Ce dimanche à 19 h 30, ne manquez pas Une chance qu’on s’a à TVA et Télé-Québec. Ce grand rendez-vous télévisuel d’une durée d’une heure 30 minutes rassemblera plus de 80 artistes, dont Céline Dion, Jean-Pierre Ferland, Ginette Reno, Les Trois Accords et Charlotte Cardin.

Mélissa Bédard assurera l’animation avec 5 autres acolytes (Marc Labrèche, Pier-Luc Funk, Marie-Soleil Dion, Marie-Claude Barrette et Gildor Roy). Elle a accepté de répondre à nos questions avant que les Québécois puissent voir ce gros spectacle.

Depuis le début de la pandémie, on voit de nombreuses initiatives par les artistes. L’émission Une chance qu’on s’a sera la troisième qui sera télédiffusée (au Québec) en quoi celles-ci diffèrent des autres?

On dirait qu’on va rallier toute la population. Je me sens comme lorsque j’étais jeune où je regardais par la fenêtre où tout le monde sera au même poste au même moment. Je pense que c’est de faire du bien. C’est de faire sentir aux gens qu’on n’oublie pas ce qui se passe, mais qu’on peut passer à autre chose, se fêter entre nous. Moi, je vois cela comme une St-Jean qu’on n’aura pas.

En quoi c’est différent, c’est que c’est fait sur un plateau télé, mais avec beaucoup moins d’effectifs, bien sûr, puisqu’on devait respecter la distanciation sociale du 2 mètres. Pour nous, il y avait une grosse différence. On ne pouvait pas se toucher. Quand on est chanteur, on aime beaucoup de rapprocher et être avec le public. En quoi c’est différent, c’est que nous nous sommes tous réunis en temps de crise pour nous fêter entre nous surtout pour les premiers répondants et le personnel de la santé. Je veux dire un gros merci à tout le monde qui travaille fort en ce moment. C’est vraiment un beau spectacle où l’on pourra voir toute la grandeur de la musique qu’on fait ici avec des artistes de tout genre qui ont accepté de le faire.

Est-ce que tu as eu la chance de voir quelques numéros?

Bien sûr, je suis restée presque toute la journée dimanche passé. C’est sûr que ce sera incroyable! Ça va donner l’impression que tout sera normal, mais les artistes le savent qu’ils ont été mesurés pour être à 2 mètres sur le plateau. Pensez-y lorsque vous l’écouterez, tout ce qu’il y a en arrière de la caméra a des masques, des gants et des suits. C’était très spécial de voir un plateau comme ça. Si on peut le faire, c’est en raison que ces gens-là ont respecté ce que le gouvernement a demandé. Ça été plus difficile à faire qu’on le pense!

Tu portes un nouveau chapeau, celui d’animatrice. Comment ça s’est passé?

Écoute, on me l’a proposé 5-6 jours avant. J’ai adoré ça! Pour vrai, je suis arrivée là et je pensais que ce serait très protocolaire et qu’on allait me dire quoi faire. Ils m’ont tellement laissé de liberté. Quand il y avait quelque chose qui ne marchait pas, Jean-Philippe Dion venait me le dire. Non, je me suis sentie vraiment libre. En plus, je pense que j’avais les meilleurs professeurs avec moi. J’avais Marie-Claude Barrette, Gildor Roy, Marc Labrèche et Marie-Soleil Dion. Sans oublier Pier-Luc Funk qui est un excellent improvisateur! Les gars sont très bons en improvisation et c’est super naturel. On a eu beaucoup de plaisir.  

Le projet s’appelle Une chance qu’on s’a. Qu’est-ce que ça te dit en ce moment de pandémie?

On doit plus compter les uns pour les autres. Je le vois beaucoup plus pour l’après la pandémie. Il y a des choses que l’on doit garder comme le fait que les gens doivent s’entraider et où nous sommes tous sur le même piédestal. Hier, je suis allée à l’épicerie et j’ai eu une discussion avec une personne avec qui je n’aurais pas eu d’affinités, mais puisqu’on attendait en ligne pendant 8 heures, on s’est ajoutées sur Facebook et on se rend compte que malgré nos différences que nous avons eues aux premiers regards, on n’est pas si différentes que ça. J’ai vraiment apprécié ça.

Les seules personnes avec lesquelles on peut se rallier ce sont les personnes que l’on croise. Ça n’a pas besoin d’être seulement notre famille ou nos amis. Ça peut être les gens que l’on croise. Une chance qu’on s’a me fait penser aussi à mon petit Jean-Pierre aussi. Jean-Pierre Ferland fêtera à la St-Jean son 85e anniversaire. Je suis choriste pour Jean-Pierre Ferland dans la vie de tous les jours et c’est l’une des chansons les plus connues du monde. C’est une chanson qui est l’une des plus rassembleuses à mon avis.

CRÉDIT PHOTO : TÉLÉ-QUÉBEC

 

On le sait que tu es une grande admiratrice de Céline Dion. Comment as-tu réagi lorsque tu as appris qu’elle participerait au projet?

Je n’ai pas été étonnée parce que c’est tellement une femme de cœur, une femme vraie. C’est tellement une personne qui n’oublie pas d’où elle vient. C’est d’ailleurs une valeur qu’elle m’a transmise (rires). Je pense que ça fait plaisir aux gens que même si on est à l’extérieur, les grands chanteurs du Québec n’oublient pas nécessairement ce qui se passe ici. De toute façon, elle aussi elle est enfermée avec ses 2 goldens retriever et ses 3 garçons. Elle peut partager avec nous sa réalité. C’est le fun pour le Québec de savoir qu’elle a une pensée pour nous autres.

Pourquoi avoir participé à ce projet-là?

Je dis oui à tous les projets. On n’est pas des médecins. On ne sauve pas des vies. La musique fait tellement du bien que j’accepte pour créer de beaux moments pour les gens.

Je vais préparer un autre projet avec Miranda Martin qui a fait La Voix. Nous autres, on va penser aux personnes qui sont décédées et aux familles qui attendent de pouvoir enterrer leur être cher et de trouver la paix avec tout cela.

Vous le faites pour amasser de l’argent. Peux-tu me parler des organismes?

Absolument, on travaille pour SOS Violence conjugale. Le nom le dit assez bien. En temps de crise, les hommes et les femmes ne penseront pas à aller chercher de l’aide. Ils penseront que tout est fermé, mais ce n’est pas vrai. Tout est ouvert, mais les organismes ont besoin de sous pour continuer à faire fonctionner l’organisme.

On va aider aussi l’organisme Les Petits Frères qui vient en aide aux personnes aînées, 1700 aînés en fait à travers la province. Ils trouvent une famille fictive pour pouvoir leur permettre d’avoir des visites et contrer l’isolement de ces personnes-là.

En tant qu’artiste, comment envisages-tu l’avenir de la culture à la suite de la pandémie?

Tout le monde sera capable de s’organiser lorsqu’on parle des plateaux et toutes ces affaires-là. Si je pense à la musique, je pense que c’est le temps de ne plus penser qu’à soi. Il faudra s’aider entre nous autres par exemple en faisant des collectifs. Une personne connue qui amène quelqu’un de moins connu pour qu’on puisse se relever plus rapidement. Avec la distanciation sociale, je ne sais pas s’il y a des salles qui vont vouloir ouvrir 50% de sa pleine capacité pour nous.

Comment se passe le confinement pour toi?

Pour nous autres, c’est beaucoup d’organisation. On a 6 enfants à deux. Nous en avons 3 une semaine sur deux. Mon chum est un travailleur essentiel à temps plein avec les enfants. C’est de trouver de nouvelles habitudes. On va marcher, on va faire des activités. Jeudi soir, on est allé à la pêche. On a pêché 9 truites. Il y a des activités qui peuvent se faire à deux mètres. Les enfants sont contents de passer du temps avec nous autres. L’école recommence lundi pour un des 6. Je suis dans l’organisation de tout cela. Sinon, ça se passe quand même bien pour vrai. Au début, je me suis sentie prise à la gorge, mais maintenant je me dis qu’on fait avec et ça ne sera plus difficile que dans le temps.