Provenant d’un background chrétien évangélique, Syelle a laissé son ancienne vie derrière elle du jour au lendemain. Prête à éclore en tant qu’autrice-compositrice-interprète et comme femme, elle a présenté récemment Plus là, son tout premier extrait de sa carrière solo. 

Après avoir dévoué son adolescence et le début de sa vie d’adulte à la foi chrétienne, Alexe B. Leduc (de son vrai nom) s’est mariée à l’âge de 19 ans avec un pasteur de Sherbrooke. En intégrant des groupes évangéliques, elle a quand même eu l’occasion de faire beaucoup de scènes. « Étant donné que la musique chrétienne a évolué au cours des années, on jouait de la musique pop et non des chants liturgiques comme on peut se faire à l’idée », souligne-t-elle d’entrée de jeu.

Tout d’un coup, elle a décidé de foutre sa vie en l’air. « J’ai tout lâché, j’ai quitté mon mari et j’ai dit adieu à ma vie. Beaucoup de gens m’ont renié parce que mes choix ne leur convenaient pas. »

Après avoir fait assez de guérison émotionnelle, l’autrice-compositrice-interprète a lancé sa propre carrière musicale sous le pseudonyme Syelle. « Comme je désirais recommencer à zéro au niveau de mon identité artistique, je ressentais le besoin de me trouver un nouveau nom pour mon projet. De plus, je ne voulais plus garder de lien avec mon ancienne vie en tant que femme de pasteur. »

Fascinée par le ciel et tout particulièrement par les couchers de soleil, la chanteuse a souhaité créer son ciel, tout en féminisant le mot au passage. « Avant, je le regardais pour trouver l’espoir, la paix et des réponses à mes questions; maintenant, je suis mon propre ciel », déclare-t-elle.

La reconstruction d’elle-même

Après avoir effectué une remise en question ainsi qu’une réflexion sur ce qu’elle voulait en tant que femme, elle s’est rendu compte qu’elle se mettait beaucoup de limites morales dans son ancienne vie. « Je me suis redécouverte et j’ai accepté le fait que je suis une fille extravertie. À la fin de mon mariage, j’étais tellement rendue dans les bas-fonds. Par exemple, j’étais devenue introvertie. »

En plus d’avoir peur de rencontrer de nouvelles personnes, la chanteuse se retrouvait souvent dans sa bulle. « Ce n’est pas moi du tout, je devais reconstruire ce goût d’aller voir les gens. Je ne devais pas avoir crainte de montrer ce dont j’avais envie. Syelle est comme ça, elle a le désir de faire ce qu’elle a à faire. Elle ne souhaite pas se restreindre à des façons de faire. Elle ne voulait pas plaire aux attentes particulières des autres », confie-t-elle en ajoutant qu’elle n’arrivait pas à écrire avant sa rupture, causée par des blocages émotionnels.

Ses plans confinés

Commencer sa carrière en tant qu’autrice-compositrice-interprète n’était pas son plan initial, toutefois. Elle ne se sentait pas prête à y parvenir pour l’instant, elle préférait se préparer autrement. « Je souhaitais prendre de l’expérience de scène, connecter avec les gens et dénicher de bons musiciens. »

Bien des choses ont changé depuis…Avant de savoir que la COVID-19 s’inviterait dans le portrait mondial, Syelle avait planifié de s’envoler pour la Côte d’Azur afin de présenter spectacle après spectacle. « Enregistrer et sortir de la musique se trouvent à être les seuls trucs à faire en ce moment. Je me suis, donc, orientée vers la composition. »

La naissance de Plus là

Après avoir composé la mélodie du refrain de son premier extrait en 2018, elle a finalement trouvé les mots pour marier la chanson au cours des derniers mois. « Quand je dis [je te sens partout sur moi], je m’étais inspirée de l’odeur d’une personne avec qui je venais de vivre une idylle amoureuse », s’exclame-t-elle librement.

« Quand tu es avec quelqu’un qui sent vraiment une odeur que tu aimes, tu le sens partout lorsqu’il n’est plus là. À travers mon écriture, je me demandais pourquoi l’être aimé ou désiré n’était plus à mes côtés. En fait, je vivais l’espèce de combat de vouloir être avec lui et celui de me détacher de sa présence », affirme-t-elle.

En misant sur les sens, l’autrice a, donc, transposé une image sensuelle dans son visuel de son premier extrait Plus là. « Ça fitte parfaitement avec le sujet traité. C’est cohérent avec le message. » Pour l’instant, elle ne sait pas si Syelle conservera cette image de marque. Dans une certaine mesure, elle croit que oui. « Ça reste dans mon essence en tant qu’artiste de vouloir brosser le portrait d’une femme émancipée. »

À défaut de présenter un vidéoclip pour cette pièce, elle pense quand même offrir quelque chose d’original à ses fans. Elle souhaite qu’ils puissent en apprendre davantage sur elle en tant qu’artiste. « On a développé une nouvelle idée, soit un hybride entre un vidéoclip et un autre projet qui s’en viendra. »  

Une fille d’émotion

Dès qu’elle vit de grandes émotions, Alexe commence à écrire. « Souvent, ça m’inspire après », dit-elle. Ses textes sont, donc, très proches de ses sentiments ainsi que l’amour (le classique, quoi !).

Ce que Syelle souhaiterait dans un avenir rapproché, c’est de sortir un premier EP. Pour y parvenir, elle compte collaborer avec des auteurs-compositeurs. « Je suis à la recherche de personnes qui voudrait co-écrire avec moi. Je n’ai pas nécessairement envie de pondre mes textes toute seule. J’ai bien adoré ma première expérience, mais je désire intégrer plus de teamwork là-dedans », conclut-elle.