Cinq ans après la sortie de son dernier album, William Deslauriers nous revient en force avec un nouvel extrait radio Park tes pantoufles. Plus mature et très assumé, le musicien qui chante, comme il aime s’appeler, travaille en collaboration avec David Jalbert sur son nouvel album qui devrait sortir au printemps prochain.

« C’est un trip musical, euphorique, métaphorique aussi. J’aime jouer avec les mots ainsi que les images et écrire de façon imagée pour arriver à un refrain qui est clair pour tout le monde. Je trouve ça intéressant, à 30 ans, de donner ça aux gens qui m’ont écouté, qui m’écoutent encore ou qui ne me connaissent pas encore. Cet album, c’est Will à 100 %, c’est plus d’amour que de justesse, même que parfois on fait une erreur et on la laisse là parce qu’elle est mélodique. On est juste trois musiciens, alors on donne le meilleur de nous-mêmes. Ce n’est pas fini encore et j’ai tellement hâte de vous faire entendre la deuxième chanson parce qu’elle est encore meilleure et la troisième aussi », mentionne William Deslauriers.

Le premier extrait, Park tes pantoufles, reflète les dernières années pendant lesquelles l’artiste s’est fait plus discret en raison d’une séparation difficile avec la mère de son fils Auguste, avec qui il était en couple depuis une quinzaine d’années.

« Cette chanson est née il y a quelques années, c’est un riff de guitare qu’on entend au départ, ça m’est venu il y a un bout, même quand j’étais avec mon ancienne copine. J’avais commencé le texte et c’est une chanson qui portait comme une tristesse. Ensuite, j’ai vécu ce que j’avais à vivre. Un moment donné, il y a eu un nuage, puis le soleil est revenu et j’ai réussi à finir la chanson dernièrement, il y a peut-être un mois et demi. En parallèle, David Jalbert, qui est mon producteur, mais aussi mon ami de longue date, l’a entendu et il était comme man, ça n’a pas d’allure ! Là, on a commencé à travailler ensemble et est né Park tes pantoufles qui est un texte à moi, mais que j’ai faites en collaboration avec David parce qu’on réalise en même temps. C’est une chanson qui est remplie d’amour, une chanson qui nous fait se rendre compte que dans la vie, on ne met pas toujours notre bonne arme sur la bonne mire. C’est une prise de conscience remplie d’amour, beaucoup plus que de tristesse », explique l’artiste.

On peut également remarquer une certaine maturité dans la voix, mais aussi dans le style musical de William Deslauriers dans ce nouveau morceau.

« D’abord, je vais le prendre comme un compliment ! Mais si je dois répondre à cette question, eh bien, oui, les gens grandissent et Will grandit aussi, il mûrit. Tout ce que je faisais avant, ça marchait bien et un moment donné, quand je dis, dans la chanson, que j’ai construit un château sur un solage effrité, que je l’ai gagné à l’épée, c’est le fait que je me suis reconstruit après ma séparation et la dépression. Les nuages que j’ai eus m’ont emmené à grandir, à être un meilleur homme, un meilleur père, un meilleur humain, un meilleur ami. Je trouve que cette maturité est dans ma vie, autant que dans ma voix et, parce que je ne suis pas un chanteur, mais un musicien qui chante, ça transparait aussi dans ma musique. Ce qui est cool aussi, c’est qu’on entend beaucoup la guitare acoustique, c’est moi qui la fais, je suis un guitariste, et on met l’emphase sur ça, ce qui me rend très fier », ajoute-t-il.

Il assure d’ailleurs qu’il a toujours travaillé très fort pour réussir dans le monde de la musique, même au tout début, après son aventure à Star Académie et lors du succès de ses premières chansons.

« J’ai toujours travaillé sur la musique et pour repousser des limites que parfois, peu de gens voyaient. Je me suis trompé parfois, j’ai aussi eu de belles réussites. La musique est un chemin laborieux pour tout le monde, ce sont des montagnes russes assurément, mais je pense qu’il faut toujours garder le menton haut et avancer. Je ne me battrai jamais contre la musique, dans le sens que je joue depuis que j’ai cinq ans, j’en fais professionnellement depuis dix ou onze ans, mais si un jour ma musique ne fonctionne plus, si elle touche moins de gens, j’ai dix doigts, un cerveau et un cœur, alors je ferai autre chose. Le travail que j’apporte à la musique est celui que je fais avec tout mon cœur et avec la plus grande des sincérités », dit-il.

Crédit photo : Manon Dufour

William a toujours été et est toujours un amoureux de la musique et il était très tentant de savoir pourquoi il a attendu aussi longtemps avant de revenir avec un nouvel album.

« Pendant cinq ans, j’ai fait des spectacles, mais je ne raconte pas nécessairement ce que je fais sur les réseaux sociaux. Et c’est correct de même parce que ça faisait presque 15 ans que j’étais avec la mère de mon fils, on venait de s’acheter une maison et elle est partie. Ça a engrangé beaucoup d’affaires dans ma vie. J’ai dû comprendre des choses sur moi-même, que je travaille sur moi, tout en étant séparé et en ayant un enfant. J’ai été reclus pour me reconstruire parce que depuis sept, huit ou neuf ans, je n’avais pas pris le temps de le faire. Ça m’a permis de me redécouvrir, de savoir qui je suis et d’offrir le meilleur que je puisse offrir aux gens », confie-t-il.

Une collaboration à l’image d’un poisson dans l’eau!

William Deslauriers collabore avec le chanteur, musicien et producteur David Jalbert pour la production de son prochain album qui devrait sortir au printemps 2021. Outre le fait que les deux artistes soient des amis de longue date, le fait qu’ils travaillent maintenant ensemble prend tout son sens pour l’un comme pour l’autre.

« J’ai une grande gueule, David a une très grande gueule, mais il est aussi un fichu de bon gars et moi aussi. Il est un gars de famille qui met plus d’amour que de justesse et ça, c’est ma devise personnelle que je me suis inventée un jour. On a des souvenirs ensemble, je me souviens à mon premier disque, il m’a écrit. J’étais déjà un fan de Dave, mais on ne se connaissait pas personnellement. Il voulait venir à mon lancement et c’est là que notre amitié a commencé. Il a vécu son lot de problèmes, j’ai vécu les miens, mais nous sommes toujours restés solidaires. Nous vivons dans un monde de requins, il ne faut pas se le cacher, mais nous sommes toujours demeurés fidèles l’un envers l’autre. Dave, est non seulement le producteur de mon disque, mais il est un peu aussi un producteur de ma vie, si je peux me permettre d’être mélancolique artiste à deux cennes », lance-t-il à la blague.

Les deux hommes, en plus d’avoir une éthique de travail similaire, sont complémentaires, ce qui fait d’eux un match parfait. « Dave est plus assidu dans le travail, il fait beaucoup de paperasse, mais on brille à plein de places différentes et on se complète quand on est ensemble même si on se ressemble en même temps », affirme-t-il.

David Jalbert

Même son de cloche du côté du producteur

« C’est le fun travailler avec William parce que c’est un gars d’une reconnaissance hors du commun. Chaque fois que tu lui donnes une chose, c’est comme si tu venais de lui décrocher la lune et c’est super gratifiant. Travailler ensemble, c’est comme un poisson dans l’eau. Ça a toujours été simple et je lui avais dit les règles claires dès le début pour que j’embarque dans le projet. Il avait la règle de m’écouter beaucoup. On est partners, mais j’avais ma vision de lui, qu’il fallait redorer une certaine image qu’il avait perdue, et il devait être d’accord avec ça. À partir de là, tout s’est fait très naturellement », souligne David Jalbert.

Redorer l’image de William, vraiment ? Selon lui, le jeune trentenaire avait un peu perdu la main avec son public et c’est une des raisons qui l’a incité à produire son album.

« William sortait d’une période très difficile financièrement et émotionnellement, il ne pouvait pas se produire lui-même à ce moment-là, alors j’ai décidé de le faire. Je savais dans lequel labyrinthe il venait de passer et j’avais l’impression d’être la bonne personne pour le sortir de là. Par ailleurs, on avait un peu perdu le contact que William avait avec les gens. Le petit chanteur du peuple qui vient de Star Académie, Moisi moé’ssi entre autres, c’est très proche du bord de feu pour les gens et William avait un peu perdu ce niveau de langage. Il parlait très ésotérique, plus dans l’univers, mais moins touchant. Comme j’ai vécu une période similaire à mon album quatre ou cinq et que des fois, ce n’est pas grand-chose qui nous divise entre un succès et un raté, c’est à cela que j’ai essayé de le ramener. Les couplets étaient écrits et souvent j’ai épaulé ses refrains pour ramener le côté people », affirme-t-il.

L’album n’est pas encore terminé, mais il semblerait que les deux artistes prennent plaisir à travailler ensemble et que plusieurs anecdotes découlent de leur collaboration.

 « Sur la chanson Park tes pantoufles, on a fait un genre de bass drum avec une caisse en plastique et on a mis le micro dedans. Le drummer a cogné dessus et ça a fait vraiment un bass drum artisanal qu’on a mis dans la chanson. Et ce qui est drôle, c’est que je ne l’avais pas dit à William, mais je l’ai volé après ça et je l’ai mis dans une de mes tounes sur mon prochain album. Je lui ai avoué dernièrement et on a trouvé ça très comique », raconte David Jalbert.

Comme l’album de William Deslauriers est en cours de production, il n’a pas encore de titre officiel, mais bien que ce dernier n’ait rien voulu dire à ce sujet, il semblerait qu’une idée soit sortie du lot si on en croit le producteur.

« On a parlé de Delirium comme titre pour l’album. William semble avoir ça en tête et je trouve ça intéressant. Comme il a été assez éclaté ces dernières années avec sa séparation et son bébé en bas âge, en plus des autres difficultés qu’il a connues, entre autres son hospitalisation, il a vécu des choses difficiles, donc je trouve que ce nom va très bien », avoue-t-il.

En terminant, David Jalbert ne se cache pas d’être un fan de son nouveau protégé et il assure que ce dernier n’a pas fini de nous surprendre avec ce qui s’en vient.

« William, à mon avis, c’est l’artiste le plus musicien qu’on a au Québec. Il est de la trempe des Patrick Norman et Michel Rivard. C’est un des seuls artistes, selon moi, qui serait capable de nous faire un show sans chanter, juste avec sa guitare et que les gens baveraient sur leurs cuisses en disant qu’il est donc bon. Il est un super musicien, créatif, c’est un gars d’une bonté inimaginable, généreux et réconfortant. Park tes pantoufles, c’est un bon teaser pour quelque chose de vraiment mieux, car ce n’est pas encore l’apogée du produit final. La plus belle chaise qu’il peut avoir, William, c’est dans un mode folk qui lui va super bien et qui va lui permettre de se détacher de l’image de la petite face cute qu’il avait en début de carrière et de s’affirmer comme musicien », conclut-il.