Lise Dion nous promet de nous faire rire en nous racontant des bribes de sa vie avec autodérision. Elle se présente sur scène pour une quatrième fois, amorçant une tournée de trois ans avec son spectacle « Chu rendue là ».

Probablement sa dernière tournée, selon elle. Plusieurs la suivent depuis ses débuts. La serveuse chez Dunkin Donuts a réussi à faire évoluer son sens de l’humour au rythme des années en y ajoutant d’autres personnages. Le fait de parler de la vie en général et de la sienne en particulier lui permet d’accrocher son public.

D’ailleurs, peu importe l’âge, quelque part, on est tous « rendus là ». Elle s’adjoint Josée Fortier pour une mise en scène efficace. Après avoir écrit le trois quarts du matériel, elle a demandé à José Gaudet, Dominic Sillon et quelques autres de finaliser l’écriture du spectacle, cela lui a permis d’aller ailleurs, de le bonifier, selon elle.

Elle se présente sur scène dans un décor simple, sans artifice. Dès l’entrée, elle sait mettre le public dans sa petite poche, comme on dit. Il faut dire que celui-ci est majoritairement composé de baby-boomers, donc de la même génération. Facile de comprendre pourquoi lorsqu’elle parle des inconvénients reliés à l’âge, celui-ci se permet de rire à gorge déployée.

La plupart des spectateurs se retrouvent parfaitement dans les situations qu’elle décrit, surtout les femmes. Quand on voit les efforts qu’elle doit faire, lorsqu’assise sur le bord de la scène, elle doit se remettre debout, on ne peut s’empêcher de comprendre et de rire. Dès lors, on peut dire que le public est conquis. Elle n’a aucun problème à utiliser l’autodérision que ce soit sur son âge, son poids ou son célibat.

Le numéro sur son statut de célibataire nous amène à nous souvenir des anecdotes que nous avons entendues ou vécues, telles les photos et descriptions sur les sites de rencontres, les calendriers des pompiers reçus en plusieurs exemplaires, son « kit one night » qui s’est modifié au fil des ans, en passant du petit sac de voyage à valise sur roues. Elle est désopilante lorsqu’elle nous raconte son passage aux douanes et les rénovations qu’elle a fait faire dans son appartement en Floride, soit un lit encastré.

Elle nous décomplexe totalement de ne pas parler anglais couramment. J’espère que celles-ci correspondaient à ce qu’elle avait demandé.
Le rappel de la fin regroupait bien les moments forts de plus de trente ans de carrière sur scène. Elle nous les a rappelés de façon d’une comédie musicale ; elle chante très bien.

Elle a charmé le public avec les chansons (adaptées pour elle) reliées à la serveuse chez Dunkin Donuts (Je me voyais déjà), au point G (Et si tu n’existais pas), à Marcel (Si j’étais un homme) et la toute dernière Laissez-moi partir.

Somme toute une excellente soirée, très agréable. On peut dire qu’elle a séduit un public qui la connaît depuis ses débuts en serveuse. Elle commence sa tournée, donc surveillez quand elle se produira près de chez vous.