C’est mercredi soir au Club Soda que le duo d’humoristes Les Grandes Crues, composé de Marie-Lyne Joncas et Ève Côté, a fait sa première médiatique de son spectacle Su’l gros vin.

C’est en 2016 que les humoristes ont effectué une première tournée ensemble avec un spectacle présenté un peu partout au Québec. Grâce à ces nombreuses présentations, les filles ont pu peaufiner Sul’ gros vin afin de le mener à maturité. Et c’est avec beaucoup de plaisir que les spectateurs du Club Soda ont pu se délecter de leur duo préféré !

Soirée de filles

Principalement composés de femmes, les spectateurs en ont eu pour leur argent ! Les deux filles étaient assises devant nous sur des tabourets et une table avec une bouteille de vin blanc les séparait l’une de l’autre. Nous faisions donc office de 3e personne à table puisqu’elles s’adressaient directement à nous. Bien qu’elles ne se soient pas livrées à beaucoup d’improvisation, le contact était tout de même direct !

À grands coups de « non mais ta y’eule ! » ou des « Calme-toé, change d’attitude ! » au public parfois un peu trop participatif, Ève et Marie-Lynn étaient littéralement dans des conversations typiques de soirées de filles. C’est connu, autour d’une bouteille de vin les langues se délient et les pensées sont étalées au grand jour ! C’est cette non-censure qui caractérise le duo Les Grandes Crues. Il y a une raison pour laquelle leurs spectacles sont toujours remplis : elles sont irrévérencieuses et sans tabou ! Elles abordent tous les sujets possibles qui sont habituellement au cœur des soirées de filles.

Des femmes assumées

Il faut certainement être assumée dans la vie lorsqu’on décide de devenir humoriste dans un métier où très souvent les hommes sont plus nombreux. Dans la dernière décennie, une vague d’humoristes féminines a pris d’assaut les scènes québécoises et a fait en sorte que l’humour au Québec soit de plus en plus dans l’égalité des sexes. Bien que les hommes soient encore en plus grand nombre, peu à peu les femmes prennent leurs places grâce aux pionnières comme Lise Dion, en autres.

La soirée fut très colorée et vulgaire comme on s’y attendait. Entre deux gorgées de vin, des sujets, comme les poils pubiens, ont été abordés hier : « Quand t’es jeune, t’es fière de tes quatorze premiers poils sur la “guedoune”, c’est les 14 000 autres qui font chier. Les premières fois que tu te rases ça, t’es pas trop habile, un coup de rasoir sur deux tu te cisailles les babines… »

Elles ont aussi parlé des différences entre les régions et la grande métropole. Aussi, elles ont abordé le sujet des régions, de la langue anglaise qu’elles n’ont pas apprise à l’école, du positivisme, de la cigarette, les filles au gym qui sont trop à l’aise dans leur nudité, des hommes virils, le célibat, la restauration et les bars, les attentes de la société envers les femmes, celles qui en font trop par peur que leurs enfants se blessent : « Faut pas se mettre trop de pression les femmes ! Arrêtez de stresser et d’être surprotectrices ! Moi quand j’étais jeune, j’étais assise directe sur les genoux de mon père ivre mort au volant les deux mains dans l’allume-cigarette ! ».

L’allaitement, les accouchements et les réseaux sociaux ont aussi fait partie des sujets tout comme la drogue et les jeunes : « Aujourd’hui, les adolescents prennent de la drogue, pis moi de la drogue à la maison j’en veux pas, c’est ben trop tentant ! Si tu veux fumer du hasch au couteau, fais comme ta mère pis embarre-toi dans le cabanon pis parles-en pas à ton père ! »

Finalement, c’est un spectacle à la hauteur des attentes de tous que nous avons eu la chance de voir hier soir au Club Soda. Assurez-vous d’aller les voir pendant qu’il est encore temps !

Photos: Gilbert Fortier