« Touchée!», c’est l’expression qui m’est venue à l’esprit en sortant de la pièce Des arbres (Lungs), écrite par le Britannique Duncan Macmillan et remarquablement bien traduite et adaptée par Benjamin Pradet. Une réflexion à la fois troublante et drôle sur l’ambiguïté d’être une bonne personne.

L’histoire commence par LA GRANDE QUESTION que se pose généralement un couple « de bonnes personnes » : Devrions-nous mettre un enfant au monde, alors que nous faisons face au surpeuplement de la planète, à la pollution, à des guerres et aux politiques d’austérité ? Comment concilier notre responsabilité sociale avec nos besoins personnels et ceux liés à notre vie commune? Pas facile, me direz-vous.

C’est ce que tente de démontrer l’auteur, à l’aide d’un dialogue humoristique et percutant entre deux êtres qui s’aiment, s’analysent et se tourmentent.

Pendant plus d’une heure, nous sommes témoins de l’évolution de ces deux urbains intelligents et bien informés, avec leurs hauts et leurs bas. Ils veulent vivre le mieux possible avec eux-mêmes et leur époque. Elle (Sophie Cadieux), étudiante au doctorat, pas facile et chipie à ses heures, et lui (Maxime Denommée), bonne pomme, pas compliqué et musicien sans contrat qui a un travail alimentaire.

Des arbres est une pièce essentiellement à texte avec des répliques perspicaces et un niveau de langage bien québécois. Sans décor et sans accessoire, sauf deux bouteilles d’eau et un miroir rond accroché qui aura son importance à la toute fin de la pièce, les deux acteurs font un travail formidable. Ils réussissent à nous plonger dans leurs cheminements effectués au cours de leur existence. Peu importe votre âge, une tranche de leur vie vous interpellera à coup sûr!

L’éclairage, signé André Rioux, appuie habilement le contenu et la mise en scène de la pièce. Avec les déplacements et mouvements des acteurs qu’il a orchestrés avec minutie, Benoît Vermeulen établit clairement les étapes, les lieux et les émotions de ces deux êtres tourmentés. Cette façon de faire est efficace.

Présenté par le Théâtre de la Manufacture, Des Arbres restera à l’affiche à La Licorne jusqu’au 30 avril. Ne la manquez pas!