C’est dimanche dernier à la Place des Arts que les choix des téléspectateurs ont été dévoilés au cours du 31e Gala ARTIS. En effet, ce sont 13 lauréats qui sont montés sur scène, certains ayant reçu une dose d’amour équivalent à deux trophées, comme Éric Salvail, Martin Matte et Guylaine Tremblay, véritables chouchous du public québécois.

Pour les avoir rencontrés en salle de presse, ainsi que tous les autres heureux gagnants, je peux vous confirmer qu’ils étaient tous plus qu’heureux de recevoir les belles marques d’appréciation que vous leur avez offert. Quels mots leur sont venus en tête lorsqu’ils ont entendu leur noms? C’est ce que vous découvrirez à l’instant.

Éric Salvail

S’il le pouvait, le populaire animateur remettrait un ARTIS à France Beaudoin pour son émission En direct de l’Univers qu’il regarde à toutes les semaines. “C’est juste qu’elle est dans la même catégorie que moi, ça fait que j’aimerais ça qu’elle gagne, mais pas tant! (rires)”. Et quels sont les mots qui lui sont venus en tête lorsque son nom a été dévoilé? “Privilégié. C’est le premier mot qui vient parce que En mode Salvail, c’est mon bébé. C’est un show qui a changé le cours de mon existence. Ce show-là a changé ma vie. Chaque soir que je rentre sur ce plateau-là, je sais que je suis chanceux. Il y a beaucoup de gens qui aimeraient animer un talk-show au Québec. C’est un privilège, c’est un lien unique avec le public. C’est un terrain de jeux formidable en plus.”

Julie Le Breton

Comme réponse à ma question, Julie, récompensée pour son rôle éponyme dans Les beaux malaises, m’a répondu que les premiers mots qu’elle s’est dit en entendant son nom ne se disaient pas vraiment, mais j’ai insisté. (Yeux chastes vous abstenir) « Mon Dieu, tabarnak!, ou quelque chose de même. Bien oui, excuse-moi! (rires)”. Et tout comme plusieurs d’entre vous, c’est à Éric Salvail qu’elle offrirait un trophée.

Martin Matte

Pour sa part Martin, récipiendaire du prix pour son rôle dans la comédie Les beaux malaises mais aussi pour la personnalité de l’année masculine, a eu une réaction plutôt physique. “Je ne le sais pas. C’est tellement puissant physiquement, ça on ne le contrôle pas. J’avais la bouche sèche, j’étais énervé. Ma blonde, mon gérant, je ne savais plus à qui donner la main. C’est plus à ça que j’ai pensé qu’aux mots. Je voulais gérer mon énervement et retrouver mes esprits pour bien m’exprimer.”

Pierre Bruneau

En ce qui concerne le lecteur de nouvelles, toujours aussi apprécié du grand public, les mots viennent facilement. “Encore moi? Chanceux! Privilégié! Bruneau, lève toi! Profite de la vie. C’est extraordinaire.” Et c’est à Vincent Leclerc qu’il remettrait une récompense, s’il en avait la chance. “Je le connaissais à peine, je l’avais déjà vu au théâtre, mais de le voir dans un rôle comme ça, ç’a été une grosse découverte parce que c’est tellement mythique ce personnage-là, il a réussi à le démystifier.

Marianne Fortier

Excellente dans son rôle de Sarah, la jeune comédienne a tout d’abord entendu un sillement puis s’est dit: “Hein!? Ben voyons donc!” La scène que vous avez pu voir lors du gala a été pour elle, la plus exigeante. “On faisait toujours des pauses pendant la scène pour changer d’axes de caméra. Je commençais, je me levais, je me mettais à me fâcher et au moment où j’arrivais pour déchirer le petit tableau, ou juste après, ils faisaient Ok, pause! et là, ils changeaient des trucs techniques et après ça, je recommençais. Mais tu sais, qui s’arrête en train de péter une latte? Personne. (rires) C’était vraiment difficile pour moi, parce que cette scène là, elle se lève, elle est vraiment fâchée, elle déchire des affaires, elle marche et après ça elle tombe par terre et se met à pleurer. Ça fait que tu passes de deux émotions vraiment différentes back à back avec des pauses dans le milieu. C’était super difficile de garder le momentum.”

Sylvain Marcel

Également récompensé pour son rôle dans la télésérie Pour Sarah, mais également pour Marche à l’ombre et Mensonges, le comédien a eu toute une réaction lorsque vint le temps de monter sur scène pour aller chercher sa récompense. “Le shake a parti! Quand j’ai entendu mon nom, ç’a parti, ça s’est mis à trembler. Je me suis approché, là j’ai vu des fils de caméras, j’ai fait Oh mon Dieu, enfarge toi pas! C’est vraiment ça qui est arrivé et là j’ai dit Oh mon Dieu, il y a cinq marches! Ok, cinq marches! Faut pas que tu tombes, faut pas que tu tombes! C’est vraiment ça, fallait pas que je tombe. “Rends toi au micro mon grand! (rires

Guy Nadon

“Ô joie! sont les mots que Guy Nadon s’est prononcé alors qu’il a été proclamé gagnant pour son rôle dans le téléroman O’. Quel est son secret pour perdurer dans le métier? « Il faut se régler sur de bons modèles. J’ai toujours chercher à identifier, quand j’étais jeune, les acteurs sur qui je me modèlerais et je me suis dis : Faut que je sois aussi bons qu’eux autres, de ce que je comprends d’eux.» Alors des fois quand je joue, quand je travaille, je me dis : “Si lui était en coulisses et qu’il me regardait, est-ce qu’il serait d’accord avec ce que je propose? Est-ce qu’il trouve que j’ai assez travaillé?” » Il faut se régler sur de bons modèles et avoir de hautes exigences techniques par rapport à ce qu’on veut faire. Faut travailler!» Et s’il débutait sa carrière de comédien, qui serait son modèle québécois? « Guy Nadon! (rires) »

Denis Lévesque

Pour Denis Lévesque, c’est un mot bien simple, mais qui veut tout dire qui a traduit sa pensée : Reconnaissance. “Parce que ce matin, j’étais un petit nerveux et j’étais avec ma blonde (Pascale Wilhelmy) et je me suis dis : Écoute, c’est un privilège extraordinaire!” » Peu importe la job, mes amis ne travaillent pas dans les médias, ils font autre chose et il n’y a pas personne qui se fait dire qu’on l’aime à la fin de l’année alors c’est un privilège. Et je me suis dis qu’il fallait être reconnaissant d’avoir un travail que j’aime, de le faire depuis 10 ans, d’avoir un bon salaire, des vacances, des copains de travail que j’adore et une femme et des enfants que j’adore aussi.

Dave Morissette

Année après année, le public déclare son amour pour cet animateur d’émissions de sport, d’une authenticité qui fait tout son charme. Et qu’est-ce que ça se dit un gars natif de Baie-Comeau lorsque ça remporte un prix? “Je ne pense pas avoir sacré. Peut-être un “Fuck” ? Honnêtement… Je pense que c’est un “Fuck, yeah!”  (rires) Dave, qui cherche à mettre en valeur les gens qu’il reçoit, n’a pas de réponse pour expliquer pourquoi le public l’aime autant. “Je ne joue pas de game, je ne joue pas de personnage. Tu sais, je me la pose la question moi aussi. Pour moi le plus beau cadeau c’est que le Dave Morrissette à la télévision, c’est le même qu’en personne. Le gars qui est parti de Baie-Comeau, c’est le même aujourd’hui.”

Sarah-Jeanne Labrosse

Très heureuse d’avoir remporté le trophée ARTIS pour ses rôles dans L’appart du 5e et Le chalet, c’est une angoisse qui s’est emparée d’elle lorsque son nom a été prononcé. “Oh non, va falloir que je parle sur une scène!”, c’est ce qu’elle s’est dit. “C’est quelque chose qui me stresse pour vrai de monter sur un stage comme ça. J’espère toujours dire des choses qui ont du sens, puis ne pas perdre le contrôle de ma langue. Mais ça me touche beaucoup parce que j’aime les jeunes d’un amour sincère et de savoir qu’ils m’aiment aussi c’est un cadeau inestimable que j’espérais même pas. Et là, j’ai juste envie de vieillir avec eux autres, si possible.”

Gino Chouinard

L’animateur, qui n’a pas eu beaucoup d’heure de sommeil avant l’animation de Salut, Bonjour! du lendemain matin, s’est dit «Encore?» et «Enfin!». “J’avais hâte. Je trouvais ça long avant que ça arrive ce soir. Ils nous ont mis quasiment à la fin. Alors j’ai fait: “Encore?”  et après ça: “Enfin, je l’ai! Je suis content!” Après neuf ans à la barre de l’émission matinale, comment reçoit-il cet amour du public? “On le digère, on l’assume, on vit avec. On s’alimente avec ça, mais en même temps, je prends ça de façon assez légère aussi. Je me dis juste que c’est hyper important mais je n’ai jamais fait ce travail là pour ce genre de récompense là. Ça vient juste ajouter à mon plaisir et à mon bonheur”

Guylaine Tremblay

Récipiendaire du prix pour la personnalité féminine de l’année ainsi que pour son rôle de Marie Lamontagne dans Unité 9, Guylaine ne tient pas son succès pour acquis. “Reconnaissance, gratitude, je ne peux pas dire plus que ça. J’en reviens pas! Je baigne dans la reconnaissance et la gratitude.” Qu’est-ce qui explique sa longévité dans le métier selon elle? “Aucune idée dans le sens que c’est très mystérieux le lien que… Je les aime! Je travaille pour eux autres, c’est vrai. Comme toutes les belles histoires d’amour, il y a une part de mystère. On ne sait pas pourquoi on tombe amoureux de quelqu’un, c’est comme ça, donc moi je laisse le mystère parce que ça m’alimente. C’est formidable.”

Pour clore le tout, voilà ce que l’animateur de la soirée avait à dire en sortant de scène, après plus de trois heures d’animation. “Je me sens un peu vidé, hyper zen. Je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs. Peut-être parce que j’étais dans ce mood-là pour le gala, mais c’est un peu irréel. J’ai l’impression de ne pas avoir fait de gala ce soir. Je suis devant vous et je me dis : “Pourquoi ils me posent des questions eux autres? (rires) Qu’est-ce qu’ils ont vu?” Non mais tu sais, moi je l’ai fait, je ne l’ai pas vu, moi. Je suis le seul qui n’a pas vu le gala ce soir. Je l’ai fait!

Pour en savoir davantage sur le gala et pour découvrir des vidéos inédites, rendez vous au http://tva.canoe.ca/emissions/galaartis2016/.