Le film Nous sommes les autres, réalisé par Jean-François Asselin, sortira en salle le 10 novembre. Hier avait lieu la première médiatique et le tapis rouge avec les comédiens Émile Proulx-Cloutier, Pascale Bussières, Jean-Michel Anctil, James Hyndman. Notre chroniqueur Frédéric Lebeuf en a profité pour poser quelques questions aux acteurs présents sur le tapis rouge…

Émile Proulx-Cloutier

… ses impressions ?

« Une des grandes choses que j’apprécie chez Jean-François Asselin, le réalisateur, c’est que oui il crée des univers étranges, oui il y a toujours un élément dans ses œuvres qui n’est pas juste hors de l’ordinaire, il n’y a pas un truc qui est impossible.

C’était le voyage dans le temps dans Plan B, on a fait le court-métrage ensemble et mon personnage avait une maladie et qui se mettait à disparaître. Dans le cas de Nous sommes les autres, c’est la transformation physique accélérée de mon personnage. Mais chaque fois, il utilise cette étrangeté-là pour parler de la nature humaine.

C’est une étrangeté qui est dirigée vers le sens. Ce n’est pas juste pour faire bizarre, il s’en sert vraiment à la manière d’une fable ou d’un tour de passe-passe de cinéma pour arriver à parler de quelque chose qui est profond chez l’humain et qui peut te joindre ; toi ou bien n’importe qui ! Oui, il y a vraiment une dimension, une signature très forte dans l’écriture de ce film.

En même temps, n’importe qui qui regarde ça et qui est honnête avec soi-même peut se dire : ah oui moi aussi, dans la vie, j’ai eu tendance à me transformer pour plaire aux autres. Se transformer pour répondre aux attentes des autres, tout le monde fait ça et on finit par devenir ce qu’on pense que les autres voudraient qu’on soit.

Mais, c’est fou parce que si j’avais voulu plaire à d’autres mondes dans la vie, je serais peut-être quelqu’un de totalement différent.

C’est ça que raconte le film Nous sommes les autres. C’est vraiment l’histoire de comment les gens se transforment pour répondre au regard des autres et où est-ce que ça les amène ?

Il y a en a qui vont trop loin là-dedans comme mon personnage. Au contraire, le personnage de Jean-Michel Anctil prend conscience et il arrive tout d’un coup à se libérer de tout ce qu’il faisait pour plaire aux autres afin de redevenir lui-même.

Je pense que peu importe la classe sociale et le milieu d’où tu viens, tu peux rallier ça à ta propre vie. Donc, oui c’est un film étrange. Mais en même temps, c’est un film qui est viscéralement collé à des drames universels que le monde vive ».

.. son nouvel album

« Après 4 ans de travail, je vais lancer Marée haute le 17 novembre prochain. Ç’a été un vrai bonheur de pouvoir le mettre au monde. C’est encore un disque sur lequel il y a beaucoup d’histoires, des chansons qui sont créées comme des petits films, il y a beaucoup de coups de gueule et des moments que je me permets de m’emporter un peu plus.

Je te dirais qu’il y a un autre volet qui est plus proche d’un journal intime. Je pense que je m’ouvre sur moi — Émile — davantage. Je suis content parce que j’ai touché à plus d’univers musicaux, on s’est plus amusé sur le plan musical.

Il y a des envolées orchestrales, il y a encore parfois des berceuses au piano et il y a encore des moments qui se rapprochent du slam. Alors, je suis content parce que la palette musicale est très large.

En même temps, on a créé un disque qui se tient et en plus là-dedans il y a un album en prime. Il y a comme deux disques dans le disque ; il y a un album enregistré en direct qui vient avec ».

Pascale Bussières

… ses impressions

« C’est comme une fable sur la question de l’identité, sur la manière qu’on se transforme pour plaire à la vision des autres et sur nous-même. C’est un film qui aborde une question qu’on aborde rarement au cinéma. En tout cas, pas de cette façon-là.

Du fait que ça se passe dans le milieu de l’architecture, les gens partent d’idées folles et construisent des plans et des structures. Mon personnage (Myriam) échafaude des structures, des personnalités qui conviennent à sa vision du monde.

Le personnage d’Émile Proulx-Cloutier va se soumettre à cet exercice de transformation qu’elle va orchestrer. Inconsciemment, je ne pense pas qu’elle le fait de façon machiavélique. Elle le fait vraiment parce qu’elle ne supporte pas l’idée qu’elle a été abandonnée et quittée par un homme qu’elle avait construit.

C’est une femme qui par son influence, son goût et sa finesse va déteindre sur les hommes autour d’elle et elle ne supporte pas le vide. C’est sa façon d’exister, c’est sa façon de survivre ».

.. sur l’intensité de son rôle

« Il y a pas mal de scènes où qu’elle casse un peu en panique, c’est de balancer cette panique qu’elle va très vite camoufler comme si elle est en contrôle de la situation. Cette panique souterraine est toujours là. C’est de jouer cette espèce de double état en fait ».