C’est hier soir au Monument-National que Les Denis Drolet ont présenté leur 4e spectacle en carrière intitulé En attendant le beau temps. Denis « le barbu colérique » (Sébastien Dubé) et Denis « les palettes » (Vincent Léonard) se sont présentés sur scène avec un spectacle se voulant distrayant dans le but d’oublier la sombre réalité de notre société… En attendant que le beau temps revienne, les deux acolytes nous ont proposé un spectacle qui a su plaire aux fervents admirateurs du duo et peut-être un peu moins aux autres…

Sur la drogue

Je me suis toujours demandé comment je me sentirais si je prenais de la drogue… N’ayant jamais essayé, je crois que le spectacle d’hier soir doit se rapprocher étroitement du sentiment que cela pourrait me procurer ! En effet, ma première pensée en sortant du théâtre est plutôt simple : « Je me sens “stone” ! » Plamondon pourrait facilement comprendre mon état d’esprit, et je crois le partager avec plusieurs personnes présentes hier soir au Monument-National.

En ouverture, les Denis Drolet lancent le ton du spectacle en remerciant leurs techniciens ainsi : « On remercie la trisomique aux éclairages ! Muffin, au son ! Au marketing, King Kong ! Au buffet dans la loge, Rocco Magnotta ! Ça tombe bien, j’ai toujours aimé ça le chinois ! », ce qui ne manque pas de plonger les spectateurs dans leur univers trash et décadent.

Perdre le fil

Le spectacle, d’une durée d’une heure et demie sans entracte, se découpe en centaines de gags et de blagues n’ayant aucun lien ensemble, ce qui semble être voulu étant donné les 18 années d’expérience du groupe. Néanmoins, il devient rapidement difficile de perdre le fil et de sombrer dans un état surréaliste d’une perplexité continue. En d’autres mots, le manque de linéarité du spectacle rend l’abandon et la compréhension plus difficile et cela peut décevoir certaines personnes.

Aussi, les blagues semblent manquer d’appui et s’enchaînent tellement rapidement qu’on ne peut prendre le temps de savourer chaque instant. L’un des moments les plus absurdes de la soirée a été lorsque Denis les palettes s’est mis à baisser ses pantalons pour aucune raison sur scène. Je pense aussi au moment où il rote de la pizza, la séance chez le psy, Denis qui se dédouble sans fin, etc. Attention, non seulement certains sketchs sont de mauvais goût, mais les lignes sont bien violentes, par exemple : « Ta yeule ! M’a te percer comme un érable ! »

Chantons tous en chœur !

Malgré mes réserves, force est d’admettre que les chansons présentent dans le spectacle m’ont fait bien rire… Avec une musicalité accrocheuse et des paroles déjantées, Les Denis Drolet se sont bien gâtés pendant la soirée, présentant un spectacle très musical contrairement aux précédents.

« En attendant le beau temps », « La douche » et « Je t’aimerai toujours » font partie des chansons qui nous ont été offertes hier soir. Inutile de préciser qu’avec les paroles crues qu’on entend il n’y a aucune chance que l’une d’elles puisse passer sur les ondes radiophoniques !

Finalement, le dernier spectacle des Denis Drolet est réussi pour le genre, le fan-club des deux grands bruns sera ravi d’assister à cette folie, et les nouveaux initiés pourront se faire leur idée en peu de temps. Si ces deux grands fous sont encore dans le paysage québécois depuis toutes ces années, c’est qu’ils sont assurément à leur place, dans leur monde et leur genre !

En attendant le beau temps part en tournée au Québec, toutes les dates figurent sur leur site web officiel.