Assumé et sans barrière, Martin Petit nous a offert son 4e one man show en carrière, Pyroman, mardi soir à L’Olympia de Montréal. Est-ce que ces neuf ans d’attente en ont valu la chandelle ? C’est ce que nous allons voir…

Le plaisir de retrouver Martin Petit est si grand que peu importe le contenu, le plaisir coupable l’emporte sur le contenu. Et du contenu, il y en avait hier soir ! Peut-être même trop ? En effet, Petit s’emballe dans tellement de sujets éclectiques qu’il est difficile de nommer le thème du spectacle ou même d’y donner un sens.

« Méli-mélo », peut-être ? On y aborde le sujet de la cinquantaine, de la vie de famille en passant par les handicapés qu’il s’amuse à décliner selon certaines catégories, les pauvres auxquels il n’a pas tant le goût de donner, les burqas et l’apparence des femmes, le décrochage scolaire, le syndrome prémenstruel de sa femme avec qui il doit conjuguer, les réseaux sociaux, les gens qui font des marathons et des ironman et qui s’affichent sur les réseaux sociaux comme étant tellement — trop — en forme, etc.

Il parle de tout dans son spectacle qui dure près de deux heures, ce qui l’empêche malheureusement d’entrer dans le vif du sujet, puisqu’à chaque fois qu’il passe près de toucher une certaine profondeur, il saute au prochain numéro ! Ceci étant dit, la qualité du spectacle est là. Mention spéciale à son segment sur les millénariaux et les baby-boomers, un moment réfléchi dans le spectacle, qui vient tous nous faire rire grâce à toute la nuance des propos de Petit.

Cela fait du bien dans ce spectacle qui passe du coq-à-l’âne, il est efficace, drôle et honnête. Certains passages font réfléchir et sont très brillants, par exemple, le segment sur les homards et les animaux ; Petit passe ses messages sans subtilité, mais avec tact et ironie. C’est ce qu’on aime de lui !

Son aisance sur scène est palpable et son plaisir aussi ! C’est ce qui est génial dans le fait d’assister à des spectacles d’humoristes chevronnés ; l’expérience optimise le spectacle. On passe une agréable soirée en sa compagnie. Durant la soirée, Martin Petit aborde des sujets épineux — c’est d’ailleurs ce qu’il souhaitait faire — mais manque parfois de réflexion. En 2019, aborder la religion et le sexisme n’est pas fait de la même manière qu’en 1990. Abordés avec si peu de temps, ces sujets peuvent laisser certaines personnes avec un goût amer en bouche et un sentiment non accompli.

Peut-être que Petit aurait eu avantage à choisir ses combats au lieu d’effleurer ses sujets. La relève en humour étant très solide ces dernières années, cela n’est pas facile de rester dans le coup après une pause de neuf ans, mais Martin Petit réussit son mandat de nous faire sourire et rire, et cela, malgré quelques failles qui humanisent l’homme et sa profession. On lui souhaite tout le succès qu’il mérite, puisqu’il demeure un humoriste que l’on adore, tant sur les planches qu’à la télévision !