, l’auteure-compositrice-interprète laissera paraître toutes ses influences musicales en sortant un nouvel extrait (Ana) : « J’aime beaucoup Sonic Youth et l’ère grunge. Ana, c’est une chanson que je sors ce côté-là de moi. En fait, le texte parle d’anesthésie. Du besoin de faire fi de sa lucidité que ce soit en mangeant beaucoup de chips, en blingant des séries sur Netflix ou en faisant du crack. Les gens font ce qu’ils veulent, je voulais parler du fait qu’on veut sentir qu’on veut s’évader et cette évasion prend la forme d’Ana ».

Vous vous demandez pourquoi Mélodie aborde ce sujet pour le moins particulier, voici ce qu’elle avait à nous dire : « C’est un thème très intéressant. Blaise Pascal (un scientifique) était sur le point de découvrir, comme Galilée, que la terre est ronde. Il a décidé de complètement arrêter toute la science parce que ça allait contre sa religion comme il se rendait compte que Dieu n’existait pas. Je pense que ce vertige existentiel a été tellement lourd pour lui qu’il a décidé de faire fi de toute lucidité et de s’aveugler dans la religion. C’est un phénomène qu’on peut observer partout et je trouvais ça plaisant de faire une chanson là-dessus. »

CRÉDIT PHOTO : NICOLAS BONDU / ARP.MÉDIA

Un nouvel album, dès ce printemps

C’est nul autre que Shampoing (que vous pouvez aussi voir au côté de Tire le Coyote) qui réalise le premier EP de Spear : « Quand on s’est rencontré en 2018, on s’est tout de suite mis d’accord qu’on aimait vraiment Neil Young. Sur mon album, il y a un petit côté Baudelaire qui ne s’en ira pas, je pense. C’est sûr que le grunge est très présent, mais il y a un côté pop aussi. »

« Pour moi ; écrire une chanson c’est l’étude de l’humain. C’est, un peu, sa façon de sortir de situation parfois vraiment désagréable ou parfois agréable et de se mettre plus dans marde qu’autre chose. Mon EP s’appellera surement Fabulation parce que la relation est l’entre-deux de cet univers fabulatoire. On n’est pas dans la réalité nécessairement, on est plus dans ce qu’on a appris. D’un autre côté, il y a ce qui se passe réellement (comme une rupture, un divorce et un besoin de s’évader). C’est toutes des choses qui sont dans la réalité, mais tout le monde s’en sort différemment. »

D’où vient son intérêt pour l’humain, vous vous dites ? « Comme j’ai changé souvent d’école quand j’étais jeune, ça fait que tu commences à étudier les gens d’un autre point de vue. Tu vois ça plus comme une grosse fourmilière que tu vois toutes les fourmis et tu te fais des histoires avec ça. J’écrivais beaucoup d’histoires quand j’étais petite, je pense que c’est juste un amalgame de tout ça. »

Questionnée sur ce qui pourrait le plus étonner son fidèle public, elle a avoué avoir une chanson douce sur son nouvel opus : « Je ne suis pas à l’aise avec les chansons douces d’habitude. J’ai besoin de crier, de sauter partout et de culbuter autour de la scène. Les gens vont me dire : « Tu es tout cute quand tu chantes ».

CRÉDIT PHOTO : NICOLAS BONDU / ARP.MÉDIA

Si vous voulez la voir en spectacle

Mélodie Spear sera au Cabaret Festif de Baie-Saint-Paul le 15 février ainsi qu’au Vieux Bureau de Poste à Saint-Romuald le 6 mars. De plus, elle rêve de jouer avec son père (un chanteur folk) en première partie avant d’enchaîner avec son groupe dans la deuxième partie du spectacle. Entre les deux, pourquoi pas une conférence de Marianne Spear ?

Belle et Bum 18 janvier 2020

Dès samedi, nous serons de retour pour mettre un peu de chaleur dans l'hiver! Nos invités: Patrick Norman, Saratoga, Éric Paulhus – page officielle Mélodie Spear et Kahli Abdu! Samedi 18 janvier 21 h 📺 Télé-Québec ☀️🎤🎶🎙️

Posted by Belle et Bum on Monday, January 13, 2020

Questions en rafale

À quoi ressemble ton processus d’écriture ?

Ça commence par de l’insomnie … et l’insomnie des autres aussi (clin d’œil à sa sœur Marianne). Ça commence souvent la nuit, c’est une petite étincelle. J’ai plusieurs idées de chansons que je sors, un peu, tout le temps. Comment peut-on aborder un thème d’une façon qui n’a pas été vue auparavant et qui reste authentique à ce que tu es en tant qu’artiste ? D’un autre côté, il y a le côté jam que je vais prendre ma guitare et essayer de nouvelles sonorités. Je vais tourner ma guitare d’une autre façon, je vais m’acheter une nouvelle pédale, je vais jammer avec mon band et on va se trouver des idées de chansons.

Qu’est-ce que tu aimes le plus quand tu fais de la musique ?

La création musicale et le sentiment de terminer une toune ! Ce n’est pas facile, mais quand tu le fais, tu es content. Tu as hâte de finir. En même temps, tu ne veux pas finir et tu continues à travailler dessus. Quand tu réussis à finir une chanson en tant qu’auteure-compositrice-interprète, le sentiment de satisfaction est une drogue.