Le choix s’est arrêté sur Patrick Masbourian qui a déjà piloté l’émission Gravel le matin durant la période estivale. Cette nouvelle émission sera diffusée du lundi au vendredi de 5 h 30 à 9 h, dès cet automne, sur les ondes d’ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE.

Comme on ne connait pas encore le titre et la liste complète des collaborateurs, Patrick Masbourian a avoué que son émission est encore en début de processus : « On est en train de réfléchir. En fait, le travail qui a été fait concrètement, cela a été des échanges faits avec la direction et la réalisatrice pour identifier les chantiers potentiels. On attendait de pouvoir annoncer la nouvelle pour constituer une équipe et de se mettre au travail concrètement sur ces chantiers-là ».

Qu’est-ce qui va avoir dans cette émission

L’objectif, c’est de renouveler la formule de l’émission. On ne veut pas changer seulement l’animateur, il y a un gars qui était là et il faisait bien le travail. Ce qu’on veut, c’est une nouvelle émission.

Est-ce que ça veut dire qu’on fait table rase de tout ce qu’il y a là

Non plus, c’est un mandat qui est quand même bien ancré dans les habitudes d’écoute des auditeurs d’ICI PREMIÈRE. On va continuer à offrir les services essentiels à ses auditeurs (météo, circulation, revue de presse, nouvelles et opinions importantes). On va, encore, parler de culture et de sports, mais j’aimerais renouveler la formule.

Comment est-ce qu’on pourrait changer la dynamique

En ajoutant peut-être quelqu’un d’autre qui viendrait rejoindre l’équipe de collaborateurs, celui-ci parlerait de santé et de société. Pour l’instant, c’est une étiquette large comme on n’a pas trouvé de nom encore et on ne sait pas ça sera qui non plus. Il y a définitivement quelque chose qui va nous permettre de travailler le lien de proximité avec l’auditeur.

Cette personne va nous parler de ce qui nous préoccupe au quotidien. Oui on est intéressé de savoir si c’était bon le dernier disque de Céline Dion et si les Canadiens vont faire les séries. Au-delà de ça, est-ce qu’on peut faire écho de nos préoccupations quotidiennes (santé financière, mentale, physique et de nos proches, ainsi que de l’éducation de nos enfants et de l’environnement) ?

Qu’est-ce qui est important pour toi afin d’y instaurer une nouvelle dynamique

Je veux travailler le ton. C’est-à-dire une émission qui informe avec rigueur (sans aucun compromis), mais avec un ton chaleureux ainsi que de l’émotion. Je veux qu’on puisse être en phase avec les auditeurs sur ce qu’ils vivent. Ils ne vivent pas juste les choses de manières rationnelles et intellectuelles puisqu’ils ont des émotions, des joies et des peines. Je veux les accompagner là-dedans.

L’autre chose qui est importante pour moi, c’est la diversité. Je m’appelle Masbourian, je suis d’origine arménienne. C’est un privilège et une fierté de savoir qu’un membre des communautés culturelles animera le matin. Je ne veux pas en faire un message ou un statement, mais il y a quand même une réalité qui m’appartient et qui est partagée par un paquet de monde à Montréal. Je veux qu’on soit le reflet de cette diversité culturelle montréalaise.

Qu’est-ce qui te réjouit dans cette nouvelle aventure

C’est d’hériter d’une chaise qui a une histoire, une tradition. C’est aussi de m’inscrire dans la continuité de ceux qui ont occupé cette chaise-là d’une manière importante et prestigieuse. Tous les animateurs, sans exception, ont contribué à l’essor de cette chaise-là.

De prendre les commandes d’une émission matinale, c’est un engagement à prendre qui te fera manquer le premier jour d’école de ton enfant de 5 ans…

C’est clair que ça me touche et ça touche aussi ma conjointe. Tous les deux, on a pleuré. C’est qu’on ne peut pas prendre cet engagement au détriment de sa famille, mais reste que c’est un engagement auprès de l’auditeur. Je pense que c’est quelque chose qui m’inspire, car ça fait 25 ans que je fais de l’animation. À un moment donné, c’est important de donner un sens à ce que je fais.

On fait ce métier-là parce qu’on aime ça, ça s’inscrit dans le service public, cela nous permet de rencontrer un paquet de monde, de combler notre curiosité, et qu’on gagne bien notre vie. Malgré tout, ce n’est pas suffisant. Cette chaise-là a ce petit quelque chose de plus qui permet de faire la différence chez la vie d’une personne à une toute petite échelle une fois par semaine. Au bout de 40 semaines, cette personne sera peut-être transformée, elle s’intéressera à quelque chose qu’elle ne connaissait pas ou elle aura une nouvelle façon de penser sur un enjeu de société.

Ma conjointe sait que c’est important pour moi et elle l’accepte, mais c’est une décision qu’on a prise ensemble. On va vivre avec les conséquences en espérant qu’elles seront heureuses.

Crédit photo : ©Michel Filion