Le spectacle a commencé de façon intéressante en présentant des « commanditaires » au moyen de trois écrans de télévision installés sur la scène. En quelques clins  d’œil, nous avions un aperçu du type d’humour que Daniel Lemire nous réservait pour la soirée qui a eu lieu à la salle Pierre-Mercure.

Ainsi, pour le Parti libéral « Un chum st’un chum », le Parti québécois « Vive le Québec libre … de syndicat » et Québec solidaire avec « L’indépendance, d’accord, mais sauvons les licornes d’abord ». Sous la rubrique « Séparés à la naissance », nous avons eu droit à plusieurs jumelages tels que Gaétan Barrette et Jabba the Hutt ou Harper et Bonhomme Lego. Bref, la soirée s’annonçait excellente. Les numéros de stand-up ont manqué un peu de punch, malgré la finesse des jeux de mots. Au cours de ces numéros, il parlait de son séjour au Mexique, plongeait dans l’actualité politique, traitait de tous les grands problèmes de Montréal et a même fait une courte allusion aux déboires de Joël Legendre, ce qui a plus ou moins plu à la salle.

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L’humoriste nous a bien fait rire avec son personnage de Bartolomé Colomb, le frère de Christophe, qui doit expliquer au roi d’Espagne les nombreuses mésaventures du voyage dont il ne rapporte pas grand-chose… à part plusieurs factures. Son numéro sur la confession d’un mafioso par le Vatican a été bien apprécié et lui permettait de sortir des créneaux traditionnels qui sont surexploités par l’ensemble des humoristes. Le numéro qui porte sur la résidence pour personnes âgées, où un ancien Hells Angels prend beaucoup de place dans l’organisation des loisirs, était aussi bien monté et très aimé. Yvon Travaillé, chef du parti Gros Bon Sens, nous a fait sourire mais sans plus.

Ronnie − toujours aussi perdu avec un cerveau dans les brumes de produits illicites − tente d’obtenir du « pot thérapeutique » dans une pharmacie pour sa trousse de « premiers joints ». Ce numéro était réussi, car le personnage de Ronnie est bien connu et très apprécié du public. Oncle Georges, qui se recycle en devenant coach de vie, comporte quelques bonnes blagues, mais d’autres laissaient à désirer. En rappel, Daniel Lemire a présenté un numéro sur le viagra qui nous faisait découvrir une fois de plus la finesse de son humour.

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Daniel est un pince-sans-rire qui plaît à beaucoup de monde. Mais dans l’univers humoristique très riche qu’est le Québec, il est indispensable de très bien performer. Car la compétition est très forte et on risque de se faire « zapper » rapidement. Daniel Lemire incarne très bien ses personnages, ce qui lui permet d’aller plus loin dans son humour que de seulement commenter l’actualité. Sans aucun doute, l’humoriste saura rajuster son spectacle rapidement pour l’amener au niveau que nous lui connaissons.

Sur ce, comme dirait Oncle Georges, tourlou.