C’est un Yan Perreau tout en simplicité et accompagné seulement d’un piano qui s’est présenté à la soirée Raid poétique du Cégep du Vieux-Montréal. Pour moi, cela a été une révélation, car je ne connaissais peu de choses de ce chanteur, sauf  son existence au sein de Doc et les Chirurgiens, formation qui aura vécu quelques années avant de se dissoudre…

Il s’installe sur son piano et sa douce voix se fait entendre. Nous venons d’entrer dans son monde et nous n’avons pas vraiment envie d’y sortir. Les mélodies, dont lui seul connait le secret, résonnent dans la salle et se loge rapidement dans nos oreilles. Elles deviennent des vers d’oreille. Bien que nous aimons foutrement la façon dont il compose ses chansons, c’est sa voix qui nous ensorcelle. Elle est comme un aimant, elle nous attire.

Il assure, il est attachant et se permet même un brin de folie. Il raconte des anecdotes, beaucoup d’anecdotes dont un rêve grivois; sinon, elles sont en lien avec son dernier album À genoux dans le désir.  C’est justement presque seulement des chansons de cet opus qu’il propose! En fait, c’est une espèce d’hommage aux mots du poète Claude Péloquin. Le même qui a composé Lindberg, chanson popularisée par Robert Charlebois et qui a gravé : “Vous êtes pas écœurés de mourir, bande de caves? C’est assez!” sur un des murs du Grand Théâtre de Québec. Il reprend aussi certaines pièces de ses artistes préférés dont Alain Bashung.

Ces nouvelles compositions, élaborées à partir de 300 pages de texte offertes par le poète lui-même, Yann Perreau les interprète avec fougue, avec intensité, avec passion. Et c’est vraiment ce qu’on retient et aime de ce spectacle. Finalement, un des bons spectacle qu’on a vu cette année.