C’est un Fabien Cloutier en pleine maîtrise de son art qui nous donnait rendez-vous mardi soir dans un Théâtre Outremont affichant complet pour la première montréalaise de son spectacle.

Avec sa verve habituelle, le comédien devenu humoriste pour « pouvoir monter le chauffage en haut de 14 degrés » dénonce l’inaction et le besoin de se valider. C’est d’ailleurs pour cette raison que le spectacle se nomme « Assume ».

Selon la description parue sur fabiencloutier.com, « C’est assurément drôle mais c’est avant tout une charge contre la bêtise et un nécessaire brassage collectif auquel cette soirée nous convie. » C’est effectivement ce qui est présenté au spectateur, tant dans le fond que dans la forme du spectacle.

Les fans de l’artiste y reconnaîtront en effet sa signature. Bien qu’il soit passé du théâtre au stand-up, son franc-parler coloré et imagé caractéristique est toujours présent. De plus, comme pour « Cranbourne » et « Scotstown » (ses deux premières pièces), le procédé humoristique du retour en arrière est largement utilisé.

Personne n’est épargné par son humour corrosif, tant le participant aux téléréalités de métamorphose, que la femme cherchant des conseils sur des forums de nouvelles mamans, ou le collectionneur d’attaches à pains. Ces personnages largement caricaturaux viennent appuyer son propos, au plus grand amusement du public. Par exemple, c’est ainsi qu’on se surprend à rire des malheurs en série de Jacquelin, un pauvre bougre renié par ses deux parents, à qui rien ne réussit.

Avec doigté, Fabien Cloutier nous prouve qu’avec le bon angle, on peut rire de tout. Il parvient à déclencher des rires (jaunes?) en parlant de sujets sensibles tels les handicaps et la pédophilie.

Ainsi, grâce à ses talents d’auteur, de metteur scène et d’interprète ainsi qu’à son sens comique, on peut facilement prédire que sa première incursion dans le monde des humoristes sera couronnée d’un franc succès.

« Assume » sera en tournée dans plusieurs villes québécoises jusqu’au 31 mars 2017.