Du 11 mars au 1er avril, vous pourrez écouter autant de fois que vous le voulez le concert virtuel Stradivarius BaROCK Symphonique dans le confort de votre salon. Ce spectacle présenté par Alexandre Da Costa, directeur artistique et chef attitré de l’Orchestre Symphonique de Longueuil, a été enregistré au Théâtre Plaza en février.

Stradivarius BaROCK, l’album

En lançant le disque Stradivarius BaROCK en 2019, Alexandre Da Costa souhaitait faire tomber toutes les barrières et décloisonner la musique classique. Il s’était approprié le répertoire de plusieurs légendes ayant vécu durant les années 1600-1700 (Vivaldi, Caccini, Bach).

« On fait voyager leurs chansons dans le temps. On les joue comme si c’était du gros rock’n’roll, du hard rock et même du heavy. On montre ce que ça aurait pu être si ces cerveaux-là avaient vécu en 2021 parce que leur créativité aurait suivi le flow de la technologie et des courants actuels. »

« C’est aussi une manière de montrer que la musique classique n’est pas statique. On peut faire ce qu’on veut avec la musique classique. D’ailleurs, elle est la base de tout. Par exemple, le pop ne tournerait pas à la radio. Toutes les chansons que les gens “composent de nos jours” sont des extraits des grandes symphonies qui se sont adaptés à ce que notre oreille d’aujourd’hui désire écouter. »

Stradivarius BaROCK, le spectacle

À l’époque de la parution de l’album, l’artiste s’était produit à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Deux ans plus tard, le concert Stradivarius BaROCK renaît. Celui-ci est maintenant prêt à rayonner partout dans le monde grâce à la magie du numérique. « On a amené le show encore plus loin. On a rajouté énormément de matière harmonique. Au lieu de rester tranquille dans nos arrangements, on a poussé davantage dans le jazz et dans le hard rock », affirme-t-il.

Parmi les invités à avoir foulé la scène pour la captation virtuelle, Bruno Pelletier a prêté sa voix au célèbre Ave Maria de Caccini. « Bien que Bruno interprète une chanson plus classique que bien des choses qu’il nous propose, c’est sa voix, c’est lui, c’est sa personne et c’est son humanité. Quand on a chanté en répétition, ça n’a pris que cinq minutes de préparation », souligne le violoniste qui nous a révélé que son bon ami fera partie des prochaines saisons de l’Orchestre Symphonique de Longueuil.

Voici un aperçu de ce que ça pourrait être lors du concert virtuel

La Bronze est aussi de la partie pour chanter sa propre interprétation d’une chanson dont elle a écrit les paroles — soit La Passion selon Saint-Matthieu de Jean-Sébastien Bach. « Le texte parle d’un extraterrestre qui rencontre un soldat. Ils tombent amoureux et ils repartent dans l’univers ensemble », en ajoutant que la beauté du poème le touche.

La critique et l’opinion publique

« Ce n’est pas un concept puriste, il fera friser certaines oreilles classiques conservatrices, mais c’est ça le but aussi. On veut déranger, c’est une rébellion. C’est clair, c’est affiché, le pont est brûlé. On y va », déclare-t-il.  

En plus du spectacle Stradivarius BaROCK Symphonique, Alexandre offrira une représentation virtuelle du Stradivarius à Vienne qui sera disponible à compter du 1er avril prochain. Dans le milieu classique, il y a beaucoup de conservation. Alexandre n’a, toutefois, pas froid aux yeux et il s’est ouvert au monde par la voie du numérique.

« J’ai décidé que ces règles ne s’appliquaient pas à moi. Je souhaitais me concentrer sur ce que j’avais envie de faire. Je ne voulais pas focaliser sur ce que les gens diraient. Le but est de faire voyager le show et de montrer à la planète entière ce qu’on peut faire au Québec. On est un incubateur de création. On produit des choses de haut niveau comme les grands films hollywoodiens. On a des experts en éclairage, en son et en habillement des lieux. Tout ça, c’est notre créativité. Mon spectacle donne une occasion de plus d’exporter notre talent à l’international. » Par ailleurs, il a porté une création de Denis Gagnon, soit un habit à queue à paillettes lors de l’enregistrement du Stradivarius BaROCK Symphonique.

Un dernier argument?

« Nos spectacles ne se trouvent pas à être des spectacles de musique classique, ce sont des spectacles de musique. Dans la musique, il y a seulement deux catégories : la bonne et la mauvaise. Je suis convaincu que les deux shows font partie de la catégorie de la bonne musique. En plus, on a plusieurs clins d’œil à des choses qu’ils connaitront et aimeront. Quand on joue Hard Summer de Vivaldi, les gens reconnaissent la chanson à la base. Comme on la présente avec des sonorités métal, on suscite automatiquement des réactions chez le public », conclut-il.