Originaire de Cap-Chat, Mylène Vallée s’était pointée, pieds nus, sur la scène de La Voix à l’automne 2016. Même si aucun coach ne s’était retourné lors de sa performance de Si jamais j’oublie de Zaz, la Gaspésienne a perduré dans le métier. Son deuxième mini-album, Namasté, en est la preuve.

Définis-nous le sens d’un couplet ou un refrain de ton extrait Namasté ?

« Je me suis reconnue dans ta lumière jusqu’à percevoir l’étincelle comprise que ce que je laissais derrière n’était plus essentielles ».

Lorsque nous observons l’autre, nous pouvons percevoir de beaux aspects de cette personne et cette lumière de vie qui l’habite pour enfin se regarder et arriver un jour à percevoir en soi toute la beauté intérieure qui nous habite. Alors là tout ce qui est superflu n’est soudainement plus important, plus essentiel. Au contact de cette lumière, la force, le courage et la joie prennent place en soi. Les peurs illusoires s’éclaircissent et même disparaissent.

Quelles sont les différences entre ton premier EP [Lever l’ancre, 2016] et ton deuxième [Namasté, 2021]

La grande différence c’est moi, j’ai avec les années pris le temps d’explorer musicalement. J’ai profité de ce temps afin de me connaître davantage. J’ai alors choisi et défini un peu plus mon style. J’ai laissé place à ce qui m’habite. J’ai aussi trouvé mon sweet spot vocalement.

Pourquoi avoir intitulé ton mini-album Namasté?

Namasté pour moi est un mot puissant, cela représente une quête en soi. C’était évident que ce serait le titre de ce nouvel EP puisqu’il est très significatif. C’est une forme de salutations en Inde comme un signe de reconnaissance d’une âme envers une âme. C’est saluer la lumière intérieure d’une personne lorsqu’on la rencontre, ainsi que saluer sa propre lumière intérieure. C’est pour moi un pas de plus vers l’amour de soi.

Comme ton nouvel EP s’intitule Namasté, est-ce que tu penses qu’il existe une lumière divine en chacun de nous? Pourquoi avoir donné ce nom?

En fait, je suis une fille super ouverte d’esprit et la vérité de chacun est la bonne. Pour moi effectivement, je crois que nous sommes tous habités par une lumière intérieure en connexion avec plus grand que soi et que cette lumière réside en notre cœur. J’ai écrit dans la chanson-titre [Je me suis perdue entre deux vagues le flow de pensés dans ma tête entre le sud et nord jusqu’à ne plus y croire]. Ce que je voulais exprimer, c’est en fait lorsque notre mental s’agite, les pensées, l’anxiété, les peurs, tout ce tourbillon camoufle cette belle lumière qui nous habite. Lorsque la tempête se calme, lorsqu’on choisit de prendre soin de soi, de s’arrêter, d’inspirer, et de se reconnecter à soi ; alors les nuages de nos pensées laissent place à la conscience, la lumière, l’amour et une clarté magnifique. Ça nous permet d’explorer la vie avec une vision différente de ce qu’on n’aurait jamais cru possible.

Après avoir lancé deux EPs, la prochaine étape sera de sortir un premier album complet. Qu’est-ce que tu projettes présenter?

Musicalement, j’adore explorer et je suis une fille qui chérit la liberté. Je suis très spontanée. Pour l’instant, je souhaiterais effectivement produire un disque complet. Cependant, c’est l’inspiration et mon cœur qui me guideront vers ce que j’ai vraiment envie de faire à ce moment. Actuellement, j’ai beaucoup d’inspiration. Je désire sortir un album en anglais ou en français. J’ai surtout beaucoup de mélodies en tête, donc, je crée sans limites.

En plus de venir du même coin de pays que Patrice Michaud et d’avoir effectué sa première partie, tu m’as dit que tu lui as déjà demandé des conseils sur le métier. Est-ce que tu veux m’en parler davantage?

En fait, Patrice est super-généreux. Je ne le connais pas personnellement, mais nous sommes natifs du même endroit. Je lui ai écrit afin de lui demander conseil avant le lancement de mon premier EP Lever l’ancre. Il m’a guidé vers le Studio de la Vielle Usine de l’Anse-à-Beaufils où j’ai enregistré ce premier opus et je travaille avec Martin Hogan depuis ce temps.

Et en plus, tu l’as déjà rencontré par hasard à Montréal. Parle-moi de cette rencontre entre deux personnes originaires de Cap-Chat dans la métropole.  

J’ai rencontré Patrice lors du Gala de l’ADISQ. J’ai eu une opportunité d’y assister en 2015 et Patrice était bien surpris de voir une petite-fille de Cap-Chat là-bas ! Ce fut un moment magique ce gala. J’étais accompagné de ma sœur et de ma meilleure amie.

Bien que tu n’aies pas réussi à «passer ton audition à l’aveugle» à La Voix V, tu es encore dans le milieu quelques années plus tard. Quelle a été ta plus grande source de motivation à continuer de vivre de ta passion?

La satisfaction que je ressens d’avancer petit à petit, mais de manière ancrée et de faire de la musique à ma façon c’est-à-dire de façon indépendante fait en sorte que rien n’aurait pu me dissuader de faire de la musique.

Est-ce que tu penses que c’est plus difficile de percer dans le milieu artistique québécois quand on vient d’une région éloignée comme la Gaspésie?

Je ne crois pas du tout. Pour moi, tout est possible. Je ne suis pas une fille de routine. Donc, les déplacements et les voyages me conviennent très bien. J’aime partir pour mieux revenir, c’est comme une fête chaque fois.

Quelles sont tes ambitions professionnelles dans les grandes villes?

Plus difficile de répondre à cette question. Ce que je peux en dire, c’est que beaucoup de projets s’offrent à moi. Je travaille très fort et je m’estime prête à accueillir plein d’opportunités professionnelles. Mon cœur me guidera afin de vivre ce que j’ai à vivre dans les grandes villes et vers ce qui sera enrichissant pour moi.

Tu me disais que la musique country permet d’interchanger les langues et que tu comptais emprunter l’avenue de la musique anglophone dans un futur prochain, parle-nous-en.

En fait la musique country, je l’adore aussi bien en anglais qu’en français. Les deux me permettent de m’exprimer d’une façon différente. J’écris des textes en ce moment dans les deux langues et encore là, je ne mets aucune limite et aucune pression à mes projets créatifs. Ce serait un peu comme leur faire porter un poids qui n’est pas essentiel et contre-productif pour moi. Je me laisse guider par mon cœur.

Qu’est-ce qui t’a poussé à emprunter la voie du folk country?

Mes racines gaspésiennes font en sorte que depuis toute petite, chez moi, nous écoutions de la musique country. C’est une musique rassembleuse et à travers laquelle beaucoup d’émotions passent. C’est un style qui me fait me sentir bien.

Quelles sont les différences entre Mylène Vallée sur une scène et Mylène Vallée en studio?

En studio, je suis dans ma bulle. Je me sens en vacances, je fais un beau road trip pour me rendre plus loin en Gaspésie. Je longe le fleuve un moment puis en arrivant, je me dépose avec un bon Gin Tonic [c’est la tradition] et là, la magie s’opère. Sur scène, c’est un peu le même sentiment, mais je suis vraiment focus, connectée aux gens avec qui je donne le spectacle et plus extravertie. Les deux expériences sont totalement différentes, mais elles sont toutes aussi magiques.