On apprenait il y a quelques jours que la présumée victime d’Éric Salvail a lancé une campagne de financement pour pouvoir poursuivre l’ancienne vedette de télévision au civil.

Sur la page de GoFoundMe, la personne dont les initiales sont D.D. a reçu son lot de commentaires négatifs et a dû se justifier par la suite en répondant aux questions.

D.D. a expliqué vouloir garder son anonymat en raison des répercussions sur lui et ses proches. Pour lui, c’est une question de sécurité. « L’anonymat vient de facto dans les cas d’agressions sexuelles. Aussi, nous n’avons pas toujours envie que tous nos collègues de travail, de sport et de loisirs, nos voisins, etc. sachent que nous sommes la victime. De devenir celle-ci ou celui-là ».

La victime présumée a également expliqué toute la démarche qu’elle a faite jusqu’à aujourd’hui. Elle répliquait aux personnes qui croient qu’il s’agit simplement d’une histoire d’argent.

« Je me suis tu depuis 14 mois attendant les résultats de l’enquête et de l’analyse du DPCP. La démarche au criminel consiste essentiellement à compenser les torts commis en transgressant les lois qui nous régissent. C’est pour cela que l’on dit “payer sa dette à la société”. L’aspect civil vise à compenser personnellement les gens pour les préjudices vécus. Deux aspects très différents. Je ne suis pas allé au civil en premier, car pour moi l’important était qu’il ne fasse plus de victimes, ici comme ailleurs. Je suis donc allé à la police. Cet aspect avancé et avec l’aide de psychologues, je veux maintenant pouvoir me réparer. Mais étant en choc post-trauma depuis octobre 2017 et suite à une bataille de Titans avec la CSST, je me suis retrouvé sur l’aide sociale au passage, je n’ai pas l’argent requis pour faire valoir mes droits au civil puisque la facture peut facilement dépasser les dizaines de milliers de dollars. Si vous saviez l’enfer que c’est que de vivre 25 ans avec les conséquences psychologiques et émotionnelles de tout ce que j’ai enduré sous sa férue pendant des mois…

J’aurais tellement aimé faire toutes ces démarches en 1993, il n’aurait pas fait tant de victimes. Je m’en sens souvent coupable. Mais voyez-vous, nous étions en pleine guerre du Sida, l’homosexualité était loin d’être aussi bien acceptée qu’aujourd’hui, j’aurais dû révéler mon orientation sexuelle, les agressions sexuelles envers les femmes à cette époque étaient encore pratiquement un tabou, imaginez deux hommes — je me serais probablement humilié devant les policiers de l’époque qui auraient ri de moi, et tous les problèmes que cela aurait créés à Radio-Canada m’auraient assurément fait perdre mon emploi à statut précaire à cette époque. Ensuite, on se dit que personne ne nous croira et on sombre lentement. Oh, comme je l’entends si souvent, j’aurais pu lui mettre mon poing à la figure, j’y ai pensé, mais c’est probablement moi qui aurais fini en prison. J’ai décidé de sortir de mon mutisme pour démontrer que ses actes n’étaient pas seulement des abus de pouvoir provoqués par sa notoriété, mais quelque chose de plus insidieux et s’étalant sur une beaucoup plus longue période ».

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Source : Showbizz.net