La semaine dernière, Tilda a dévoilé un nouveau titre Où le vent nous mène disponible dès maintenant sur toutes les plateformes d’écoute et de téléchargement. Voici une petite entrevue réalisée avec cette charmante chanteuse d’origine française qui nous fait vivre, à travers sa musique, des émotions à l’état pur avec sa voix douce et son timbre de voix réconfortant.

Tilda propose une musique pop-électro, principalement en français. « Le seul élément en anglais, ce sont certains chœurs dans mes refrains puisque je suis inspirée de la musique soul et des harmonies vocales des chansons anglophones », explique l’auteure-compositrice-interprète. « J’ai lancé le projet en 2015 avec la création des premières chansons. Mon EP Nuits blanches est sorti en février dernier et il y a deux personnes d’ici qui en ont fait les arrangements : Gabriel Ethier et Seb Ruban. Tout récemment, j’ai sorti un nouveau titre Où le vent nous mène avec le rappeur Flip. Cette fois, c’est le Parisien Arnaud Mathé qui a travaillé sur la réalisation. »

Où le vent nous mène est une chanson qu’on peut qualifier « d’hymne aux âmes perdues », est-ce que tu voudrais nous en expliquer davantage ?

En fait, surtout pendant notre jeunesse qui a l’air de passer si vite, on se perd tous à un moment ou un autre de notre vie, que ce soit une perte agréable dans la fête, ou une perte plus profonde qui remet en question notre parcours et nos certitudes. On connaît donc, chacun à sa façon, un moment où l’on va un peu lâcher prise, où on va beaucoup sortir et se laisser porter par la vie. On s’amuse et on essaie de se détacher de ces questionnements qui touchent à notre avenir, pour avoir du plaisir. Cette chanson, c’est l’idée de se dire : « adviendra que pourra » et de voir où le vent va nous mener… en faisant confiance à la vie.

On sent une certaine distinction dans ta voix sur Où le vent nous mène comparativement à tes précédents extraits. On peut percevoir une étincelle d’amour et un sentiment de légèreté dans ta voix, est-ce une nouvelle tendance pour tes prochains extraits à suivre ?

Très certainement ! C’est sûr que j’aime beaucoup chanter assez doux et j’aime aller chercher des registres plutôt brillants. Aussi, j’essaie beaucoup de choses avec ma voix et j’aime beaucoup expérimenter. Ça se pourrait très bien que, dans mes nouvelles chansons, j’aille chercher une façon de chanter un peu plus puissante. Pour la thématique de « Où le vent nous mène », la légèreté me semblait appropriée. D’ailleurs, ce sera certainement ma marque de fabrique, parce que c’est vrai que les gens me disent souvent que j’ai une voix douce quand je chante. Je ne pense pas que l’étincelle assez légère et très timbrée changera du jour au lendemain.

Est-ce que tu sors d’un spectacle de musique inspirée et prête à écrire ou composer de la musique ?

Beaucoup ! Il y a souvent quelque chose d’unique dans un concert. Par exemple, on y ressent une certaine émotion et une certaine énergie qui ne reviendront pas deux fois, et ça m’inspire. De voir à quel point l’artiste que je viens de voir est allé toucher directement et sincèrement son public, ça me stimule « créativement » et ça me donne envie d’essayer certaines choses en ce qui concerne les thématiques de mes chansons et la façon de faire passer un message. Un spectacle musical ou un concert peut donc être un déclic de création.

Est-ce que tu es déjà sortie d’un spectacle en te disant : « C’est ça que je veux faire » ?

Oui ! Il y a une fois qui m’a particulièrement touchée, parce que j’avais déjà en tête un prochain album ayant pour titre La loi de la jungle. Lors du spectacle de Geoffroy au Festival International de Jazz de Montréal en 2018, il y avait un concept scénographique de jungle avec des palmiers, par exemple. J’avais trouvé le décor vraiment magnifique. Je me suis dit : « Un jour à ma façon, je vais faire ma propre jungle sur scène. » J’avais aussi trouvé l’énergie de ses musiciens très belle ce soir-là, je contemplais la synergie entre eux et leur bonheur de jouer ensemble : ça aussi, c’est ce que je veux réaliser un jour avec mon projet et mon équipe.

En tant que représentante d’un média, est-ce que c’est quelque chose qui te rend la tâche plus facile dans ta carrière solo ?

C’est à double tranchant. C’est-à-dire que tu comprends beaucoup les enjeux et les ficelles de la promotion d’un artiste musical, comme tu reçois des communiqués de presse à longueur de journée. Donc, tu as une idée de ce qui est efficace et de ce qui est pertinent. Cependant, tu ne peux pas vraiment te servir de tes contacts de façon éthique. Tu ne peux pas aller cogner à la porte d’un collègue d’un autre média que tu aimes bien et lui dire « s’il te plaît, fais-moi de la promotion », ça ne se fait pas. Quand les gens te connaissent, ils se disent : « Est-ce que si je lui fais de la promotion, c’est vraiment éthique de ma part, ou non ? ». Ça peut même fermer des portes !

Selon toi, qu’est-ce qui te distingue des autres artistes ?

Premièrement, je suis un produit multiculturel. Il y aurait beaucoup de gens ici qui me trouveraient encore très Française, même si je suis beaucoup influencée par les artistes du Québec. J’aime énormément ce qui se fait dans beaucoup de genres musicaux. J’aime les artistes pop et certains plus électros, ainsi que le hip-hop québécois. J’ai été vraiment nourrie par plusieurs influences, et le fait d’être une immigrante et de comprendre les enjeux derrière m’ont donné matière à raconter. Comme ma vie a été très instable, j’ai de nombreuses histoires à partager. Ça m’a ouvert des pistes de créativité que je n’aurais pas eues et qui font de moi Tilda, et pas une autre.

Est-ce que tu crois que ça serait plus facile de percer dans ton pays natal (en France) comparativement au Québec ?  

En France, on est très nombreux. Il faut cogner à trois fois plus de portes pour que quelqu’un daigne même te laisser une chance. Tandis qu’au Québec, on te laisse plus de chances de montrer ce que tu as dans le ventre ! Là où ça m’aurait aidée si j’étais restée en France, c’est qu’en ce moment, mon genre musical est vraiment au top du top de la mode de l’autre côté de l’Atlantique. Au Québec, j’ai l’impression qu’il y a des artistes qui commencent à se démarquer et à se faire entendre en pop-électro, mais on est encore dans une tendance plus rock et folk. Il y a du travail à faire pour que mon style musical se popularise ici, afin que j’aie plus de chances avec mon projet.

Quels sont tes projets à venir ?

Courant 2020, je vais sortir un nouveau single qui s’appellera Toutes les oasis et qui sera extrait de mon prochain album La loi de la jungle. Je compte aussi tourner une série de live sessions dans un décor tropical, en plus de tenter ma chance à des concours musicaux et de recommencer à faire des concerts. Pourquoi pas un spectacle au Saguenay, d’ailleurs, dans le coin où est originaire mon amoureux ?