Pour la première fois cette année, les secondes années de l’École nationale de Cirque ont elles aussi le droit à leur propre spectacle qui joue du 4 au 8 juin dans le studio de l’école. Les billets sont en dessous de 20 $ et le show n’en vaut pas moins le détour.

La salle démunie de scène nous met au même niveau que les artistes et par cette proximité nous permet d’entendre chaque souffle, chaque grincement et d’apprécier d’autant plus les efforts physiques déployés sous nos yeux. Divisé en trois groupes, les étudiants présentent leurs créations toutes très différentes.

La première est chorégraphiée avec précision et met en lumière chacun des six artistes dans sa spécialité. Très poétique, c’est habillé de blanc que les jeunes artistes s’attaquent à l’idée des connexions interpersonnelles et de leurs ruptures.

Démontrant de grandes qualités acrobatiques, on se laisse entraîner par ses relations qui se tissent et se défont sous nos yeux, mais surtout on ouvre grand les yeux pour profiter des différents équilibristes et funambules et les oreilles pour une partie de la bande de son interprétée live.

L’interprétation, c’est le maître mot de la deuxième performance. Les six artistes interprètent de différentes façons la chanson Tout fout le camp écrite par Raymond Asso en 1937. En la chantant, en la chorégraphiant, mais surtout, en vivant ce cri du cœur porteur d’espoir pour l’Humanité, les artistes passent un message haut et clair. Les appareils circassiens sont moins nombreux, mais l’énergie débordante, l’intelligence et l’humour avec lequel le message nous est livré rendent le moment délicieux.

En parlant de délices, les neuf artistes du dernier groupe se transforment en popcorn et on replongerait bien la main dans le sachet ! Ils sont beaux, ils sont drôles, espiègles et pleins de cette envie d’aller chercher le public à grand renfort de regards complices. Sorte de juste milieu entre les deux autres formes, les artistes démontrent leur qualité de comédiens et la maîtrise de leurs arts respectifs.

Le spectacle est une véritable démonstration de l’étendue des talents et de la polyvalence des artistes que forme l’ENC. Du beau cirque en perspective !